‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 250 sur 360 · LA LIGUE DU 3 JANVIER · texte numérisé non relu

LA LIGUE DU 3 JANVIER

Soutenues, enhardies, défendues par la France et désormais par l'Autriche, les puissances secondaires se concertaient contre les grands Etats impuissants à les anéantir. La vieille Europe renaissait des ruines accumulées par la complicité de la Prusse et des Romanoff.

On le vit à l’hommage forcé et détourné qu’Alexandre dut rendre aussitôt au droit, à ce droit qui « n était que les convenances )>. Le 26 novembre, hésitant à employer la force, le tsar proposa de rétablir le roi de Saxe. Il n’était plus question <( de le conduire en Russie, pour qu’il y meure comme un autre roi de Pologne ». Du P** octobre au mois de décembre, l’ambition moscovite avait fait beaucoup de chemin en arrière. Elle n’avait pas désarmé d’ailleurs : pour fixer les indemnités que le roi de Saxe, rétabli en Allemagne, devrait fournir à la Prusse, si elle cédait Varsovie aux Russes, les complices s’entendirent avec l’Angleterre afin d’exclure encore Talleyrand des délibérations. Le 23 décembre 1 814, le plénipotentiaire français menaça de quitter Vienne et fut admis. Les alliés de Kalisch avaient encore réservé une dernière ruse, celle sans doute qu’ils s’étaient ménagée à défaut de la force. Sous prétexte de ne pas démembrer la Saxe, ils proposèrent de l’attribuer à la Prusse tout entière et de transporter son roi sur la rive gauche du Rhin. Cette ruse se retourna contre eux.

Jusque-là deux raisons avaient empêché l’Angleterre de se joindre à la France, à l’Autriche, pour repousser définitivement les prétentions de la Russie et de la Prusse : la crainte d’abord de mécontenter les Hohenzollern, à qui elle demandait de garder fortement la frontière du Rhin; puis, la difficulté de renouveler une guerre en Europe, avant d’avoir achevé sa guerre avec les Etats-Unis. L’intérêt qu’elle avait à soutenir la Prusse disparaissait par ce nouveau projet d’établir sur le Rhin un prince faible, parent de Louis XVIII, ami de la France. C’était comme une trahison des Hohenzollern. « L’Angleterre, s’écriait Castelreagh, n’a à recevoir la loi de personne. » Le l®"* janvier, d’autre part, il recevait la nouvelle de la paix en Amérique.

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