‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 238 sur 360 · DISSENTIMENTS DES ALLIÉS A CHATILLON · texte numérisé non relu

DISSENTIMENTS DES ALLIÉS A CHATILLON

était la seule garantie du retour de la France à ses anciennes

limites.

Les intrigues de Yitrolles, dépêché par les royalistes au quartier général de Troyes (10 mars 1814), avaient pu y contribuer : l’essentiel était que les alliés attendaient de la royauté restaurée des sacrifices que la nation aurait peutêtre consentis à regret. Toutes les manœuvres de l’Autriche consistèrent à rendre cette royauté et ces sacrifices acceptables aux Français. C’était pour eux que Metternich écrivait le 18 mars à Caulaincourt : « Je vous parle avec franchise comme l’homme de la paix. Je serai toujours sur la même ligne. Vous devez connaître nos vues, nos principes, nos vœux. Les premières sont toutes européennes, et par conséquent toutes françaises. Les seconds portent à avoir l’Autriche comme intéressée au bien-être de la France. »

Jusqu’à la fin de la crise le tsar adoptait et suivait une tactique tout à fait contraire. Il refusa de traiter avec Napoléon pour traiter directement avec les Français à Paris. Metternich considérait son plan comme une chimère : Alexandre voulait plaire aux Français et ne pas leur imposer les Bourbons. Il songeait à Bernadette, qui s’obstinait à réclamer comme Napoléon les limites du Bhin. Il pensa à Eugène Beauharnais. Son entêtement à laisser aux vaincus le choix de leur gouvernement ne venait pas, comme fa dit Metternich, de l’influence de Laharpe et des révolutionnaires : c’était l’exécution d’un plan poursuivi depuis la Vistule jusqu’au Rhin avec une rare patience. Comment, sinon avec le concours de la France, faire accepter à l’Europe, ce qu’il avait préparé en Allemagne, en Pologne, au nom du principe des nationalités? Et comment obtenir ce consentement, si la Russie ne respectait pas ce principe, au moment où elle avait l’occasion de l’appliquer à la France? a Que deviendra l’Europe, s’écriait alors Metternich, par suite de l’invocation de ces maximes? »

Et plus tard il a écrit : « Au Congrès de Châtillon, il y avait entre les puissances des divergences secrètes sur plusieurs points d’une importance considérable et décisive. ». Légiti-

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