L’OPINION EN FRANGE ET LES ALLIÉS
12 mars l'Empereur à Meneval. qui avait été chargé par prudence de le consulter. Les conférences de Châtillon n’auraient été ni reprises, ni suivies au milieu du fracas des batailles, si tous ces hommes qui, après Napoléon, représentaient la France, n’en avaient pas malgré lui demandé et décidé parfois la continuation.
Napoléon fut jusqu’à la fin obligé de compter avec eux. Au lendemain de ses victoires de Brie, il se décidait de Montereau à écrire le 21 février une lettre à l’Empereur d’Autriche pour lui offrir la paix. 11 laissait Caulaincourt au Congrès, et le 17 mars, de Reims, encore il l’autorisait à faire les concessions indispensables, Anvers, la Belgique. Un jeune sous-préfet qui arriva trop tard, Frochot, fut envoyé ainsi au duc de Yicence. Dans cette guerre sans trêve, l’Empereur fut contraint par l’opinion de ses conseillers, du public, jusqu’à la dernière heure où cette opinion devait être décisive, à parler de la paix.
Il fallait que cette opinion fût bien forte pour obliger aussi Metternich et l’Angleterre. Autrement leur attitude du 10 février au 17 mars ne se comprendrait pas, ni leurs efforts pour convaincre Alexandre de traiter avec le prince qu’ils étaient, plus que lui, résolus à renverser. Ils ne voulurent cesser le Congrès que quand ils purent annoncer, le 18 mars 1814, « les négociations terminées par le gouvernement français ». Ils retardèrent jusquelà, et pour lui donner toute sa valeur, le manifeste des puissances coalisées à la France : « C’est de la volonté générale de la nation que dépend le terme des maux dont elle souffre par la seule faute de son gouvernement, » Rendre Napoléon responsable des misères de l’invasion, des violences des Cosaques, des pillages de l’armée prussienne, c’était la tactique adoptée depuis le mois de décembre 1813 ; le seul moyen pour les puissances de s’excuser auprès des Français si elles allaient se partager l’Europe, en démembrant la France. Il fallait aussi leur faire accepter la restauration des Bourbons : Metternich et Castelreagh s’étaient mis d’accord sur ce point fondamental que la légitimité