CALCULS PACIFIQUES DE L’EUROPE
délerminaient le cabinet de Londres à la plus stricte neutralité. (( La paix est encore entre nos mains, » concluaient nos ambassadeurs à l’étranger. C’est la conclusion même qui s’impose à l’histoire, plus éclairée que ne l’étaient nos pères, par des documents authentiques. Se croyant menacés par les rois de l’Europe, et désignés pour soulever les peuples contre eux, les Français par crainte^ tradition et fanatisme de propagande, voulurent la guerre et se livrèrent aux partis qui la préparaient depuis 1791.
Au printemps de 1792 les Girondins prirent décidément l’offensive. Pour entraîner la nation tout entière, ils réveillèrent les souvenirs anciens des guerres contre l’Autriche. Gensonné blâma l’alliance antinaturelle avec les Habsbourg qui, depuis Choiseul, avait placé Marie-Antoinette sur le trône de France. Appuyé par Narbonne, Isnard demandait avec instance la guerre à l’Allemagne : et c’était déjà la lui déclarer que de sommer l’Empereur de s’expliquer avant le mois de mars. « La rupture de l’alliance est aussi nécessaire que la prise delà Bastille, » dit un membre du comité diplomatique, a Passons le Rhin )), conclut Anacharsis Clootz.
Alors, la France est prête à courir aux armes, pour une guerre contre l’Autriche dont la tradition fait presque une guerre sacrée, dont la Révolution en outre fera une croisade. Le goût des entreprises militaires la porte à cette prise d’armes. « La nation veut la guerre, dit un étranger bon observateur. L’esprit du pays a toujours été guerrier. » Par là, les Français se détournent de la Révolution, croyant de bonne foi la servir hors de leurs frontières. Le souci de leur défense, la fièvre d.e la conquête les occuperont souvent dans cette crise où elle se précipite, plus que la tâche de leur reconstitution intérieure. Et avec les intrigants qui les ont conduits à leur insu, déjà paraît l’influence des chefs militaires. Dumouriez commence cette guerre que Bonaparte conclura. La politique étrangère décide des destinées de la Révolution française, politique d’intrigues, de traditions et de sentiments, funeste
L’OFFKNSIVE DES GIRONDINS. .>:i
à la nation, le plus triste legs que la France de l’ancien régime ait fait à la France nouvelle.
BIBLIOGRAPHIE
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De Sybel. Histoire de l'Europe pendant la Révolution franraise, tome — Au.y ouvrages cités dans le chapitre qui pour la plus grande partie sont utiles pour celui-ci, ajouter :
Lk Rocheterie. Marie- Antoinette et l'émiqration [Correspondant^ tome XCVIll).
Flammermont. Xégocialions seerètes de Louis XVI et du baron de Rreteuil. Paris, 1885.
Feuillet de Conçues. Louis XVI et Marie- Antoinette. Paris, 18()0- 1872, 6 vol.
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Aux documents précédents, ajouter :
Arneth et Geffroy. Correspondance secrète entre Marie -rhérèse, Mercy Argenteauet Marie- Antoine lie, 3 vol. Paris, 1874.
Mallet du Pan. Correspondance et mémoires, tome 2 vol. 1851.
De Guilhiermy. Papiers d'un émigré. Paris, 1886.
Pingaüi). Correspondance intime du comte de Vaudreuil avec le comte d.' Artois. Paris, 1889, 2 vol.
Malouet. Mémoires. Paris, 1868, 2 vol.
Contades. Souvenirs. Paris, 1886.
Moniteur, tomes IX et X.
Mercy Argenteau. Briefé an den ausserordenilichen Gesandten zu London. Graf Louis Starenberg (décembre 1791-avril 1794). Turin,