GUERRE DU DIRECTOIRE CONTRE L’ANGLETERRE
dations avec l’Angleterre. Au mois de juillet 1797, menacé par l’opposition anglaise qui lui reprochait l’épuisement réel du Trésor, inquiet de la révolte d’Irlande qui s’appuyait désormais, comme les Etats-Unis, sur la France, la Hollande et l’Espagne (juin 1797), Pitt, pour la première fois offrit sérieusement la paix à la République : a Nous ne pouvons nous dissimuler notre situation, écrivait-il à l’agent anglais Ellis. S’il est possible d’avoir la paix, il nous la faut, je le crois fermement. » C’était la fin de la coalition et le désarmement de l’Europe assuré. Talleyrand sentit le prix de ces avances et s’efforça de les faire aboutir. Sans doute, comme Bonaparte, ce fut un partage qu’il proposa au Directoire. Tout en affirmant la loyauté de la France, il offrit des compensations aux Anglais aux dépens des colonies hollandaises, de Geylan, du Cap, en échange de la paix et de la restitution de leurs conquêtes. Maret, Letourneur allaient à Lille traiter sur cette base avec Malmesbury, lorsque le coup d’Etat se produisit au 18 fructidor. Le parti de la guerre fut au mois de septembre assez fort pour faire rompre ces pourparlers, comme il eût rompu la négociation de Gampo-Formio, si la volonté de Bonaparte n’eût été plus forte que ses ambitions.
Aumoisd’octobrel797, le Directoire résolut de poursuivre la guerre à outrance, contre l’Angleterre. Talleyrand fut écarté ; on le suspectait de souhaiter la paix et par conséquent de mal servir la République. Bonaparte fut rappelé d’Italie où on l’accusait a d’avoir trahi la cause de la République conquérante ». On le destinait au commandement de l’armée d’Angleterre, pour l’obliger à mériter son pardon. Enfin, des négociations qui allaient s’ouvrir à Rastadt, le gouvernement français attendait ou de nouvelles conquêtes ou l’occasion d’une nouvelle guerre, plus fructueuse encore que lesprécédentes. Bonaparte, lui-même, pour faire excuser le traité qu’il avait signé, disait aux Directeurs : « Nous ne faisons qu’une trêve. L’arrangement des affaires d’Allemagne nous offrira vingt moyens de recommencer la guerre. »