TOLENTINO ET LEOBEN
14 novembre avec Alvinzi. Carnot, inquiet de ses projets, mécontent de ses désobéissances, voulait que la restitution de l’Italie, la cession de Salzbourg et de Passau décidassent l’Autricbe à la paix. Il lui offrait un armistice. Bonaparte refusa la trêve, maltraita, puis débaucha Clarke, et se hâta de constituer, au congrès du 10 décembre 1796, « l’Italie libre ». Enfin, la sanglante victoire de Rivoli, et de la Favorite, la capitulation de Mantoue (janvier 1796) lui assurèrent toute la vallée du Pô. Il put soutenir contre les troupes du pape et de Naples les soldats d’Augereau et de Vaubois, dépouiller et désarmer Pie VII à Tolentino (19 février 1797), lui arracher enfin la reconnaissance de la République italienne. Ses victoires, sa diplomatie triomphaient à. la fois du gouvernement français et des puissances de la péninsule. Elles lui créaient, entre la France et ses adversaires, une place â part que l’on ne pouvait disputer ni à ses armées, ni à son ambition.
Seule, l’Autriche, parmi les puissances italiennes, se refusait encore à reconnaître cette situation. Bonaparte résolut en 1797 d’aller chercher son consentement à Vienne même, au moment où l’Empereur dirigeait contre lui son principal effort et son meilleur général. Le choc eut lieu sur le Tagliamento, l’Isonzo, aux cols de Tarvis et de Neumark (mars-avril), entre Bonaparte et Larchiduc Charles. Il fut décisif : à Leoben, le 15 avril, l’Autriche demandait un armistice que cette fois le général en chef de l’armée française lui accorda. Trois jours après, les préliminaires de Leoben étaient signés.