‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 213 sur 360 · METTERNICH PROPOSE MARIE-LOUISE · texte numérisé non relu

METTERNICH PROPOSE MARIE-LOUISE

les Polonais, pour l’engager « à ne jamais les rétablir )>? Aussi avail-il temporisé, « espérant mener Napoléon par le nez pour lui faire signer un traité très avantageux à la Russie, plus précieux qu’une guerre. »

(( Je connais les Grecs, » s’écriait alors Napoléon. Et il l’avait prouvé en écoutant, dès la fin de décembre, l’offre d’une archiduchesse qu’en termes voilés Metternich lui avait fait faire par deux personnes, M. de Laborde, et un confident de M. Schwarzenberg, son ambassadeur à Paris. Depuis deux ans le premier ministre autrichien avait prévu que la nécessité imposerait à Napoléon le divorce et la recherche d’un héritier, a II est curieux, disait-il en 1807, que tourmentant, modifiant les relations de l’Europe entière, il n’ait pas fait un seul pas qui tende à assurer l’existence de ses successeurs. )> En relation, depuis, avec Talleyrand et Fouché, il savait que l’idée du divorce, préconisé par ce dernier, avait été à Erfurt examinée favorablement par l’Empereur. La guerre de 1809 avait ôté à Metternich l’espoir de sauver l’Autriche par une coalition des peuples et de la nation française, par une alliance avec les Russes qui à Wagram l’avaient abandonnée. Entre les exigences de Napoléon et l’abandon d’Alexandre, il ne vit plus en 1809 de salut pour les Habsbourg que dans leur hâte à prévenir une alliance plus étroite encore, une alliance de famille entre la Russie et la France. « Dès qu’il fut informé de l’approche du divorce, il tourna ses regards vers l’archiduchesse Louise, et trouva une foule de raisons pour convaincre son père de l’offrir à la France. Les princesses d’Autriche étaient peu habituées à choisir leur époux d’après les préférences du cœur. François II était sans préjugés; )) il le prouva en se hâtant de proposer sa fille qui ne fit d’ailleurs aucune résistance.

Ce fut le 15 décembre 1809 que dans une grande réunion de famille aux Tuileries Joséphine demanda le divorce, et l’obtint du Sénat. Au début de janvier 1810, le mariage français était devenu à Vienne « la plus grande affaire de l’Europe, un moyen doux de prolonger l’existence de l’Au-

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