‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 64 sur 360 · LES ÉMEUTES DU 31 MAI ET DU 2 JUIN · texte numérisé non relu

LES ÉMEUTES DU 31 MAI ET DU 2 JUIN

lion. Après des débats presque quotidiens, le 21 mai, les Girondins faisaient nommer une commission d’enquête contre la Commune de Paris. Danton se crut, se vit, fut toujours menacé, et, selon les paroles de Garat, pour se sauver, lui et les siens, « il franchit tous les rubicons )>. Il participa à l’émeute du 31 mai qui força la Convention à supprimer la commission des Douze. Le 2 juin une nouvelle émeute éclatait : l’Assemblée essaya de lui résister, refusant de livrer les Girondins à ses colères. Elle fut obligée de capituler devant les canonniers d’Henriot. Ce jour-là, elle fut l3risée, comme la royauté l’avait été le 10 août. En vain, Danton s’était efforcé d’obtenir, le 29 mai 1793, de cette Convention nommée pour établir la loi, et bientôt incapable de la faire respecter, une Constitution, garantie suprême delà légalité dans l’avenir. Quatre jours après, il n’était plus le maître de la régler. La proposition qu’il en fit fut pour lui l’occasion d’un premier échec : la Convention confia le soin de rédiger l’acte constitutionnel aux amis de Robespierre, Couthon, Saint-Just, Mathieu, Ramel. Rientôt le Comité de Salut public retirait à Danton, pour la leur donner aussi, la direction de la correspondance générale (13 et 15 juin). Un mois après, au renouvellement du Comité, Danton et ses amis furent écartés (10 juillet), remplacés par la faction de Robespierre qui y entrait lui-même enfin, pour en prendre possession, le 27 juillet 1793. Ainsi se trouvait justifiée cétte parole que Danton disait à un de ses amis : (( Hâtons-nous; ceux qui font les révolutions ne sont pas ceux qui en jouissent. » La République au mois de juin ne lui appartenait plus : la révolution continuait au profit de Robespierre. Et la guerre avec l’Europe se poursuivait aussi par la volonté des hommes qui venaient de substituer leur pouvoir à celui de Danton.

Depuis le jour ou Robespierre a entrevu le moyen d’établir son autorité par la ruine des Girondins et des Dantonistes, dont le duel servait ses ambitions, il a prêché à la Convention et dans les clubs la guerre républicaine, la croisade contre les rois, la lutte à outrance contre l’Europe.

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