‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 271 sur 360 · RICHELIEU ET LES PUISSANCES A AIX-LA-CHAPELLE · texte numérisé non relu

RICHELIEU ET LES PUISSANCES A AIX-LA-CHAPELLE

Exploitant le service qu’il venait de rendre à la France, à défaut de l’Espagne que Metternicli tenait avec soin à l’écart, Alexandre P'’ comptait sur Louis XVIII pour faire accepter à l’Europe la Sainte- Alliance, Il avait maudit plus d’une fois les royalistes enragés, les ultras, Vitrolles et le comte d’Artois, qui l’empêchaient en 1816 de réconcilier les peuples et les souverains : il attendait maintenant qu’ils l’aidassent à imposer la Sainte- Alliance désormais dirigée contre les révolutionnaires. S’ils lui livraient les jacobins d’Amérique, il leur livrerait ceux de France. Leur ardeur était toujours la même : la veille des conférences, une note, que signait Vitrolles, invitait les puissances à maintenir les troupes étrangères en France contre la Révolution. La passion des ultras aveuglait leur patriotisme.

Le gouvernement de Louis XVIII, le roi, ses ministres, n’entraient pas dans ces calculs du tsar. Les exigences des ultras les indignaient. « Mon âme est attristée de voir éternellement les obstacles au bonheur de la France venir des Français et de ceux des Français avec qui mes rapports sont le plus intimement établis. » (7 octobre.) Ces fâcheux amis de la monarchie semblaient prendre à tâche, quandelle réparait les désastres de la guerre, de lui retirer aux yeux des Français le bénéfice de ses efforts. Le principal reproche, la haine de la nation contrôles Bourbons, venaient de leur restauration par le concours des étrangers. Et c’était quand le grief tombait par la libération de la France, que la famille et les amis de Louis XVIII le relevaient, le prolongeaient à plaisir.

Mieux inspiré, Richelieu avait cherché le moyen de servir la royauté de Louis XVHI auprès des Français. Obtenir non seulement que la France fût libre de fait, mais en droit, à jamais affranchie de la menace que les alliés de Chaumont tenaient suspendue sur elle, admise de nouveau au rang des grandes puissances, c’était à ses yeux rompre « l’isolement du roi et de la nation », faire du lieutenant des vainqueurs un vrai roi de France, leur égal, indépendant et respecté. « 11 est temps que la France

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