REPRISE DU CONGRÈS (2 NOVEMBRE
de guerre. L’émotion qu’il entretenait fut à son comble, lorsqu’on apprit, le 10 novembre, l’occupation de la Saxe par les troupes prussiennes, à qui Repnin et l’armée russe avaient fait place pour aller occuper Varsovie.
Ce fut à Vienne surtout que la colère fut grande. Cet échange par la force n’était pas seulement contraire aux droits du Congrès. C’était une rude leçon pour Metternich. S’il avait consenti à laisser les Prussiens en Saxe, c’était avec l’espoir de chasser d’abord les Russes de Pologne et l’arrière-pensée de refuser Dresde ultérieurement. Que devenait tout ce système savant, devant le fait accompli le 10 novembre 1814? Le plus grave était que cet échange brutal et subit avait eu lieu, disaient les Prussiens et les Russes, « du consentement de leurs alliés ». L’Autriche était jouée: l’on entendit Schwarzenberg regretter amèrement la guerre de 1813, le concours si mal payé et décisif que son armée avait apporté aux alliés de Kalisch. Ce fut à ce moment que Talleyrand offrit à Metternich l’aide militaire de la France pour se venger. Le 7 décembre, les cours allemandes protestaient plus haut que jamais contre l’occupation de la Saxe. Deux jours avant, le Moniteur français avait inséré la note suivante : « La maison d’Autriche n’abandonnera point sans les motifs les plus pressants les droits d’hérédité de la maison de Saxe. » Le 10, en effet, Metternich adressait une note à Hardenberg et déclarait « l’incorporation de la Saxe à la Prusse comme un obstacle insurmontable à l’union des deux grands Etats allemands ».
La bataille décisive était engagée : au moment d’en venir au fait, on put juger ce que la conduite désintéressée de la France, l’adresse de son envoyé, avaient depuis deux mois apporté d’autorité à leur système. Le droit qu’ils représentaient, violé en Saxe d’une manière si brutale, avait désormais des défenseurs, l’Autriche, les puissances allemandes et la France. La justice commençait à paraître^ selon le vœu de Talleyrand, l’utilité de tous. » Au même moment, le roi de Sardaigne se voyait en Ralie confirmer ses droits et la possession de Gênes (10 décembre) par le Congrès.