‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 326 sur 360 · LA CHUTE DU MINISTÈRE VILLÈLE ET SES CAUSES · texte numérisé non relu

LA CHUTE DU MINISTÈRE VILLÈLE ET SES CAUSES

peuples représente la liberté et la gloire tout ensemble, traduit exactement la poussée confuse des sentiments qui allaient entraîner la France vers une guerre et la Révolution.

Dans Tannée 1827, on ne voit d’ordinaire, avec Vielcastel, que le triomphe du libéralisme, et Navarin s’est effacé dans la défaite du ministère Villèle battu aux élections du 17 novembre. L’effort tenté par ce ministère pour préparer la restauration de l’ancien régime, en restituant à l’Eglise son autorité d’autrefois, ses lois sur le sacrilège (1825) et contre la presse (1827), ses mesures en faveur des émigrés et contre les détenteurs des biens nationaux, le rétablissement déguisé du droit d’aînesse (31 janvier 1826) avaient ému la France, aussi hostile à la domination du clergé qu’à toute tentative contre les institutions de 1789.

L’impopularité de Villèle tenait encore à d’autres causes, au moins aussi profondes. Il avait oublié dans quelles conditions la France lui avait fait crédit d’un si long ministère, le plus long de la Restauration. La popularité de la royauté à la veille et au lendemain de la guerre d’Espagne, la réconciliation des Rourbons et de la nation dans une gloire commune, étaient de trop fraîche date pour n’avoir pas besoin de ménagements et d’entretien. Villèle ne le comprit pas : l’opposition le surprit sans qu’il pût se l’expliquer.

(( Les produits indirects augmentent. La rente monte. Jamais plus de prospérité. N’importe : demain on détrônerait le roi et Ton me poignarderait. )> Il se fût moins étonné, s’il eût pris des leçons auprès de Chateaubriand, u Les opérations de finances, disait celui-ci, les associations commerciales, le mouvement industriel, bref, une société matérielle qui n’a de passions que pour la paix, qui ne veut faire de l’avenir qiTun perpétuel devenir, dans cet ordre de choses, M. de Villèle eût été roi. Mais on sentait sous ses pieds remuer dans la terre des révolutions armées qui venaient s’offrir pour des destinées extraordinaires. M. de Villèle voulait retenir cette nation au sol, l’attacher en bas : il n’en eut pas la force. »

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