‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 290 sur 360 · ALI DE JANINA ET LES GRECS (FÉVRIER · texte numérisé non relu

ALI DE JANINA ET LES GRECS (FÉVRIER

meilleure direction qu’il ait eue jamais, des sultans préoccupés de leurs devoirs, soucieux de leur tache, Sélim III (1792-1808), Mahmoud il (1809-1839); des grands vizirs, actifs, entièrement dévoués au relèvement de la Turquie, Hassein-Pacha, Baraïcktar, Kurchid-Pacha. Le mal qu’ils voulurent corriger était si profond, si ancien, qu’ils l’aggravèrent en essayant d’appliquer des remèdes énergiques. Le démembrement de la Turquie se précipita, lorsque Mahmoud II résolut de reprendre et de reconstituer son autorité.

11 avait d’abord réussi, de 1813 à 1818, après la paix de Bukarest qui lui avait restitué les provinces danubiennes, à réduire en Asie les gouverneurs, lesTchapvan-Oglou, les Kara-Osman. Au mois de février 1820, il entreprenait résolument une plus grande tâche, la lutte contre Ali de Janine, devenu romili valici^ presque souverain maître de toute la Turquie européenne par ce titre qui lui donnait le troisième rang dans l’Empire. L’étendue, la difficulté de cette entreprise déterminèrent une crise qui rouvrit, lorsque l’Europe s’appliquait à la retarder, la question d’Orient. Mahmoud réunissait en Macédoine, en Thrace, en Thessalie, une grande armée, envoyait une flotte sur les côtes de l’Epire : il lui fallut six mois pour être prêt (juillet 1820). Ali profita de ce délai pour organiser sa résistance. Il fit appel aux Grecs et s’offrit à eux comme le chef d’une croisade nationale. L’appel et la prétention étaient singulières de la part du despote brutal qui avait cruellement chassé les Souliotes de leur pays. Les généraux turcs n’eurent pas de peine à détourner de lui les Grecs du Pinde, à s’attacher Botzaris et les Souliotes. Avec leur concours, Ismaïl-Pacha s’empara de Janina, de Parga, de Prevesa (septembre 1820). Mais il leur marchanda le salaire après la victoire : à un second appel d’Ali (décembre 1820), vaincu et humilié, plus traitable, les chrétiens mécontents se tournèrent de son côté. Le 11 février 1821, l’insurrection grecque était proclamée à Patras, et s’étendait assez vite au nord en Elide, au sud en Morée (avril).

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