‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 245 sur 360 · PROMESSES DE CESSIONS A L’AUTRICHE EN ITALIE · texte numérisé non relu

PROMESSES DE CESSIONS A L’AUTRICHE EN ITALIE

douter de son droit sur rOyapock qui n’était pas la rivière Vincent Pinson désigné par le traité d’Utrecht, et qu’à défaut de droit, il invoquait, sans y réussir, la force et la victoire. Pour prendre nos colonies, l’Angleterre ne pouvait invoquer d’autre motif, lorsqu’elle nous obligeait à la restitution de nos conquêtes et exigeait par l’article 6, confirmé par le troisième des articles secrets, la cession des Pays- Bas à la Hollande. Sans délai, elle touchait immédiatement le prix de ses victoires. Et, seule, elle entamait le domaine de la France monarchique, celui du moins « qu’elle possédait encore en 1792 dans les mers et sur les continents d’Amérique, d’Afrique, d’Asie ».

Par le traité public du 30 mai, l’Autriche, son alliée, n’obtenait, la différence était sensible, que des promesses de cession en Italie, et sous une forme détournée. « L’Italie, disait l’article 6, ko?^s des pays qui reviendront à V Autriche^ sera composée d’Elats souverains. » C’était aux articles secrets (art. 2) qu’étaient renvoyées des stipulations plus précises en faveur des Habsbourg : a Les possessions de Sa Majesté Impériale et Royale en Italie seront limitées par le Pô, le Tésin, le lac Majeur. » Dans ce meme article, le roi de Sardaigne était dédommagé de ce qu’il perdait en Savoie.

Entre l’Angleterre et la Prusse la différence était plus grande encore. Que recueillerait la Prusse de ses prétentions anciennes sur le Rhin, de ses projets sur la Saxe? ({ Les Etats de l’Allemagne seront indépendants et unis par un lien fédératif, » disait l’article 6 du traité public. Ce n’était pas même en faveur des Hohenzollern une promesse. C’était une offre bien vague encore que l’article 4 secret, plus net cependant. « Les pays allemands sur la rive gauche du Rhin serviront à l’agrandissement de la Hollande, et à des compensations pour la Prusse et autres Etats allemands. » A im Etat ambitieux qui avait rêvé le démembrement de la France, qui méditait déjà la conquête de l’Allemagne du Nord, une part indéterminée des provinces rhénanes : la satisfaction était maigre et douteuse.

Page 1