LE DUEL DE NAPOLÉON ET D’ALEXANDRE
Dans le duel décisif qui va s’engager, à partir de 1811, entre Napoléon et Alexandre, il est d’usage d’attribuer à l’Empereur les provocations. On cite de lui, comme mesures hostiles à la Russie, son mariage autrichien (mars 1810), l’élection de Bernadotte au trône de Suède (21 août), le décret de Trianon (15 août) obligeant le tsar à poursuivre les neutres pour atteindre les Anglais, la réunion enfin à l’Empire français (février 1811) de l’Oldenbourg dont l’héritier était le beau-frère d’Alexandre
Dès le mois de novembre 1809, avant que ces mesures n’eussent été résolues et connues, le tsar rappelait auprès de lui le confident de ses premières années, le prince Gzartoriski, écarté depuis 1806, et lui demandait le concours de ses concitoyens dans le cas d’une guerre avec Napoléon. C’était le moment même où il exigeait de Napoléon, après la paix de Vienne, l’engagement que la Pologne ne serait jamais rétablie. Ainsi en même temps, il assurait la ruine et réveillait les espérances des Polonais. 11 négociait avec Napoléon et songeait à le combattre.
Ces contradictions d’Alexandre P'’ sont de celles qui, pendant tout le cours de son règne, ont déconcerté les contemporains, et suspendu en des occasions décisives comme celle-ci le jugement de l’histoire : a C’est une entreprise difficile, a dit Metternich, que de faire le portrait de l’empereur Alexandre. )> Et il ajoutait, rappelant ses souvenirs