‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 79 sur 360 · BONAPARTE · texte numérisé non relu

BONAPARTE

part immédiate de ces profits inespérés. Les antres calculent pour l’avenir les chances de grandeur et de fortune que ces services leur ménagent. Pichegru se souvient de DumourieZ) Hoche intrigue avec Barras, Joubert avec Sieyès, Moreau avec les royalistes, Augereau avec les Jacobins. Tous concourent à l’établissement de la dictature militaire qui remplacera le Directoire, instruments euxmêmes plutôt qu’ouvriers d’une évolution que le gouvernement subit, après l’avoir préparée. La guerre à outrance, programme des uns, emploi des autres, seule entreprise sur laquelle tous les partis et toutes les classes dans la nation s’accordent depuis 1795, fait à la France et à la République leurs destinées. Toute l’Europe proclame cette fatalité. « Par la force des choses, les Français auront un roi qui ne sera pas dans la maison de Bourbon. » — a Et, déclarait Catherine H, si la France sort de ceci, elle aura plus de vigueur que jamais ; elle sera obéissante comme un agneau. Mais il lui faut un homme supérieur, habiie, courageux, au dessus de ses contemporains et peut-être de son siècle même. Est-il né? Tout dépend de cela (1794). » Bonaparte était né, et son rôle commençait. Catherine II, qui ne l’a point connu, avait comme pressenti son génie, marqué son avènement, et indiqué sa destinée alors que lui-même l’ignorait encore.

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