LA POLITIQUE DES GIRONDINS
Girondins se précipitèrent au comité diplomatique : cinquante-trois candidats se disputèrent les douze places de ce conseil qui devait décider de la paix ou de la guerre. Et comme Brissot passa, le 16 octobre 1791, en tête de la liste qui comptait Koch, Lemontey et Gensonné, on put prévoir déjà ses décisions.
Elles eurent surtout le caractère d’une réponse directe à la déclaration de Pillnitz. Aux menaces des émigrés et des souverains allemands qui semblaient unis contre la nation, les Girondins ripostèrent par des menaces qui les atteignaient au milieu de leur prétendu complot. Tandis que l’Assemblée ordonnait, le 31 octobre, à Monsieur de rentrer en France, que le 9 novembre elle déclarait suspects et coupables de haute trahison les émigrés qui ne seraient pas rentrés le F''* janvier 1792, Brissot appelait les vengeances de la nation sur les princes qui favorisaient leurs intrigues : « Les Anglais autrefois ne s'amusaient pas à faire de petites lois sur l’émigration. Ils ordonnèrent aux étrangers de chasser les Stuart de leurs États. Il faut menacer l’Europe. » Brissot ne se contentait pas de parler ainsi le 20 octobre, il agissait: le 22 novembre, au nom du comité diplomatique, Koch somma les princes allemands de disperser les rassemblements d’émigrés, et bientôt, le 29, le roi est mis en demeure, s’ils s’y refusent, de les y obliger au risque d’une guerre avec l’Empire : a Dites aux puissances étrangères que nous garderons religieusement le serment de ne faire aucune conquête, que nous respecterons leur loi, leur constitution, mais que nous voulons que la nôtre soit respectée. Dites-leur que si les princes d’Allemagne continuent de favoriser des préparatifs contre la France, nous porterons chez eux, non le fer et la flamme, mais la liberté : c’est à eux de calculer quelles peuvent être les suites du réveil des nations. »
C’est en vain que, par un souci visible des transitions nécessaires, la nouvelle Assemblée parle encore le langage désintéressé de la précédente et paraît encore préférer la défensive. Dans le ton général, et dans la dernière