‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 244 sur 360 · CESSIONS IMMÉDIATES A L’ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CESSIONS IMMÉDIATES A L’ANGLETERRE

conquêtes que la monarchie restaurée abandonnait aux vainqueurs.

C’était moins encore, en comparaison de ce que ces vainqueurs se disposaient à prendre et à partager de nos dépouilles. Les alliés annonçaient dans l’article 1®** du traité de Paris l’intention de <( rétablir en Europe la bonne harmonie des Etats )), de procurer le repos à toutes les nations comme à la France. Les Français avaient le droit de se défier de ces promesses pacifiques. Si la guerre générale devait se terminer par un remaniement des Etats favorables au Directoire Européen qui le réglerait, la France se trouvait diminuée non seulement de ce qu’on lui enlevait, mais de ce que ses voisins, Anglais, Prussiens, Autrichiens acquerraient. Ce n’était plus alors une défaite présentement inévitable, une liquidation nécessaire des conquêtes passées de la Révolution : c’était fimpuissance pour la France à se relever jamais de cette défaite, à se refaire un avenir dans une Europe accaparée et partagée par ses rivaux. Voilà la question redoutable qui se posait à Talleyrand en 1814, en présence des ambitions déchaînées par la victoire. (( J’attends avec confiance, a-t-il dit, le jugement de la postérité. » Le traité de Paris, en effet, régla la situation de la France vaincue de manière à lui réserver encore, en Europe, un avenir et une place.

En lisant les articles 7, 8 de cet acte, on est frappé des concessions maritimes et coloniales que les Français firent alors à l’Angleterre : l’île de Malte, les îles de Tabago, de Sainte-Lucie, File de France, Rodrigue, les Séchelles, Saint-Domingue, presque tous les débris de son empire colonial. Il est vrai que la Suède leur restituait la Guadeloupe (art. 9) et le Portugal, la Guyane française (art. 10), avec cette réserve reproduite dans le traité particulier du Portugal que ce pays maintenait son droit à réclamer pour limite du Brésil l’Oyapock : a soit comme droit légitime reconnu par le traité d’Utrecht, soit comme dédommagement pour les réclamations du Portugal contre la France. Ce qui prouvait, entre parenthèse, que le Portugal semblait

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