‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 88 sur 360 · SES AMBITIONS SUR L’ITALIE ET SUR L’ORIENT · texte numérisé non relu

SES AMBITIONS SUR L’ITALIE ET SUR L’ORIENT

blissements dans le Levant. Bonaparte recommandait à ses agents de captiver les peuples que la République vénitienne avait gouvernés jusque-là, de flatter leur goût pour l’indépendance, et de parler aux Grecs de Sparte et d’Athènes de liberté, comme il avait fait aux Italiens. « Les îles de Corfou, de Zante, de Géphalonie sont pour nous plus importantes que l’Italie tout entière. Si nous étions obligés d’opter, il faudrait mieux restituer l’Italie à l’empereur et garder les quatre îles, » écrivait-il le 16 août 1797.

11 est difficile, à cette époque déjà, de fixer avec précision, l’étendue du champ qu’embrassent les ambitions de Bonaparte. Il pense, après avoir constitué trois républiques en deçà des Alpes, à les réunir pour constituer Tltalie libre aux dépens du pape, des rois de Sardaigne et de Naples. La liberté qu’il apporte aux Italiens, il le dit à l’un de ses confidents, M. de Melzi, « c’est sa dictature )>. Il est possible qu’il rêve déjà de substituer son pouvoir en France à celui des avocats du Directoire, et que les essais de législation imposés au nouvel Etat italien soient, suivant les expressions de Lucien, des moyens de se préparer à les imposer à la France. Mais il sait surtout, que par la gloire il dispose des soldats, et bientôt de la nation, a qu’il est tout pour son armée, )> et qu’avec elle, maître de la guerre et de la paix, il peut tout entreprendre et tout oser.

Le traité de Campo-Formio n’est donc pour lui qu’une étape. Or il se trouve justement que les puissances auxquelles sa volonté l’a imposé ne le considèrent aussi que comme une trêve. Le Directoire, après le 18 fructidor, espérait enlever à l’Aul riche l’Italie et la rive gauche du Rhin sans compensation. Rewbell blâmait ce qu’on lui avait accordé. Barras prétendait mêm.e qu’on s’était mis à sa merci. Sieyès aux Cinq-Cents déclarait qu’à Campo-Formio on avait laissé l’Empereur, l’ennemi héréditaire, dicter ses conditions, quand il aurait dû recevoir celles de la France.. Ce n’est qu’à contre-cœur que les Français et leurs chefs ont consenti à partager avec leurs adversaires.

On le vit nettement à la même époque dans leurs négo-

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