‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 257 sur 360 · L’AUTRICHE EN · texte numérisé non relu

L’AUTRICHE EN

ficiles à défendre (art. 65). Ce n’en était pas moins une perte de 2231 lieues carrées et de 3 millions d’habitants. Le sacrifice lui paraissait à peine compensé par l’acquisition de Venise et de ses provinces maritimes d’Istrie et de Dalmatie, de Ragiise, de la Lombardie jusqu’au lac Majeur et de la Valteline (art. 93 et 94) : 2000 lieues carrées seulement. Ce n’était pas l’Italie entière, dont l’Autriche avait voulu faire sa terre et sa chose, malgré la restauration derarcliiduc Ferdinand en Toscane, de François d’Este à Modène et Reggio, de Marie-Louise à Parme et Guastalla. Sur ces duchés, où sans doute elle avait de l’influence, elle n’obtenait que des droits de reversion nuis ou douteux. Enfin, si en Allemagne elle reprenait ou acquérait de la Ravière le Tyrol, le Vorarlberg et Salzburg, c’était au prix de l’abandon à celle-ci de ses domaines souabes, du Brisgau et de l’Ortenan au grand-duc de Rade. Par ces échanges, l’Autriche acquérait un domaine plus centralisé et plus compact, une physionomie mieux dessinée : tandis que la Prusse se dispersait, elle se concentrait. C’était enfin un profit qu’elle appréciait de n’etre plus en contact avec la France, d’exposer les Hohenzollern à des conflits dont elle se voyait elle-même protégée. Néanmoins, qu’avaitelle gagné à ces guerres sans trêve qu’elle n’eût à la paix de Lunéville : la Lombardie et la Valteline seulement, au lieu de l’Italie, péniblement arrachée aux Français, rendue aux souverains italiens? Comme la Russie en Pologne, la Prusse dans l’Allemagne du Nord, l’Autriche dans la péninsule n’avait pas réalisé ses ambitions.

Tous ces grands Etats s’étalent accrus sans doute, moins qu’ils ne l’avaient espéré. S’ils avaient refusé à la France vaincue des agrandissements proportionnels aux leurs, que leur intérêt bien entendu, à défaut de générosité et le souci d’une paix durable auraient dû peut-être leur dicter, les avantages accordés aux Etats secondaires compensaient, réduisaient l’importance de leurs acquisitions. Ils avaient obligé la France au désintéressement : elle s’en était fait une politique contre leurs ambitions. Ainsi avaient grandi

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