L.ES CENT JOURS. — L’ACTE FINAL DE VIENNE
11 avait suffi de la présence de Napoléon aux Tuileries pour armer de nouveau toute l’Europe contre la France. En quelques heures la décision fut prise par les Alliés de mobiliser leurs armées. Leur déclaration du 25 mars 1815 disait assez haut leur intention commune de ruiner, avec Napoléon, la France si elle le soutenait. Pourtant ils ne se mirent réellement à l’œuvre qu’à la fin de mai. Ces deux mois parurent interminables à Louis XVIII, inquiet de l’autorité que son rival pouvait reprendre en France.
Les puissances les employèrent à se mettre d’accord non pas sur k principe, mais sur les profits de la guerre. Le 13 mars, les souverains s’étaient engagés sans restriction à maintenir intacts les traités de Paris. Le 25 mars ils l’avaient répété; ils promettaient en outre « de respecter les stipulations du Congrès de Vienne ». Ce double engagement semblait une garantie pour la France et pour l’Europe, de liberté, d’indépendance, d’intégrité. Comme toujours, ces protestations d’accord et de parfait désintéressement traduisaient bien mal l’ardeur et l’opposition très vive des convoitises. Au premier signal de guerre, chacun des grands Etats revenait à ses desseins particuliers de conquête, à son souci d’interdire les conquêtes du voisin.