‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 259 sur 360 · ÉTATS ALLEMANDS, SAXE, HESSE, BAVIÈRE ET BADE · texte numérisé non relu

ÉTATS ALLEMANDS, SAXE, HESSE, BAVIÈRE ET BADE

de Munster, le comté de Lingen, tout le pays de l’Ems au Rhin, Goslar et Hildesheim, la vallée tout entière de la Leine. La Prusse lui cédait tout cela, en échange du comté de Lauenhourg qu’elle employa à obtenir du Danemark la Poméranie suédoise (art 27, 28). Du pied du Harz à la mer, et de l’Elbe aux frontières de Hollande, le Hanovre si longtemps morcelé par des partages de famille dont le duché de Brunswick (197 lieues carrées) était la dernière trace, prenait une forme compacte qu’il n’avait jamais eue. Sans les enclaves de Brême et du grand-duché d’Oldenbourg, c’eût été une barrière d’un seul tenant, entre les deux grandes parties de la monarchie prussienne.

Quoique diminuée des deux cinquièmes, la Saxe subsistait indépendante avec de très grandes villes, Dresde et Leipzig que la Prusse n’avait pu lui arracher. Elle trouvait un point d’appui dans les duchés saxons de Thuringe,où la principauté de Saxe-Weimar s’agrandissait de 100000 habitants cédés par la Prusse (art. 38, 39). Elle leur servait en retour de centre et de défense.

Les grands-duchés de Hesse-Cassel et de Hesse-Darmstadt furent, de tous les petits Etats du Rhin et de la Franconie où le morcellement était le plus accentué, les plus agrandis. Juxtaposés, ils pouvaient un jour constituer un État de Hesse analogue au Hanovre, au grand-duché de Bade qui les limitaient au nord et au sud. La Hesse-Cassel^ fermée au nord par la province prussienne de Minden, s’ouvrait et s’assurait la route du Mein par la vallée de la Fulda, Fulde et Hanau. — La Hesse- Darmstadt échangeait avec la Prusse le duché de Westphalie, éloigné de sa capitale, contre un territoire contigu sur la rive gauche du Rhin : Mayence, Worms et Kreuznach.

La Bavière se trouvait également très agrandie, contre la Prusse, sur le Mein et le Rhin; contre l’Autriche sur le Danube : 20000 kilomètres carrés constituaient en vingt ans ses acquisitions. A tout ce que les sécularisations lui avaient rapporté dans la vallée du Mein et du Danube, Würzburg, Freising, Passau, Ratisbonne, Nuremberg, elle ajoutait les

582 LA CONFÉDÉRATION GERMANIQUE (8 JUIN 1814). margraviats d’Aiispach et Bayreuth, le Palatinat rhénan, des baillages de la Sarre. Elle aurait voulu achever la conquête du Mein et réunir ses possessions du Danube et du Rhin. Son roi, à cet effet, avait fait accepter à l’Autriche une convention (23 avril 1815) qui, à son grand regret, ne fut pas ratifiée. La Bavière n’en formait pas moins en 1815 un grand royaume unifié, centralisé, la troisième puissance de l’Allemagne, si forte qu’unie à l’Espagne elle avait procuré à Talleyrand contre les grands Etats une victoire décisive (art. 44, traité de 1816).

La fortune du grand-duché de Bade n’était pas moins caractéristique : il gardait par la protection de la Russie tout ce que son Margrave, après avoir réuni les petits domaines de Baden-Baden et de Bade-Durlach, y avait ajouté, grâce à Napoléon, depuis Constance jusqu’à Spire, Mannheim, Heidelberg. Il annexait les enclaves autrichiennes du Brisgau, de l’Ortenau, de Baar (Villingen) ; en tout, 8000 kilomètres carrés de gain qui constituaient au grand-duc une souveraineté fortement assise sur le Rhin et les deux versants de la forêt Noire.

La Constitution fédérale allemande du 8 juin 1814, insérée dans l’acte final (articles 52 à 55), fut la confirmation éclatante des droits et des garanties que les Etats secondaires avaient pu se réserver en Allemagne. La nouvelle confédération ressemblait fort à celle que Napoléon avait constituée pour dominer au delà du Rhin. Mais l’Autriche, que les Allemands, pour écarter la Prusse trop ambitieuse, avaient appelé à la Présidence (art. 57) n’avait plus l’autorité de Napoléon. Le véritable pouvoir appartenait à la Diète qui se réunirait à Francfort d’une manière permanente (H”" septembre 1815). Deux sortes d’assemblées, ordinaires, extraordinaires, devaient y décider des affaires communes. Dans la première, composée de dixsept plénipotentiaires, les petits Etats, groupés pour une voix, pouvaient aider l’Autriche et la Prusse à faire triompher leur influence sur celle de la Bavière, de la Saxe et du Hanovre. Dans la seconde assemblée, maîtresse « des

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