TRIOMPHE DE METTERNICH ! ESPÉRANCES DU TSAR
Il ajoutait : « Personne ne croit à la parfaite entente entre Tempereur Alexandre et moi. Elle est pourtant bien réelle. L’influence des derniers mois a triomphé. C’est le plus fort qui a entraîné le plus faible. » Le congrès de Laybach consolidait la victoire diplomatique de Metternicb : il avait eu l’art d’endormir le tsar, flatté de passer pour le chef de cette croisade; il avait fini par se l’attacher. Alexandre P"* escomptait le profit qu’il croyait trouver plus tard à laisser l’Autriche affirmer et pratiquer le principe général d’intervention. Son ambassadeur à Paris, le comte Pozzo di Borgo, était venu exprès à Laybach pour l’engager dans cette voie. Très lié avec les ultras, en correspondance avec le comte d’Artois, il intriguait avec eux contre les collègues du duc de Richelieu, contre Pasquier surtout, le ministre indocile des affaires étrangères. A Laybach, Pozzo rapprocha ses amis de France et son maître, leur persuadant à tous qu’il fallait donner carte blanche à Metternich et l’imiter aussitôt en Espagne. Le ministre de François II reconnut lui-même l’importance de ces conseils sur l’esprit d’Alexandre P'' : il devinait les motifs du crédit qu’il lui faisait. Il y parut à une conversation que le tsar eut alors avec l’ambassadeur de France, la Ferronays. (( Croyez-vous que le seul but de la réunion et des efforts des grandes puissances soit uniquement de châtier quelques carbonari : Naples n’est qu’un incident. Entraîné par le mouvement de l’Espagne, Naples doit à son tour lui servir d’exemple. Lorsque ce premier point de la tâche qui nous est imposée sera atteint, peut-être alors sera-ce le moment pour la France de s’emparer à l’égard de l’Espagne du rôle que l’Autriche remplit vis-à-vis de Naples. )>
Au duc de Richelieu de même, Pozzo di Borgo donnait à choisir entre l’alliance russe, la Sainte-Alliance et la solidarité des souverains, utile à toutes les branches de la maison de Bourbons, ou l’alliance de l’Angleterre : « Ne comptez pas sur l’Angleterre, écrivait-il : le lot de la France ne serait pas digne d’envie. » (13 février.) En escomptant l’avenir et la complaisance de Louis XVIII, le