‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 212 sur 360 · LE PROJET DE DIVORCE REPRIS ET RÉSOLU · texte numérisé non relu

LE PROJET DE DIVORCE REPRIS ET RÉSOLU

Depuis le jour où FEmpereur en a ressenti à Erfurt les premiers effets, il s’est imaginé trouver le remède dans un second mariage qui lui permettrait d’espérer un héritier de sa puissance. Il a cru que, « si la France cessait d’être en viager sur sa tête, on marcherait droit avec lui, n souverains étrangers, souverains de sa propre famille et serviteurs. Dès le mois d’octobre 1809, aussitôt après la paix de Vienne, il a essayé de faire sentir à Joséphine par sa froideur cette nécessité d’Etat. Le 30 novembre, dans une scène célèbre il lui a signifié son arrêt. Le prince Eugène est venu d’Italie pour consoler sa mère et la préparer au sacrifice. Huit jours avant, l’ambassadeur de France à Pétersbourg, Gaulaincourt, a été chargé de demander au tsar la main de sa sœur, Anna Paulovna, avec discrétion, mais de manière à avoir une réponse dans les deux jours. Peu importent les qualités de la jeune princesse : « A quelle époque peut-elle être en état de devenir mère? Car, dans les calculs actuels, six mois de différence sont un objet. » Napoléon a déjà trop tardé à s’assurer un héritier. Il faut mettre un terme aux trahisons, en se procurant la stabilité. Ce n’est pas un mariage qu’il recherche, c’est une affaire d’Etat, la plus grave et la plus pressante de toutes.

Aux instances de Napoléon, Alexandre P"' répondit évasivement. Il s’abrita derrière les volontés de sa mère, lui réservant le droit de disposer de sa fille. A son tour, l’impératrice mère demanda à consulter sa fille aînée, la princesse Catherine, qui résidait à Tver. Elle opposa l’âge de sa fille, le danger d’un mariage précoce. Toute la famille s’entendait pour a faire filer » une négociation qu’on ne voulait pas conclure, mais dont on espérait tirer profit. Entre les alliés de Tilsitt la question de Pologne demeurait depuis la paix de Vienne un sujet irritant de discussions, un motif de rupture peut-être. Si le tsar donnait à Napoléon sa sœur, pourrait-il lui disputer la Pologne? S’il la lui refusait immédiatement, ne risquerait-il pas de perdre le profit de la convention qu’il soumettait depuis la fin de 1809 à l’Empereur, pour l’obliger à abandonner

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