LA PAIX DE VIENNE
sidérant la question comme réglée, il fixa définitivement ses conditions à l’Autriche et donna l’ordre à Champagny de conclure le plus tôt possible. « Je voudrais bien vite m’en retourner à Paris. ))
François II le retint à Vienne encore un mois. « Je ne vois, avait dit Metternich à son maître au début de la négociation d’Altenburg, le moyen de céder en aucun cas Trieste, ni le littoral. » « Ce serait la ruine de mes Etats, )> répondait François IL Des cessions que réclama Napoléon, celle justement à laquelle il tenait le plus, c’était celle-là. «Il me faut, déclarait-il à Bubna,rillyrie pour faire un chemin d’Italie en Dalmatie qui conduise les armées françaises en Orient. » La paix de Vienne n’avait de valeur à ses yeux que si elle prolongeait, dans le même sens, vers la Turquie, le traité de Presbourg; si, de l’Adriatique devenue définitivement un lac français, elle installait sa puissance aux portes de TEmpire ottoman. Il n’aurait pas fait la guerre à l’Autriche pour ce seul avantage. Mais, la tenant vaincue à ses pieds, il entendit relier cette nouvelle paix à la chaîne que depuis ses premières victoires, patiemment il forgeait pour rattacher Paris à Athènes et à Brindisi. Nulle puissance au monde, nul obstacle ne l’en détourneraient. Metternich s’elîorça pour l’arrêter de lui offrir une part plus grande de la Galicie. Ils veulent a jeter une pomme de discorde entre les Busses et moi », dit Napoléon, et il rompit les conférences d’Altenburg. Au négociateur de Presbourg, à Lichtenstein renvoyé alors le 30 septembre à Vienne pour traiter directement avec lui, il abandonna encore, pour avoir l’Illyrie, une nouvelle partie de la Galicie, les salines précieuses de Wielicka. C’était le terme extrême de ces concessions. Dans la nuit du 13 au 14 octobre 1809, la paix de Vienne était signée.
Ce traité rapportait plus à Napoléon que l’armistice de Znaïm ne lui laissait d’abord espérer. Sa diplomatie à la fin de la guerre avait donc égalé les prodiges que son génie militaire avait au début déployés. Entouré d’intrigues ou mal servi, trahi par son allié et par son entourage, para-