LES PROJETS DE LA COALITION
prussien. Le roi de Prusse, ses courtisans et ses maîtresses se montraient plus violents qu’aucune cour d’Europe contre la Révolution. Ses ministres calculaient les avantages d’un démembrement de la France, d’un nouveau partage de la Pologne. Ce qu’ils souhaitaient le plus, c’était un bouleversement de l’Europe, par conséquent, la participation de toutes les puissances à cette guerre que Dumouriez espérait, avec leur concours, limiter au duel de l’Autriche et de la France. Ils trouvaient Catherine II préparée à leurs projets, plus disposée qu’eux-mêmes à précipiter les événements sur le Rhin pour avoir les mains libres en Pologne. Ils séduisaient l’Autriche par l’offre de la Ravière. Contre la France, en un mot, et la Pologne leur ancienne victime, les successeurs de Frédéric II organisaient, du 25 mai au mois de juin, une triple alliance analogue à celle de 1770, fondée sur la communauté des convoitises et le droit du plus fort, sans souci des principes, des engagements passés et des complications à venir. Sans doute, pour justifier et cimenter cette coalition, ils invoquaient arhormeur des couronnes», mais au même titre que Frédéric II, en Pologne, les intérêts de la religion. Nul plus que Frédéric-Guillaume II ne contribua, par tempérament et par politique, à donner à cette coalition la forme d’une croisade monarchique. Il ne lui déplaisait pas d’avoir à son service, avec les princes et ces alliances, les apparences et la puissance morale du droit. Mais quelle déception pour les Français d’avoir ainsi pour premier ennemi, pour adversaire irréconciliable le successeur des électeurs de Brandebourg, le neveu du prince qui attirait à sa cour les philosophes !
La libre Angleterre, la Hollande républicaine leur préparaient une déception semblable Elles attendaient, dans une attitude de réserve menaçante, quela Révolution justifiât par des actes ses promesses de ne faire ni propagande, ni conquête sur les Belges. Elles se refusaient jusque-là à rien déclarer deleurs desseins. On pouvait craindre que le moindre mouvement en Flandre ne déterminât leur adhésion à la ligue des puissances continentales. De Londres, Talleyrand en-