METTERNICH ISOLÉ .* LA SAINTE-ALLIANCE ENCHAÎNÉE
Metlernich fut vite désabusé : l’opinion publique soutenait Canning. Le ministère à qui il avait rendu la popularité ne se fût pa^ privé de ses services. Torys, whigs et radicaux se réconciliaient à sa voix ; son système emprunté à l’Amérique produis *it en Angleterre comme au delà de l’Atlantique une ère de bonne entente qui lui assurait une autorité incontestée. Lorsque le 18 juin 1824, Villèle lui adressa un désaveu des démarches de Chateaubriand, et de la Sainte- Alliance, quand il déclara renoncer à l’action combinée des puissances contre les colonies espagnoles, le chancelier autrichien sentit l’étendue de sa défaite. « Yillèle, disait-il avec amertume, pose pour être de l’alliance. » C’en était fait des Congrès où la politique autrichienne s’affirmait victorieusement : (( Personnelle veut m’entendre. Je suis en plein chaos, comme un homme qui à l’approche du déluge se trouverait seul dans une île déserte. » Tandis que Metternich se désolait ainsi de son impuissance, et que le tsar maudissait une fois de plus la légèreté des Français, le système de Canning, la nouvelle forme de Congrès qu’il avait conçue pour satisfaire les Etats-Unis, et régler en paix au profit de l’Angleterre les affaires d’Amérique, acceptée par la France, ne rencontrait plus d’obstacles.
Tout à coup cependant des nuages passèrent au mois de juillet 1824 sur les relations excellentes de Villèle et de Canning. Un orage qui s’était formé depuis 1820 au Brésil menaça d’éclater à Lisbonne, et de bouleverser la diplomatie anglaise.
Le souverain portugais qui avait fui, en 1808, à Rio de Janeiro l’invasion française, avait été à la fin de novembre 1820 rappelé à Lisbonne par l’émeute libérale et nationale qui mit fin à la régence anglaise de Beresford, et au gouvernement absolu. Jean VI, réinstallé dans son royaume, à la condition d’accepter une constitution promulguée le 23 septembre et le 3 novembre 1821, avait eu soin de donner les mêmes droits au Brésil qu’il avait du quitter, le laissant à un régent, son fils Don Pedro (22 avril, 3 juillet 1821). Les Bragance étaient plus souples décidé-