‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 229 sur 360 · LUTZEN ET BAUTZEN · texte numérisé non relu

LUTZEN ET BAUTZEN

traient sinon un enthousiasme, du moins un esprit de sacrifice tel qu’en d’autres temps pour sauver leurs frontières.

Le courage de ces troupes improvisées égala devant l’ennemi la bravoure des plus vieilles troupes. Elles reçurent à Lutzen le baptême du feu (2 mai 1813), et leur premier effort suffit à arrêter l’ennemi. La Saxe fut reprise aux Prussiens, trop pressés d’acquérir l’objet de leurs convoitises. Les routes de TAllemagne se trouvèrent fermées aux Russes. La victoire eût été plus complète, si Napoléon avait disposé de la cavalerie nécessaire à la poursuite de l’ennemi. Ce fut avec son ajmée même qu’il poursuivit Blücher et Wittgenstein en Lusace. La bataille de Bautzen lui ouvrit la Silésie, tandis qu’au nord Davout reprenait Hambourg (20, 21 mai). Les Français entraient victorieux à Breslau, le l''"* juin: dans la ville où les souverains avaient concerté leurs conquêtes, où la nation prussienne avait proclamé son dessein d’affranchir l’Allemagne, la France affirmait sa volonté de ne point reculer. Les Russes, plus lassés qu’elle, parlaient de se retirer en Pologne. Les patriotes prussiens faisaient des efforts désespérés pour ressaisir leur rêve qui leur échappait. Les Anglais envoyaient un de leurs meilleurs diplomates en Silésie, lord Catlicart, pour rallier, exciter, relancer les coalisés hésitants. Ils comptaient surtout sur l’entrée en campagne de Bernadette, débarqué le 18 mai àStralsund; ils invitaient l’empereur d’Autriche à se déclarer enfin. Si le centre de la coalition paraissait faiblir, ne pouvait-on, en jetant sur les flancs de la Grande Armée deux nouvelles armées intactes et considérables, affranchir l’Allemagne, et vaincre Napoléon encore malgré ses victoires?

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