CONGRÈS DE PRAGUE (JUILLET-AOUT
dO août la prolongation de l’armistice, sous le prétexte de tenir à Prague un congrès qui n’avait plus d’objet.
Les alliés de l’Autriche, désormais assurés d’elle, voulurent la guerre immédiate. Ils accueillirent mal, craignant une ruse de Metternich, cette prolongation d’armistice : ils ne firent connaître leur adhésion que le 22 juillet. Napoléon refusa d’ouvrir le Congrès sous cette menace. Ces hésitations de la Russie et de la Prusse auraient dû l’avertir de leurs intentions hostiles. Lorsqu’il envoya cependant Caulaincourt à Prague, le 24 juillet, il « espérait encore négocier avec la Russie une paix glorieuse pour elle, et punir l’Autriche de sa mauvaise foi ». Il s’obstinait à poursuivre, au lieu de la paix qui s’offrait, une paix impossible. En attendant, il se préparait à la guerre, allait à Mayence, le 25 juillet, surveiller l’organisation de ses armées contre l’Autriche. Jusqu’à son retour à Dresde, il s’imaginait encore profiter du Congrès pour repousser les exigences de son beau-père, pour fléchir Alexandre P"*. « C’est un problème, » écrivait-il encore le 1^''’ août à Decrès, le ministre de la marine.
Au mois d’août. Napoléon trouva à Dresde le problème résolu. Le 4 août, il annonçait àNey que le Congrès n’arriverait à aucun résultat et l’invitait à se tenir prêt pour le 10 août. Il donnait les mêmes ordres au prince Eugène, le même jour. Il savait que les Alliés ne se laisseraient pas diviser, qu’il fallait traiter avec l’Autriche ou perdre l’espoir de traiter. Metternich, en effet, pour éviter des débats favorables à la tactique de Napoléon, dès l’ouverture du Congrès, le réduisait à un échange de notes écrites, concertées entre f Autriche, la Prusse et la Russie. Le médiateur seul s’était réservé le droit de parler : il fallait écouter ses conditions, les accepter avant le 10 août. Napoléon et Metternich s’étaient mesurés : le diplomate avait vaincu le conquérant, sans se livrer d’ailleurs jusqu’à la dernière heure aux plans de conquête de la Russie et de la Prusse. (( Jusqu’au 10 août, disait-il encore le 31 juillet à Narbonne, nous n’avons pas d’engagement. »
o22 REPRISE DE LA GUERRE I DRESDE ET LEIPZIG.
Napoléon, le 4 août, avait pris parti. Perdant Tespoir de se concilier la Russie, obstiné à repousser l’Autriche, il a choisi la guerre, et depuis qu’il s’est ainsi décidé, il a dicté, chaque jour, ses ordres à ses généraux, Macdonald, Davout, à Daru. Voulut-il donner alors une satisfaction à ses ministres, à Maret, à Caulaincourt, et rejeter sur l’Autriche la responsabilité de la rupture, quand il se décida le 5 août à expédier un courrier à Caulaincourt le chargeant de faire (( par une voie extra-ministérielle » une démarche pacifique auprès de Metlernich? On serait tenté de le croire, d’après le ton qu’il prit. « Si les alliés désirent commencer les hostilités. Sa Majesté a le même désir. » C’était aussi une dernière mesure d’intimidation contre l’Autriche : « L’Empereur Napoléon se trouve dans un état de guerre plus brillant qu’il ne pourra l’être. » Metternich fit attendre jusqu’au 8 août la réponse de son maître : Napoléon, averti le 9 « que la paix du monde était encore entre ses mains », prit à son tour vingt-quatre heures de trop et différa de se prononcer au delà du terme de l’armistice qui expirait le 10 au soir. Le 11 août seulement, Caulaincourt put annoncer que son maître acceptait les conditions de l’Autriche et renonçait à une partie des provinces illyriennes. Depuis la veille au soir, l’empereur François avait remis au duc de Vicence son ultimatum et sa déclaration de guerre. Le congrès de Prague était rompu.
Caulaincourt fut au désespoir. 11 avait depuis un mois plaidé auprès de Napoléon la cause sinon de l’Autriche, du moins de la paix et de la France. Initié depuis longtemps aux vues ambitieuses du maître, il avait eu le courage de lui dire : « Cette paix, sire, pourra coûter quelque chose à votre amour-propre, mais elle ne coûtera rien à votre vraie gloire, car elle ne coûtera rien à la grandeur de la France. » L’ambassadeur lutta même contre la fatalité de cette guerre désormais inévitable. Auprès de Napoléon, Maret appuyait encore le 13 août à Dresde les efforts que Caulaincourt fît jusqu’au 14 août pour convaincre Metternich. Tous deux arrachaient enfin à Napoléon « l’abandon de rillyrie». Mais