LES CONGRÈS D’ AIX-LA-CHAPELLE ET DE TROPPAU
AIX-LA-CHAPELIiE (1818).
Lorsque Alexandre invita Metternich et son maître à proclamer les principes de la Sainte- Alliance dans une réunion de souverains, il reçut l’accueil le plus encourageant. (( Cette noble et grande fraternité des souverains, écrivait le 20 août 1817 le chef du cabinet autrichien à Nesselrode, vaut mieux que tous les traités. Elle établira pour longtemps ce que le bon abbé de Saint-Pierre avait voulu établir pour toujours. » Dans le projet russe que l’Angleterre avait jugé dangereux et repoussait, T Autriche pouvait trouver des avantages, fixer et consolider par la paix sa puissance en Italie et en Allemagne, se faire honneur et profiter de ces conférences solennelles. A les refuser en bloc, elle pouvait au contraire se créer une situation difficile. Sans compter que Metternich « espérait paraître et agir comme une sorte de puissance morale pour l’Allemagne, pour l’Europe même )> . Son rôle devint en effet considérable : il mania la Sainte-Alliance qifil n’avait pas créée de telle sorte qu’on pût l’en croire l’auteur, et qu’elle lui servît.
Dès le début, l’Autriche stipula que la question de l’Espagne et de ses colonies ne serait point traitée à Aix-la- Chapelle. L’Angleterre eût refusé, sans cette condition, d’y