‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 203 sur 360 · L’EXÉCUTION DU TYROL · texte numérisé non relu

L’EXÉCUTION DU TYROL

ensuite permis aux Anglais de se rabattre vers le sud, de chasser Victor de la vallée du Tage, et de menacer le roi Joseph jusque dans sa capitale. Mais le 29 juillet 1809 l’énergie du maréchal Victor dans les trois combats de Talavera, l’arrivée de Soult à Plasencia, les victoires de Mortier et de Joseph sur les armées de Guerta et de Venegas (8 et 11 août 1809) refoulaient l’ennemi en Portugal et en Andalousie. Malgré les difficultés d’une guerre dispersée, malgré les rivalités et les intrigues de ses lieutenants et l’impossibilité de renforcer ses armées d’Espagne, Napoléon triomphait des Espagnols.

La paix de Vienne enfin lui permit d’avoir raison de l’insurrection tyrolienne. Metternich, en déplorant la faiblesse des peuples allemands, eût pu faire exception en faveur de ces braves montagnards dont la fière énergie avait sauvé à Znaïm la dernière armée de TAutriche. Certes, ç’avait été là, du moins, une diversion précieuse de l’aveu du vainqueur. Mais, sans doute, le ministre autrichien aimait mieux ne pas rappeler ce service, après la façon dont son maître l’avait payé, une simple amnistie et le conseil donné à André Hofer de se soumettre. Le brave aubergiste refusa l’une et l’autre, et seul continua la lutte contre Napoléon, avec succès d’abord, vainqueur du prince de Bavière à Salzbourg (20 octobre 1809). Que pouvait-il contre quatre divisions françaises cernant sous la conduite du prince Eugène son pays de toutes parts, s’enfuir indomptable dans la montagne où on le prit pour le fusiller dans les vingt-quatre heures à Mantoue (25 février 1810)? Son fier courage méritait de l’Autriche plus de gratitude que le monument qu’elle a élevé plus tard à sa mémoire. Après avoir appelé les peuples à son aide, François II les abandonnait; son ministre les méprisait. Ce défaut de justice était de leur part un manque de clairvoyance. Vaincus, ils s’exagéraient l’étendue de la puissance qui les avait frappés.

La paix de Vienne, en effet, malgré les avantages inespérés qu’elle procurait à Napoléon, aux embarras d’où elle

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