‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 48 sur 360 · LA CONQUÊTE DES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

LA CONQUÊTE DES PAYS-BAS

avec les Prussiens, dans l’espoir de les associer à son entreprise de Flandre. Dès le 27 septembre 1792, il chargeait un prisonnier de la maison civile du roi de Prusse d’aller dire à Frédéric-Guillaume que, placé par Funiverselle confiance au plus haut degré d’autorité, il le laisserait se tirer du mauvais pas, s’il voulait combattre avec les Français la maison d’Autriche. 11 traitait au nom de la France : le ministre des affaires étrangères, Lebrun ne le désavoua pas. Au contraire, il l’autorisa à suivre les négociations, et jusqu’au 25 octobre Dumouriez s’efforça de faire préférer aux Prussiens l’alliance delà France « à celle de la perfide et dangereuse Autriche )>. De nouveau, le général se retrouvait aux avant-postes le chef de la diplomatie française, ainsi qu’au mois d’avril, escomptant toujours l’amitié de la Prusse pour détruire l’Autriche et lui reprendre les Pays- Bas. Il négligeait ainsi ses véritables devoirs et l’intérêt de la France, épargnait l’armée prussienne dont il aurait pu gêner la retraite précipitée, et perdait par l’ambition des conquêtes l’occasion de consacrer dans un traité honorable et avantageux les résultats de la défense nationale. Trop heureux d’échapper à si peu de frais et par une feinte négociation, les Prussiens lui refusaient leur concours le 8 novembre définitivement : « ils ne voulaient pas servir l’expansion de la République. »

Dumouriez ne s’en troubla pas autrement. Si ses intrigues échouaient à la cour de Prusse, elles avaient une fois de plus réussi à Paris. Il y était venu vers le 11 octobre 1792: supérieurement il avait manœuvré auprès des différents partis, hésitants, hostiles même à ses plans de conquête. D’accord avec les Jacobins déterminés à la guerre, avec Couthon et Robespierre, il flattait les Girondins pour les désarmer, dînait chez Roland, offrait des bouquets à sa femme, écrivait à Gensonné, tandis qu’il décidait Danton et ses amis. Le Conseil exécutif, dès le 6 octobre, lui avait donné le commandement absolu de l’armée des Pays-Bas et tracé un programme qui favorisait ses ambitions : « affranchir en Belgique les peuples opprimés et poursuivre sur son

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