‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 3 sur 360 · LA NATION FRANÇAISE EN · texte numérisé non relu

LA NATION FRANÇAISE EN

vaux par un code d’instruction et d’éducation nationale qui mettra la constitution sous la sauvegarde des générations naissantes. Voilà votre ouvrage. Français, )>

C’était bien en effet celui qu’ils avaient voulu et dû réaliser. Le dessein général et la conception en ont été parfois dénaturés par les événements postérieurs, les préjugés et les discussions de notre siècle. A voir les nombreuses constitutions que la France se donna en dix années, on a cru qu’elle y avait consacré tous ses efforts et son attention exclusive. On a expliqué et classé son histoire par la succession de ces actes constitutionnels. Les partis y ont cherché un idéal à restaurer, ou des motifs de haine et de dénigrement. Enfin il a paru que chacun de ces actes portait la marque des philosophies qui avaient préparé la Révolution, de Montesquieu, de Condorcet et de Rousseau. Peu à peu s’est ainsi formé le dernier jugement que l’on ait porté sur elle, et ce grave reproche qu’on lui a fait d’avoir en France tout désorganisé, sacrifié la réalité à des formes et des formules politiques, épuisé ses forces à des essais hâtifs, contradictoires et dangereux.

De toutes ces philosophies pourtant qu’on lui reproche d’avoir appliquées, la Révolution avait dès le début dégagé un principe commun, réalisable, le plus nécessaire alors. La nation française devint vraiment une nation. Elle assura ses droits, son bien-être par des réformes, acheva son unité matérielle et morale, et se fit pour la première fois une conscience nationale. Les considérations et les formes politiques ne furent qu’au second plan. Elles ne furent plus même que des armes aux mains des partis qui se disputaient le pouvoir. L’Assemblée de 1789, la Convention étaient des chambres nationales plutôt encore que constituantes. On raconte qu’au retour de la campagne d’Ralie, Bonaparte se vantait auprès de Sieyès d’avoir fait la grande nation. « C’est que nous avions d’abord fait la nation, » lui répondit Sieyès. Cet homme en qui l’on a vu le type du théoricien de la Révolution, définissait en vrai politique, à la fin comme Talleyrand au début, l’œuvre pratique et durable

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