LES DÉCEPTIONS DE DUMOURIEZ
d’emporter dans une dernière tourmente le peu qui restait à la France de gouvernement.
Enfin, rbomme qui depuis Yalmy et Jenimapes avait déterminé les Français à la conquête de la Belgique et précipité par son ambition cette redoutable crise, Dumouriez, par ambition encore, regrettait, au lieu de la préparer, la guerre qu’il avait déchaînée. S’il était entré en Flandre au mois d’octobre 1792, c’était avec l’arrière-pensée de substituer en partie son pouvoir à celui de la maison d’Autriche. La politique de Danton et de Gambon, réclamantpour la France les profits de la guerre, avait fait tort aux espérances de Dumouriez. Il protesta dès le premier jour contre le décret du lo décembre, au nom des Belges et soi-disant en faveur de leur liberté. « Je ne serai pas l’Attila des Belges après avoir été leur libérateur. » Il essaya de résister aux Conventionnels, s’insurgeant réellement, comme le lui reprochait Delacroix, contre le pouvoir civil. 11 comptait sur le concours des patriotes et des privilégiés belges, malmenés par les agents jacobins, le fameux Chepy entre autres, qui, dans les élections belges pour la constitution d’une assemblée nationale, avaient eu presque partout la majorité (29 décembre). Au mois de janvier 1793, Dumouriez vint à Paris tenter un dernier effort auprès des Dantonistes, pour les convaincre de laisser la Belgique à ellemême, ou plutôt à son prétendu libérateur. Econduit, persuadé par le décret du 31 janvier sur la réunion de la Belgique qu’elle ne pouvait plus lui appartenir, il regagna son armée avec le dessein formé d’en faire l’instrument de ses rancunes et de son ambition. L’ennemi pour lui n’était plus à la frontière, mais à Paris.
A juger d’après les apparences, cependant, Dumouriez préparait en février 1793 une nouvelle conquête à la Révolution. Il parlait plus que jamais le langage de la propagande, s’associait aux patriotes hollandais qui s’apprêtaient à révolutionner leur pays : le 17 février, il lançait aux Bataves sa célèbre proclamation. En réalité, il cherchait aux embouchures du Rhin un nouveau domaine plus favo-