‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 28 sur 360 · INTRIGUES ET PROPAGANDE · texte numérisé non relu

INTRIGUES ET PROPAGANDE

maiids d’accepter des indemnités. Il donna la même commission à Barbé-Marbois auprès de la Bavière, à Noailles auprès de la cour de Vienne. Mais à l’étranger sa diplomatie demeurait impuissante, combattue par les agents de Narbonne ou par ceux de la reine. A Paris, elle se heurtait au comité diplomatique et aux intrigues de la Gironde.

Ce qui frappe le plus dans les origines de cette guerre aujourd’hui bien connues, c’est leur analogie avec les débuts des guerres au dix-huitième siècle. On se croirait à la veille de la guerre de Sept ans, au milieu de toutes ces intrigues qui se croisent à travers l’Europe pour servir à Paris les ambitions des différents partis, secret de Brissot, secret de Narbonne, secret de la reine et du roi. La politique étrangère, subordonnée depuis longtemps aux intrigues de cour, n’est plus celle de la France, mais des factions qui se la disputent. Elle est agressive, parce que dans le désordre de la guerre, royalistes et républicains comptent faire leur profit, quoique la paix soit pour le pays une nécessité et presque un devoir. C’est en vain qu’on invoque les grands souvenirs des politiques qui la comprenaient autrement, les traditions d’Henri IV et de Richelieu, uniquement formées pour le bien du royaume. Ce sont les défaillances de Louis XV et de ses courtisans qui menacent encore la France dans cette crise décisive.

Les politiques de l’Europe, et le chef de l’Empire particulièrement exposé aux provocations de l’Assemblée législative ne s’y trompèrent pas. Ils se réjouissaient de voir la France tombée si bas : ils ne souhaitaient pas cette guerre qui pouvait permettre à la royauté ou à la République de la relever par des victoires. La paix leur semblait une garantie de la durée de cette anarchie, cette anarchie une garantie de notre faiblesse. Léopold P'’ échangeait ces vues et ces espérances avec le roi de Prusse ; il les consignait dans le protocole du traité de Berlin, 17 janvier 1792 : a II ne s’agit pas de faire une guerre à la France, de prodiguer notre or et notre sang pour la remettre dans son ancien état de puissance. » Les mêmes calculs, à la même date,

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