‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 27 sur 360 · LE SECRET DU MINISTÈRE FEUILLANT · texte numérisé non relu

LE SECRET DU MINISTÈRE FEUILLANT

cipal. Talleyrand, plus jeune encore, trouvait bons tous les moyens de parvenir. « Il avait embrassé la carrière de l’ambition. )) Par leurs soins, un nouveau secret se forma autour du trône en vue d’une guerre avec l’Allemagne, populaire ét peut-être heureuse si l’on était assuré de la neutralité de la Prusse et de l’Angleterre. Custine, un plus jeune homme encore, fut envoyé au duc de Brunswick très influent à Berlin. Pour décider la cour de Londres, on n’hésita pas à lui offrir les débris de notre empire colonial, Tabago, l’île de France et Bourbon. Talleyrand fut chargé de passer la Manche ces cadeaux en poche, tandis que, resté à Paris, Narbonne préparait la guerre au gré des Girondins, mais pour les ruiner.

Enfin, brochant sur le tout, Marie-Antoinette travaillait de nouveau les cours étrangères : « On ne peut différer, écrivait-elle à son frère à Vienne. Voilà le moment de nous servir. » Elle sollicitait Gustave Ilf, Catherine II, le roi de Prusse de donner à son mari les moyens de prévenir le mal qui menaçait les autres États. Ses agents, Fersen, Breteuil intriguaient dans toute l’Europe, et Louis XVI, le 14 décembre 1791, n’hésitait pas à souhaiter la confusion de toutes choses en France et sur les frontières pour devenir comme le sauveur de cette nation dont dépendait son propre salut. (( Il est clair, disait-il, pour toute personne qui marche sur deux pieds qu’intérieurement je ne puis approuver la Révolution et la Constitution absurde qui me met au-dessous du roi de Pologne. Il faut que j’aie l’air de m’y livrer franchement et que ma conduite soit telle que dans le malheur la nation ne voie de ressources qu’à se jeter dans mes bras. »

Jamais guerre ne fut plus ardemment souhaitée que celle que les Français préparaient au début de 1792. Tous les partis, l’Assemblée, le gouvernement la nation plaçaient en elle leurs espérances. Seul le ministère des affaires étrangères, de Lessart, s’elforçait encore de l’écarter. Il envoya de Ségur à Berlin, pour décider la Prusse à ne pas attaquer la France, pour convaincre les autres princes aile-

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