‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 90 sur 360 · CARACTÈRE PRÉCAIRE DE LA PAIX DE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE PRÉCAIRE DE LA PAIX DE

Ainsi, en signant le traité de Campo-Formio, les républicains qui, depuis 1792, avaient pris le pouvoir et prétendaient s’y maintenir au moyen de la guerre, comme à Bâle et plus encore, ne négociaient avec l’Allemagne qu’avec l’intention arrêtée de poursuivre leurs conquêtes. En 1795, au moins ils avaient eu la direction des négociations et la volonté d’apaiser une partie de leurs adversaires. En 1797, la paix était un t(‘mps d’arrêt forcé, imposé par une volonté étrangère à leurs desseins, et déjà supérieure à leur pouvoir. Si la politique du Directoire n’avait désormais cessé de régler seule les destinées de la France, aucun traité, aucune négociation n’auraient ralenti le débordement de la conquête française dont il vivait.

Il est clair aussi que, sans Bonaparte, l’Autriche ne l’eût pas accepté. « C’est un honteux traité dans les annales de l’Empire, » disait, le 22 octobre, Thugut à Colloredo. (( Ce n’est qu’une trêve, répétait-il à Cobenzl, pleine de prétextes de rupture. )> Et le ministre de l’Empereur allait chercher cette rupture, comme le Directoire, avec autant d’ardeur. Dans l’histoire des relations absolument hostiles du Directoire et de l’Europe, le traité de Campo-Formio n’est donc qu’un incident presque sans portée, puisqu’il les a modifiées à peine et pour quelques mois seulement.

Il est au contraire d’une importance considérable pour l’histoire de Bonaparte, assez fort, assez habile pour imposer en 1797, à la République, à l’Autriche, le partage de l’Italie et de l’Allemagne. Avant d’être le maître en France, Bonaparte avait paru déjà le maître de l’Europe.

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