LES INTRIGUES DU ROI
l’anilé nationale que les républicains s’eiroiçaient de présenter aux Constituants comme menacée. On connut alors à Paris et dans l’Assemblée, par une lettre de Mercy interceptée, les conditions que l’Europe entendait faire à la royauté française, le prix onéreux de son concours. L’Espagne demandait la Navarre, le Piémont, la frontière du Yar, l’Angleterre des colonies, rAutriclie se réservait l’Alsace. C’était nn vrai démembrement, auquel en mai 1701 Louis XVI et ses agents finirent par donner les mains, fournissant ainsi au parti républicain l’argument le plus fort qu’il pût souhaiter. Puisque la guerre se préparait contre la France avec la complicité de la reine et du roi, ne valait-il pas mieux prévenir l’attaque par une vigoureuse offensive que de l’attendre, et combattre au profit de la République gardienne de l’unité nationale?
La fuite du roi à Varennes (i20 juin ,1791), qui devait être le premier acte du secret de la reine, interrompit l’intrigue par un dénouement inattendu. Mais elle la découvrit au public. Cette tentative fit de Louis XVI un de ces émigrés dont la nation connaissait les desseins. On se crut perdu en le voyant partir pour la frontière, sauvé quand on le sut arrêté. Le crédit des hommes qui prêchaient à la Révolution la guerre à l’Europe et à la royauté s’accrut singulièrement, depuis le moment où les rois eurent l’air en effet de se liguer contre la nation.
C’est alors que parut la fameuse déclaration de Pillnitz. (27 août 1791.) Elle sembla la proclamation officielle d’une ligue des souverains unis pour la ruine de la Révolution et de la France. En réalité, elle n’était rien moins que cela. L’Empereur d’Allemagne avait bien pensé, en apprenant le malheur de la famille royale, à solliciter le concours des puissances. Son ministre Kaunitz, le 17 juillet, s’était adressé contre les rebelles de Paris à toutes les cours, de Londres, de Pétersbourg, de Madrid. Le 25 juillet, Léopold faisait alliance avec le roi de Prusse; il concluait la paix avec les Turcs à Sistowa, le 5 août, pour être libre. Mais il ■était, malgré cette précipitation, résolu à n’agir que sil’An-