‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 209 sur 360 · SUCCESSION DE SUÈDE I CHARLES XIII ET BERNADOTTE · texte numérisé non relu

SUCCESSION DE SUÈDE I CHARLES XIII ET BERNADOTTE

Sans être une trahison, en effet, le départ de ce général en disgrâce pour Stockolni a été, dès le début, l’effet d’une de ces intrigues ambitieuses que l’Empereur découvre à chaque instant désormais sous ses pas. Une révolution en Suède, déterminée par l’abus que Gustave III et Gustave IV avaient fait du pouvoir royal depuis 1772, en exposant la nation isolée aux conquêtes de la France et de la Russie, avait appelé au trône un prince ami de la noblesse, disposé à lui rendre quelques droits, ami de la paix également.

Charles de Sudermanie, Charles XIII avait promulgué une constitution intermédiaire entre la monarchie absolue de Gustave III et l’anarchie légale qui avait failli perdre la Suède autrefois, une royauté tempérée par le pouvoir des Etats et la responsabilité des ministres, du Rath devant eux (1®** mai 1809). Il avait aussitôt signé le traité de Fredrikhsam avec les Russes, au prix de la Finlande (septembre 1809) et recouvré, du moins, la Poméranie par le traité de Paris que lui accorda Napoléon (janvier 1809). Pour consolider cette œuvre de paix et de concorde, Charles XIII, privé d’héritiers et sans espoir d’en avoir, adopta Charles-Auguste d’Augustenbourg, allié à la famille de Danemark. Ce prince mourut subitement le 28 mai 1810. Charles XIII reporta ses espérances sur le frère cadet, Frédéric d’Augustenbourg. Comme un mois après ce jeune prince était aussi le candidat de Napoléon, il ne lui manquait plus que la ratification de la Diète. Elle se réunit le 23 juillet 1810 à OErebro. Le 21 août, les quatre ordres désignaient Bernadotte à l’adoption du vieux roi.

Le prince de Ponte-Corvo avait commandé les troupes françaises contre laSiîède en 1807 et 1808. Mais, comme la guerre du Nord avait été pour l’Empereur un moyen seulement d’occuper Alexandre, son lieutenant selon ses ordres l’avait poussée mollement, pour la faire durer. Il avait montré aux Suédois la puissance française : par comparaison avec la conquête russe, il l’avait rendue presque aimable. De là, et surtout après la perte de la Finlande et la restitution de la Poméranie, naquit en Suède dans les

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