L’ENTREPRISE DE DUMOURIEZ
qui trouvait la prise de Rome facile et lucrative : « Il faut inviter le pape à renoncer avec sa caste à l’athéisme, à se rendre à la raison, à la vérité, à la nature et à Dieu. » Dès le mois d’octobre, Mackau prêchait cette guerre à « l’Infidèle )), Anselme s’offrait à diriger cette glorieuse et profitable entreprise. L’heure n’était pas encore venue, d’ailleurs, où elle pouvait plaire aux Français et réussir : Anselme ne paraissait pas de taille à l’exécuter. C’était aux Pays-Bas que devait se tenter le premier essai de dictature militaire. Mais entre Dumouriez et Bonaparte, entre la guerre de 1792-1793 et les campagnes d’Italie, Custine, Anselme, avec leurs projets de conquête révolutionnaire et leurs rêves de soldats ambitieux, sont des termes de comparaison qu’il ne faut pas négliger. Les généraux s’imposent à la République de sa naissance à sa ruine.
La guerre que Dumouriez conduit aux Pays-Bas n’est pas, comme les opérations de Custine sur le Rhin, d’Anselme sur les Alpes, une entreprise exécutée et conçue sur la frontière sans le concours de la nation. C’est une affaire commune à la France et au chef de l’armée des Pays-Bas qui se réserve la meilleure part! Dumouriez n’a rien négligé pour mettre les Français dans ses intérêts. Au temps où le combat n’était pas terminé entre le roi et la Révolution, il avait trouvé le moyen de les ménager l’un et l’autre : « il identifiait la nation et Louis XVI dans son cœur. » Après la victoire des Jacobins, il leur avait également donné une place dans ses affections, la plus large bientôt pour leur faire approuver, dès le 28 août, son plan d’invasion de la Belgique. Dans le développement de ses ambitions, l’invasion et la défense de la Champagne n’étaient qu’un épisode : il comptait toujours prendre ses quartiers d’hiver à Bruxelles.
Alors Valmy avait fait de lui presque un héros national : c’était mieux encore. On ne parlait de rien moins que de le nommer maréchal de France. De tous les ambitieux qui avaient préparé en 1792 cette guerre, il était le seul à qui elle eût réellement réussi. Ce succès unique n’était pas pour décourager son ambition, ni son esprit d’intrigue. Il négocia