‹ Manuel historique du département de l'AisneChapitre 15 sur 54 · Fondation des abbayes de Yaucler et de Val-Chrétien · texte numérisé non relu

Fondation des abbayes de Yaucler et de Val-Chrétien

l'une de Bernardins , l'autre de Prémontrés.

;5, Guerre entre Enguerrand II de Couci et les deux

frères Bouchard et Godefroi de Guise , où les succès se

balancent dlms deulc combats livrés près dé Crécy. i56. Fonction de l'abbayé des Religieuses de Montreuîl-

en-Thiérache , et de celte du Mont-Saint-Marlin , ordre

de Prémoniré , à Gouyw ijj. F<mdation de l'abbaye des Chanoines réguliers^ de

Saint-Légmr , à Sèissdils^ i^o. Fondation de l'abbaye des Religieuses de Fcrvaquet

4) CHROKOLOGIB

et de la Chartreuse du Val-Saint-Pîerre. Etablissement des Templiers à Laon. Translation des Prémontrés ié Château-Thierri à Val-Secret.

%ï^U Fondation de l'abbaye de Bernardins de Bohértes» Le voisinage d'une communauté de filles pouvant ayoir des inconvéoiens pour l'abbaye de Prémontré , le monastère de Fontenelle est transféré ailleurs. Par un motif semblable , une bulle de 1 198 défendit de recevoir de»* sœurs dans aucune maison de l'ordre.

Assemblée des Grands du royaume à Soissons. Yvesde-Nesle , dit le Vieux, y est reconnu héritier présomptif de Renaud II » comte de Soissons.

ti4s« Raoul, comte de Yermandois, se sépare d'EIéonore de Champagne, et prend une autre épouse; il est excommunié par un légat , qui jette un interdit sur le domaine du Roi y et suspend Févêque de Laon et trois autrès évêques. Le comte de Champagne , dont les états* sont envahis par le Roi , n'obtient la paix qu'à condition de faire révoquer la sentence du légat.

Ii46* Sixième concile de Laon» et assemblée des Grandsdu royaume dans la même ville » pour délibérer sur les préparatifs de la seconde croisade.

ii48. Fondation de l'abbaye de Bucilly , de Tordre de Prémontré.

II 49* Assemblée générale des Grands du royaume à Soissons » au mois de mai , pour aviser aux moyens de maintenir la tranquillité publique contre ceux qui la* troublaient,, en voulant enlever la régence à Suger.

1 1 ho. Assemblée des évêques et des seigneurs, tenue à Laon et présidée par le Roi , où l'on délibère sur la situation: critique du royaume de Jérusalem.

HISTORIQUE. éfi

Si. Le comté de Braine et la seigneurie de Fère-en-Tardenois passent à un prince de la maison de France» par le mariage de Robert de Dreux» fils de Louis-le- Gros» avec Agnès de Baudement.

i54* Robert de Boves » second fils de Thomas de Marie » dont les historiens parlent aussi mal que de son père» entre en armes sur les terres de ses neveux , fils d'Enguerrand II de Coucy » et s*empare de quelquesunes de leurs places. Ces hostilités ne paraissent pas avoir eu de suites sérieuses.

Fondation de Tabbaye de Valsery » ordre de Prémontré.

i55. Dix-septième concile de Soissons » où Louis-le-Jeuno et tous les Barons jurent la paix pour dix ans.

Le commerce se faisait alors par échange, et les serfii y entraient comme marchandise. En ii55, on donn^ à Soissons , trois hommes et deux femmes de condition serve , pour un cheval de parade.

i56» Rétablissement du chapitre de Guise qui existait avant le douzième siècle , et auquel Tabbaye de Fesmy avait été substituée en 1 1/^9.

Ne différons plus une remarque dans laquelle on a pu nous prévenir. Le temps de la grande ferveur des croisades est celui oii les communes s'établissent, et où les monastères se multiplient. Ces trois habitudes d'une même époque s'expliquent en grande partie l'une par l'autre. En vendant dés franchises à leurs sujets , les croisés se procuraient l'argent dont ils avaient besoin pour les expéditions d'outremer. En fondant des éta* blissemens religieux » ils se flattaient d'intéresser le ciel k la prospérité de leurs armes^

44 GRÏtOIfOLOGIS

iiS8« Roberl Guisc^rd » conite dé Roucî , iiaii aloi^ e» guepre avec l'apchevê({Ue de Reims. II rarageait aussi les terre» de Tabbaye éé VamclÉP , qfui implorait cdntlif lui le secours du roi Loâis-^le^Jeutie.

Assiemblée soleoûelle teâue à'Limii par le Rdr^ où furetit termtoée» ks* diflScnltés que Férêqife Gautier de Mortagne élevait sur des concessions faites à Vaibh^ye de Prémontré par Bart&eliemi, l'on de ses prédécesseurs» Ordonnance sur la régaie de Laon. C'est le monument le plus ancien de l'un des droits attachés à la Goudronne âe France.

ii6o. La ferme de Caumont près de Yesles était, dans le douzième siècle , un couvent de Religieuses dépendant de l'abbaye ae^ Thenaillîes. Une fille , à qui l'on avait refusé l'habit monastique^ osa s'en revêtir et fiit chassée. Sa fiimille , qui était puissante » s'en irrita , comme d'un* outrage , et sàre que personne ne prendrait les armes contre elle, porta le fer et le feu dans Thenailles et dans Gaumont. L'abbé Walfride recourut au saint Siège; mais le ehagrin l'avait conduit au tombeau, quand une bulle de 1160 vint mettre un terme aux fureurs qui déso-i» laient les deux monastères.

II 63. Manassès, comte de Rethel , ravage les terres de l'église de Laon.

II 64* Robert Guiscard fait de nouveau la guerre à l'arche^ véque de Reii6s.

1 1 67. Philippe d'Alsace , COâ^tedê Flandres , érigé en commune la ville de Chauny.

11 68. Origine du village de Landouzy- la -Ville, devenu tristement fameux de nos jours par les fréquens incendies qui le désolent depuis cinq ou six ans. Raoul « sire de

ai8T0RIQUI« 45

Cooçi, ft Robert y «bbé de Feiprj, set fondateurs. }i$ ^ouuietieiit à la loi de Ver? ins.

169. Parlement tenu à Soùsons. On y conTient des articles de la paix conclue l'année suivante à Montmirail , entre la France et rAngleterre.

170. Le seigneur de Guise et Vabhé de Bueilly bâtissent le yilla^ de Mondrepuis » et le soumettent à la loi de Vervins.

17s. Robert de Bov^ est dénoncé au Pape , comme exerçant des yiolences dans le Laonnois.

174. Charte de commune accordée à la ville de Marie par Raoul I.^ de Gouci. Semblable concession faite par le Roi aux villages dépendans de Tévéché de Laon , pendant la vacance du siège épiscopal.

177. Tournois fameux entre Vendeuil et La Père, où figure avec succès Baudouin le courageux , comte de Hainaut» grand amateur de ces exercices périlleux,

Jacques d'Avesnes , sire de Guise , ayant fait tuer le chancelier de Flandres » pour se venger des injures qu'il en avait reçues au siège de Rouen , les comtes de Flan* dres et de Hainaut entrent en armes sur ses terres , y mettent tout au pillage , et rasent le château de Guise » et le (brt de Léquielle dont ils s'étaient rendus maîtres* Lorsqu'on faisait obliger par corps un homme sur qui un sergent n'eût osé mettre la main , voici une des manières dont on s'y prenait. L'évêque de Laon emprunte de son chapitre &00 marcs d'argent , et donne pour caution le comte de Rosoy , son frère. Le comte s'engage à se représenter en personne toutes les fois qu'il en sera requis , et à ne point coucher hors de Laon , tant que sa présence y sera exigée. Il n'est point dit , il est vrai ,

46 CHRONOtOGIB

dans Tacie de 1 177 ytjuelle sera la peine du refus d*exé* cuter cet engagement. Mais un priyilége obtenu du pape Innocent II , autorisait le chapitre de Laon à excommunier ceux qui lui feraient du tort. Le comte de Rosoj aurait-il osé se commettre avec uja corps puissant qui avait les fotidres de Téglise à sa disposition ? I178. L'évêque de Laoil> Roger de Rosoy, qui supporjtait avec impatience raffranchissement des sujets deTévéclié» profite de Téloignement du Roi pour former contre eux une ligue avec les comtes de Rosoy , de Roucy , de Rethel et d'Avesnes. Combat de Comporté où il est vainqueur. Le Roi de retour, marche en personne contre les confédérés. La prise du château deNizy-le-Comte les &it rentre^ dans le devoir. Ce château fut rendu au comte de Rosoy» mais & condition que Rosoy, tenu jurqu alors en franc-alen , relèverait désormais du Roi , à cause de sa grosse tour de Laon. Nizy-lcr-Comte est le Minaticum de l'itinéraire d'Antonin.

I i^Q, Siège et prise de Saint - Quentin par le comte de

Flandres.

I I io» Les comtes de Flandres et de Hainaut jbnt la guerre

à Raoul P' de Couci, et à Raoul , comte de Clermont , parce que ceux-ci conseillaient au Roi de réunir à la couronne le comté de Vermandois , comme étant un apanage réversible en cas de défaillance de la ligne masculine. Ribemont est pillé par leurs troupes.

1 1 8t. Tournois célèbre entre Braine et Soissons , où Tavantage demeure encore à Baudouin de Hainaut.

1 1 83* M^''^^ d'Isabelle , comtesse de Vermandois. Le comté de Flandres , son mari , veut retenir le Vermandois » en vertu d^une donation qu'elle lui en avait faite. Guerre

RIiTORIQUr 47

^ ce sujet entre le roi Philippe-Aaguste et le comte de Flandres. Le roi 8*enipare de Saint - Quentin et de Bohain. Ribemontprîs par le comte est livré au pillage. Le roi d'Angleterre ménage un accommodement entre Philippe-Auguste et le comte. Les conquêtes sont restituées de part et d'autre. Le retour du Vermandois à la couronne est convenu ; et il est arrêté aussi que le sire de Couci relèvera d'elle pour les fiefs dont il faisait hommage aux comtes de Vermandois. Comme cette paix dura peu , les historiens l'ont qualifiée de trêve. Une lettre du roi d'Angleterre prouve l'erreur de ceux qui prétendent qu'elle fut signée, soit à Rihemont, toit à Monligny-sur-Crécy.

t\i^ Reprise des hostilités pour le con^té de Vermandois.. Philippe-Auguste s'était assuré de l'alliance du comte de Hainaut , par un traité fait à Soissons. Le comte de Flandres marche contre Marie ; l'arrivée du Roi le force de renoncer à son entreprise* La campagne se termina par un armistice.

Institution de la commune de Grépy, et de celle corn* posée des huit villages de Cerny-en-Laonnois , Gha* mouille , Beaulne , Chivy, Gourtonne, Verneuil, Bourg et Comin. On y réunit encore en isto ceux de Pancy et de Corillon » et en isSo , ceux d'OEuilIy et do Pafgnan. *

i|5. Traité d'Aumale par lequel le comte de Flandres restitue au Roi différentes villes, du nombre desquelles est Ghauny , et renonce au comté de Vermandois. Suivant plusieurs historiens , le Roi lui aurait cédé la jouissance viagère de Ham, Péronne et Saint-Quentin. Dans xe cas , des arrangemens postérieurs auront fait passer

48 GHRONQLOQIE

Fu^ufruit de Saint-Queatiaà EléoQore dQ Vermaadois , comtesse de Valois » qui se qualifie comtesse de Saiat- Quentin dans des chartes de t ig4et anaées suivantes.

Le Roi préside à un accord fameux portant modération des droitS' seigneuriaux dus à Tévêque de Laon*

La ville de Vailly est érigée en commune avec réunion des villages de Coodé » Ghavonne » Celles » Fargny et Filain.

1 186« Réunion définitive du Vermandois àja couronne.

L'abbé de St-Joan de Laon érige en une seule com* nmne les villages de Crandelain^ Trucy, Courtecon» Malval, et partie de ceux de Lierval et GoUigis. 6a charte est confirmée par le Roi , en 1 196^

1 1 go. Création des bailliages royaux. Le siège de celui de Vermandois , qui avait la primauté sur les autres , est établi à Laon.

Une Charte de commune est accordée au bourg de Crécy. Le Roi cédant aux sollicitations de Tévêque de Laon , révoque celle qu'avaient obtenue de son père les villages dépendans du siège épiscopal.

II 91. Erection de la commune de Ciis ou Cys, Presles, St-Mard, Rhu et Les Boves. Cette commune « comme celle de Bruyères , avait chez elle la seigneurie et la' jijstice. Le comte de Champagne, Thibaut V, l'avait cr*ée; Thibaut VII la confirma en 1225.

La première maison de Couci , à la piort de Raoul I^, se divise en ^rois branches , celles de Couci, de Vervin» çtde Pînon.

iigS. Aventure tragique de G^brielle de Vergy, ou plutât Levergies , dame de Fayei.

Une charte est accordée aux habitans de La Ville* aux-Bois près Pontavert.

4. On rebâtit le village de Lappion que les guerres avaient détruit entièrement. Il est convenu qu'il sera désormais régi par la loi de Vervins.

)S. Philippe-Auguste confirme la charte donnée à la ville de Saini-Q uentin » en 1 1 09.

Guerre entre les seigneurs de Pierrepont et de Rumigny , à laquelle plusieurs autres prennent part, et dont le Laonnois souffre beaucoup. Les communes de Saint- Quentin et de Marie marchèrent au secours de Robert de Pierrepont.

96. Charte de commune accordée au village de DIzy : cette concession Taide à se relever de ses ruines , au point qu'il devient un gros bourg.

97* La ville de Couci est érigée en commune.

i)t. L'ordre de la rédemption des Captifs , dit des Mathufins ou Trinitaires, prend naissance dans le hameau de Cerfroy près de Château-Thierri.

^. Vers ce temps, Pierre, bourgeois de Soissons, et Ade, sa femme, se donnaient à l'abbaye de Braine, eux, leurs biens et même leurs enfans. Quel siècle que celui où la piété mal-entendue du père précipitait dans la servitude d^'nnocentes créatures ! Peu après l'abbaye de Braine cédait à celfe de Prémontré, sans le consentement de Pierre et de sa femme, tous les droits qu'elle tenait de leur don. Quelles mœurs que celles qui , au mépris d'un contrat, mettaient dans le commerce le sort de toute une famille, ainsi que la propriété d'un vil bétail !

Assemblée de Soissons , où il s'agissait de délibérer sur les préparatifs d'une croisade. Le nombre des croisés

ÔO CHRONOLOGIE

ne paraissant pas suffisant » on s'ajourne à l'année sui« vante.

1 900. Grande tempête , qui cause d'immenses ravages dans le Laonnois y et dont l'histoire fait mention ^ à cause d'une pluie de pierres dont elle était accompagnée.

Naissance du commerce de Saint-Quentin , où commencent à s'établir des manufactures de draps et de sayeterîes.

1201. Dix-huitième concile de Soissons^ où Ton traite la question du divorce de Phillippe-Auguste , qui , après s'être séparé d'Irigeburge ou Batilde, avait épousé Agnès de Méranie. La cause du roi venait d'être défendue par des hommes habiles, et Ingeburge n'avait trouvé personne pour plaider la sienne. Tout-à-coup un jeune inconnu se lève, demande à répondre, et le fait avec ' tant d'éloquence et de modération , que le roi lui-même, ne pouvant lui refuser son suffrage, se réunit à la princesse , sans attendre le jugement du concile.

On reprend la délibération de l'année précédente sur la croisade. Les croisés, qui se trouvaient en grand nombre , élisent le marquis de Montferrat pour leur chef.

Peu de gens savent que le vin de Soissons était alors cité parmi les meilleurs , ainsi qu'on peut le voir dans le poëme ou fabliau de La bataille des vins, qui date du règne de Philippe-Auguste.

1202. Enguerrand III de Couci donne une charte de commune au village de Bassoles.

2 2o4. Gautier d'Avesnes accorde une charte en 46 articles au bourg du Nouvion.

HISTORIQUE. 5l

Guise y qui appartenait au même seigneur, fut moins heureux. On ne voit pas qu'il ait jamais été érigé en commune; d'où l'on doit induire que ses libertés ne datent que du temps où l'abolition de la servitude féodale devint le droit commun du pays. Quand cela arriva-t-il ? question importante , dont l'examen serait digne d'exercer les savans. On serait porté à fixer cette époque vers i3o2 , date des premiers états généraux où le tiers-état ait été représenté. Un affranchissement de plusieurs TilIâgeSy qu'on rencontrera sous l'année 1 368, ne permet pas de s'arrêter à cette idée.

to5. Des gens accusés d'hérésie , et parmi lesquels était un peintre renommé par toute la France , nommé Nicolas , sont condamnés au feu et exécutés dans Braine. Le comte et la comtesse avaient présidé au jugement.

106. Le comte de Braine obtient delà comtesse de Champagne la permission de construire une forteresse dans sa terredeFère-en-Tardenoîs , mais à la condition que cette forteresse sera jurable et rendable au comte de

' Champagne.

La comtesse de Rouci donne une charte aux habitans de Lappion.

On peut fixer à cette époque la création des douze pairs de France , parmi lesquels la seconde place est accordée à l'évêque de Laon.

1, Création de la commune de La Fère.

I). Fondation de l'abbaye de La Barre dans un faubourg de Château-Thierri.

La réunion de Pancy et de Corillon à la commune de Cemy qui eut lieu cette année , est particulièrement remarquable , en ce que ce fut le seigneur de ces deux

lieux 9 nommé Salvaric , qui l'opéra lui*méme ; exemple rare et peut-être unique d'un seigneur qui , pour mieux garantir ses sujets des abus de la puissance féodale , eut la générosité de les faire admettre dans une confédération étrangère.

1211. Réglemens des droits appartenant à l'abbaye de Prémontré à cause de la seigneurie d'Hannape. Ce lieu y est appelé la Fille-Libre d'Hannape , d'où il résulte qu'il était érigé en commune.

1 2 1 2« Assemblée solennelle des barons et évêques deFrance réunis à Soissons ^ dans laquelle Philippe- Auguste propose la conquête de l'Angleterre , dont le Pape lui offrait la couronne , après avoir prononcé la déchéance de Jean^ans-Terre.

1 2 1 3. Troubles à Saint-Quentin» où le peuple se soulève contra le clergé : exil de deux chanoines qui y avaient donné lieu 9 punition des habitans coupables de violence. Obligation imposée au corps municipal de veiller ària sûreté du chapitre , et de s'y engager par un serment que ses membres prêteront après leur élection.

Le seigneur de Pinon accorde aux habitans droit d'assise suivant les us et coutumes de la ville de Laon, c'est-à-dire» le droit d'être jugés conformément aux lois qui régissaient cette ville,

La ville de Cbauny est réunie à la couronne; et Phi^ lippe-Auguste confirme sa commune.

1 2i4' 27 juillet. Bataille de Bouvines où les communes du Vermandois , du Laonnois et du Soissonnais comJbattent avec une grande valeur» et font un bon nombre de prisonniers de distinction. L'Histoire fait une menliM^ glorieuse de Galon de Montigny (en Arroi^ûse) p- ^. jk

(H)rtaîl roriflamme ; elle raconté aussi que i&o cavaliers de fa milice de Soissons ayant eu ordre de charger la gendarmerie flamande > celle-ci furieuse de ce qu'on la mettait aux prises ayec des bourgeois, les attendit , sans daigner faire un pas pour aller à leur rencontre , et en fit un grand carnage.

Mort d'Eléonore de Vermandois» comtesse de Valois, et extinction de son usufruit , laquelle opère la réunion de Saint-Quentin à la couronne» La Ferté-Milon y est aussi réuni.

i5. Le tioi affranchit de corvées les habitans de La Ferté- Milon. Ils avaient déjà une charte de commune semblable à celle de Grépy-en-Yalois.

Enguerrand III de Gonci enlève le doyen de Laon dans l'église cathédrale , l'emmène à Gouci > l'y retient en prison , et ravage les terres du chapitre , sans s'effttiyer des anathèmes qui sont lancés contre lui , et dont il ne se fit relever qu'en 1219.

g. Deuxième concile tenu h Saint-Quentin au sujet des violences exercées par Enguerrand de Gouci contre le chapitre de Laon.

Etablissement de la commune de Beaurieux , Ghaudardes.Guiryet Graonnelle.

, Ligue de plusieurs seigneurs du Laonnois contre l'abbaye de Saint-Yincent , dont ils dévastent les terres. Une bulle de I9i8 arrête le cours des hostilités.

, Jean-Sans-Terre était mort ; et le Pape ne voulait pas qu'un Prince français devint mattre de l'Angleterre. Philippe-Auguste lie se souciait pas non plus de se brouiller avec la cour de Rome » et il feignait de ne prettdré aucune pari à l'entreprise de son fils. Il con-

yoqueà Laon une assemblée des Grands du royaume; et il y appelé son fils de la manière la plus pressante.' Le continuateur de Roger de Hoveden, de qui nous apprenons la tenue de cette diète , ne dit pas quelle en fiit l'issue.

1220. Fondation de l'abbaye des Religieuses du Sauvoîrsous-Laon.

1 22 1. Nouvel affranchissement accordé par le Roi aux habîtans de La Ferté-Milon.

Fondation de l'abbaye de Genlis, ordre de Prémontré*

1223 Soissons a le spectacle affligeant d'une scène à-peuprès semblable à celle dont Laon avait été le théâtre en i2i6. Le fils du comte Raoul et quelques autres jeunes étourdis insultent et enlèvent un Chanoine. Ils jsont excommuniés par le chapitre; et le service divin cesse , dans toutes les églises. La vengeance fait courir aux armes Raoul et ses amis : ils parcourent , ils dévastent les propriétés du chapitre. L'archevêque de Reims intervient; mais il a la sagesse de ne faire entendre que des paroles de paix. Tout se calme à sa voix. Le chapitre reçoit quelques satisfactioiis ; et l'interdit est levé. Il avait grande raison ce Pape , qui , en 1211, recommandait au clergé de Laon de ne pas lancer légèrement des anathèmes.

1 23 1. Un croisé , qui se nommait Vittus Polegais , prêchait la croisade dans Saint-Quentin. Les Mayeuret Echevîns, par une sentence du i.*' avril , le bannissent de h ville et le condamnent à une amende de 3o livres parisis. La date de ce jugement le rend très-remarquable. Il est rendu sous un Roi , qui luinméme avait pris la croix

contre les infidèles , et dont le petit-fils entrepris deux fois de semblables expéditions.

Troisième concile de Saint-Quentin qui enjoint au comte de Flandre , sous peine d^excommunication , de réparer ses torts envers le chapitre de Saint-Donatien , de Bruges.

Charte de commune accordée à Château-Thierri, par Thibaut IV, comte de Champagne.

s55. Septième concile de Laon , et quatre conciles , ou plutôt quatre sessions d'un quatrième concile , tenues à Saint-Quentin , au sujet du refus fait par Tévéque de Beauyais de reconnaître un maire nommé par le Roi ^ ainsi que la validité du jugement rendu parles officiers royaux contre les habitans coupables de sédition. Les Evéques arrêtent , dans leur première réunion , de mettre leurs diocèses en interdit. Le chapitre de Laon s'y oppose; son exemple est suivi par les autres; et dans la dernière session de Saint-Quentin » l'interdit est révoqué.

t34> Construction d'une première chape lie de Notre-Dame de Liesse, qui devient le siège du plus célèbre pèlerinage de France.

(35. Cinquième concile tenu à Saint-Quentin en plusieurs sessions , au sujet des troubles qui avaient eu lieu à Reims , et dans lesquels le palais de l'Archevêque avait été pillé, son château de Porte-Mars forcé, son maréchal massacré. *

Le sire de Couci accorde aux habitans de Juvigny la loi de Vervins, en annonçant qu'elle a été modifiée par Thomas de Vervins , son frère.

236« Thibaut ^ comte de Champagne » et Pierre ,. duo de

Bretagne , ligués contre le Roi> venaient de sceller leur alliance par le mariage de Blanche » fille du comte> avec Jean/ fils du duc. Thomas I.*' de Couci-Vervins, dont une terre relevait de Thibaut , contracte envers lui , sous peine de la saisie de son fief » rengagement singa* lier que Blanche , si elle vient à {>erdre son époux,' èera rendue libre à Château-Thierri dans les quarante jours de la mort. Etait-ce une précaution contre la fol douteuse du duc Pierre , surnommé Mauclerc ?

Thibaut bâtit vers ce temps le château de Neuilly- Saint-Front.

1238. Les habitans de Vervins obtiennent de Thomas. I.*' , leur seigneur^ une charte rédigée en langue romane , comme la loi de Vervins , et contenant des dispositions intéressantes de droit féodal, civil et de police.

1 239. Sixième concile de Saint-Quentin pour faire cesser les violences que les seigneurs de Rumigny exerçaient contre le prévôt de l'église de Reims.

1 240. Nouvion-le-Comte était alors érigé en commune. On en a la preuve par une charte où cette commune contracte , assistée de son maire.

1242. Mort d'Enguerrand III de Couci, dit le Grand. S'il le fut par ses actions , il le fut aussi par ses monumens, témoin le château de Couci , dont les ruines font encore aujourd'hui l'admiration des voyageurs.

1 246. Fondation de l'abbaye des Religieuses de Notre-Dame de la paix, à Saint-Pierremont. Elle ne subsista pas longtemps : les guerres avec les^ Anglais en causèrent la ruine.

1249. La fameuse Véronique de Laon est envoyée de Rome

à Tabbaye de Monlreuil-en-Thiérache , par Jacques de Trojes, qui dcFÎnt pape sous le nom d*Urbaio lY.

)5. Un acte passé entre l'abbaye de Saint-Martin et les habitans de Bièvre» constate que le village était érigé en commune.

S6. Enguerrand lY de Couci lait pendre, sans forme de procès , trois jeunes gentilshommes flamans , qui avaient été trouvés avec des armes dans 1^ forêt de Couci. S. Louis fait une justice exemplaire de cet acte de tyrannie féodale.

1S6. 26 février. Bataille de Bénévent, où les milices duYermandois eurent grande part à la yictoire. C'est dans leurs rangs que Mainfroi trouva la mort. Les croisades familiarisaient alors les peuples avecles expéditions lointaines.

sS;. La veille de la Saint Luc , un parlement est assemblé au château de La Maie-Maison > auquel on commençait à donner le nom de Yillers.

t68. Dans Tapanagc que S. Louis assure à Jean , comte de Nevers , son second fils , sont comprises les deux villes de La Ferté-Milon et Yîllers-Cotteréts.

9* Une Sentence arbitrale rendue entre la communauté de la ville de Ckamhry et un seigneur voisin » prouve que le village de Ghambry était érigé en commune.

i. Septième concile de Saint-Quentin où furent iaits plusieurs canons de discipline.

I. h^ droits de la conunune de Saint-Quentin reçoivent des limitations, notanunent dans les matières criminelles : le Roi y réserve à ses officiers la connaissance des affaires capitales.

i. Après la mort de Henri-le-G ros, comte de et roi de Navarre , Blanche d'Artois,

mte deChaquMtf^^^ , sa veuve > j^F ^fc

Château-Thierr! en usufruit. Les fondations qu'elle y a faites y ont environné sa mémoire d'une popularité que le temps n'a pu détruire.

laSo. Le village de Couci-les-Eppes avait alors une commune. Il est parlé du Mayeur et des Echevins de ce lieu dans une transaction passée entre les seigneurs d'Eppes et de Marchais.

1281. Arrêt dft parlement de Paris sur la succession d'Aubenton , entre les deux filles de Hugues II de Rumigny. C'est le plus ancien monument des deux espèces de successions féodales qui avaient lieu en Yermandois , où la coutume générale donnait à l'aîné la moitié du fief, tandis que dans plusieurs coutumes locales , il avait tout , à la réserve d'un quint viager partageable entre les puînés. '

1283. Arrêt du même parlement qui ordonne au bailli de Yermandois , de ne pas souffrir , sous quelque prétexte que ce soit , qu'il y ait à Laon , soit ouvertement , soit en cachette , un roi des Ribauds.

1284. Le comté de Valois donné par Philippe-le-Hardi à Charles , son frère , est formé de quatre châtellenies » dont l'une est celle de La Ferté-Milon»

1287* I^Q Seigneur étranger possédait dans la commune de Cys , Presles , etc. , des droits de main-morte et de formariage» qu'elle avait intérêt d'éteindre , pour compléter son affranchissement : elle en fait l'acquisition de Gaucher de Châtillon, et d'Isabelle de Dreux, sa femme.

1292. 10 mars. PhîIippe-le-Bel , comme mari de Jeanne de Champagne , reine de Navarre , renouvelle, en faveur des habitans de Chateau-Thicrri , le droit de chasser au

leTrier et à répagneul , sans annes et une baguette à la main.

i}4> Emeote à Laon , laquelle eut des suites très-grades pour cette yille. Deux Gentilshommes qui araient frappé un bourgeois , et un ecclésiastique qui les accompagnait» furent maltraités par le peuple , au point que Tun d'eux en mourut.

196. Arrêt du parlement de Paris qui condamne en une grosse amende les liabitans de Laon , pour la sédition de 1 2g4- Ordonnance du Roi qui supprime la commune, et déclare la Tille de Laon déchue de ses privilèges. Interdit jeté sur la ville par le pape Boniiâce VIIL

97. Rétablissement de la commune de Laon , à des conditions expiatoires. Le Pape lève Tinterdit.

1^ Fondation d'une abbaye de Religieuses à Nogentl'Artaud.

u Charte de Phïlippe-le-Bel portant confirmation des franchises et libertés de Château-Thierri , et qui substitue quatre Echerins électifs aux douze Jurés qui existaient précédenmienL On y voit que le droit de chasse mentionné dans l'ordonnance de 1^92 lui était commun avec Essomes et Azy. Il y est aussi parlé d'un droit qui se percevait sur chaque pièce de drap de couJ«njr &briquée dans la ville et antres lieux de la châtelkfuie.

s. II juillet. Bataille de Coortrai où périt la fleur d« b noblesse du Termandois.

Lepape Boniiaoe supprime la conmiune de Laon , far une bulle que le Rm lait brûler.

Les Juifs sont chassés de Laon.

5. Assembléedes Grands du rovaume à Châfeau-I pour délibérer sur les affaires publiques avecfei

6o CHRONOLOGIE

Lettres du mois d'octobre » datées de cette ville , qui ordonnent une levée de gentilshommes pour la guerre de Flandre.

1 3o5. Accord entre le comte et la commune de Sotssons » sur leurs droits respectif.

1 3o8« L^^vëqtte et le comte de Solssoâs érigent eh une ^eute commune les huit villages de Bucy , Terny , Margival » Crouy» CuffîeS, Pommiers, Villeneuve et Ailles. Le Roi confirme cette érôction par une charte de Tannée suivante*

1 3 II. La principale branche de Tancienne maison de Gouci s'éteiut. Elle est remplacée par la maison de Gouci- Guines.

Le comte Gharles de Valois abolit la servitude dans toutes les terres de son comté. Get affranchissement profite à plusieurs lieux qui font maintenant partie du département de TAisne. L'abbé , db Valsery imite l'exemple de Charles de Valois dans les domaines de ce monastère*

1 3 14. Fondation des collèges de Laon et de Presles, à Paris» en faveur des pauvres étudians des diocèses de Laon et de Soissoubs.

1 3 15. Lettre» données à Soissons, le 7 août, par Louis Hutia^ portait interdiction dé tout commerce avec laFlandif^.

Suivait l'historien du Valois » le prince Ghafles de Valois bâtit 9 vers cette année, le château de la Mâle- Maison, autour duquel se forma ensuite Villers-Cotterêts. Gomment concilier ce récit avec ce qui a été dît de Villers-Cotteréts sous les années 1 267 et 1 268 ? i3i6. On Ih dans le» compte» de l'abbaye de Longpont , quor^ers ce temps, on payait 16 sous pour 700 hareng»^

HISTORIQUE. 6l

3o SOUS pour lo veaux, 4 sous pour une livre decanelle ou de poivre y 28 livres pour 4? pourceaux , 2 s sous pour 60 agneaux , 5o sous pour un taureau. Le marc d'ai^çBt était alors à 54 sous » et un sou valait 93 centimes de*notre monnaie actuelle.

Iiy. 23 mars. Traité de Laon , entre Philip/pe-le-Long, et Eudes» duc de Bourgogne , tuteur de Jeanne» fille de Louis Hutin , par lequel la loi salique est reconnue et ccmfinnée*

Abolition delà commune de Saint-Quentin : les motifs n'en sont pas connus.

\S, 27 mars. Le duc de Bourgogne, comme tuteur de Jeanne , fille de Louis Hutin , cède le royaume de Navarre et le comté de Champagne, avec Château- Tkierri, au roi Philippe-le-Long, à condition qu'elle lentrera dans ses droits , si Philippe meurt sans enfans mâles ; ce qui arriva.

Fondation de la chartreuse de Bourg-Fontaine. Jeanne de France &ît avec Charles-le-Bel le même accord qu'avec Philippe-le-Long.

Le parlement de Paris supprime la commune de Laon, pour tes eœcèê commis en 1 294 » et conformément à C intention de Philippe^li^Bel : Cbarles-le*'Bel sanctionne cot arrêt. Ce prince rétablit la commune de Saint-Quentin, en considération des offres faites par les habitans de se charger des fortifications de la ville.

Les habitans de Soissons , fatigués des procès ruineux qu'ils avaient à soutenir contre le clergé, pour la défense de leurs droits , consentent que l'administration de leur ville soit confiée à un prévôt nommé par le Roi , sans maire ni jurés. Lettres de Charles - le - Bel qui

Tordonnent ainsi ^ en conservant néanmoins à la ville les lois y coutumQS et franchises dont elle jouissait étant gouvernée en connnune.

i526« Lettres par lesquelles le même prince ordonne , sur la demande des habitans de Soissons , que la prévôté de cette ville ressortira désormais au bailliage de Vermandois séant à Laon , et non pas à la prévôté de Laon.

Ordonnance rendue à Ghâteau-Thierri , le 12 octobre, qui défend la levée d'un subside au profit du Pape , pour la guerre qu'il faisait en Normandie.

s. VI.

SOUS LA PREHikRE BRANCHE DES VALOIS.

1 328. Après la mortde Charles-le-Bel, Jeanne de France, et

' le comte d'Evreux , son mari , prennent possession du

royaume de Navarre. Mais la Champagne reste à Philippe

de Valois, qui donne en échange le comté d'Angouléme.

De là l'union de Château-Thierri à la couronne.

1 33 1. Abolition définitive de la commune de Laon^ par des lettres du mois d'août.

Commencement des Assemblées périodiques des chapitres de la province de Reims , qui se tinrent à Saint- Quentin tous les trois ans, jusqu'en i4i5. Les députés de ces corps y assistaient seuls et sans le concours des évéques , attendu que les évoques excluaient les chapitres de leurs conciles provinciaux. On y délibérait sur les prérogatives et immunités des chapitres.

i332. En mars, création d'un Prévôt royal, pour gouverner la ville de Laon , y rendre la justice avec des conseillers de son choix , et en administrer les affaires avec les élus;

du peuple. Deux ordonnances de la même date posent les limites respectives de la juridiction royale , et des justices de Tévêque et du chapitre. Ainsi sont terminés les débats qui » pendant plus de deux siècles , avaient divisé la bourgeoisie, et les classes privilégiées. !t!S. Philippe de Valois règle l'administration de la ville de Soissons , et adjoint au Prévôt royal des écbevins électifs.

Grande sédition dans les seigneuries du chapitre de Laon , à cause des contributions arbitraires que ce corps voulait lever sur les habitans. Plusieurs chefs de la sédition, jugés à Laon , par des commissaires royaux, sont punis de mort. C'est d'après cet événement qu'a été imaginée la Table des maires de Barenton.

g. Commencement d'une guerre avec l'Angleterre , mémorable par sa durée et par des revers trop fameux. Invasion du Yermandois , de la Thiérache et du Laon- Bois.

Dans le Yermandois , les Anglais saccagent Bohain et Origny-Sainte-Benoîte. Le corps qui , dans ce dernier lieu fit souffrir d'indignes outrages aux Religieuses, était sous les ordres de l'évêque de Lincoln.

Les lieux qui , dans la Thiérache , furent pris et pillés ou brûlés , sont Aspremont, Buironfosse , Foigny, La Flamangrie , Léchelles , Le Nouvion , Marie , Plomion, Saint-Michel, Ribemont et Richemont. La ville de Guise eut aussi le môme sort. Mais l'intrépide Jeanne de Hainaut défendit avec succès le château, contre le comte de Soissons , son père , ligué alors avec les Anglais.

Dans le Laonnois , Crécy, Crépy, Saint-Gobain , et

mèase Vaux , Fun des fauboui^ de Laon , furent les lieux que l'inTasion ruina.

La marche des Français du côté de Saint-Quentin oblige les Anglais à rétn^rader. Les deux rois Philippe et Edouard se trouvent en présence à Buironfosse , et on allait en venir aux mains» le jour du Vendredi saint» 26 mars , lorsqu'un lièvre » parti à la tête de l'armée française , occasionna quelque désordre dans sa première ligne , et fit manquer la bataille.

Le comte de Rouci accorde des franchises aux habitans d'Âguilcourt.

1 340. Le comte de Hainaut , par représailles des hostilités commises contre lui , fait une incursion en Thiérache. Saint - Michel est ^ccagé de nouveau. Prise et sao d'AubentoUr

i34â. Gui de Cbâttllon» seigneur de Fère-cn-Tardenois » 7 consomme l'abolition de la servitude personnelle.

i344* Les droits du chapitre de Laon sur ses vassaux sout restreints dans de justes bornes. Les bieqs des neuf hommes suppliciés en 1 335 sont rendus à leurs familles. Deux ordonnances sont rendues à Ghâteau-Thierri , en juillet ; l'une concerne les donataires de biens domaniaux ; l'autre a pour objet la police des foires de Champagne.

i345. II y avait alors à Vervins des fabriques de draps » pour l'usage desquelles le seigneur Êiit reconstruire un moulin à foulon.

1346. Après la funeste journée de Grécy , la ville de Saint- Quentin se montre disposée à venir, de plusieurs manières , au secours de l'état; et le Roi l'en récompense , en lui accordant de nouveaux privilèges , dont le prin-

cipal consistait à donner plus d'étendue à la juridiction de la commune.

II parait qu'il y avait déjà dès-lors un bailliage royal à Saint-Quentin ainsi qu'à Ribemont.

Jeanne de Hainaut» veuye de Louis , comte de Blois et de Guise , tué à Grécy , enlève Hirson à main armée à Charles de Blois» son beau-frère; il en obtint depuis la restitution.

((7. Un complot pour livrer La on à l'ennemi est découvert : l'auteur est lapidé par le peuple.

Jean de Goucl-Vervins , seigneur de Bosmont» s'étant déclaré pour les Anglais , son château est assiégé , pris et démoli.

Jean III» duc de Brabant» vient, de l'aveu de Philippe de Yalois , conclure à Saint-Quentin le mariage de ses trois filles avec le duc de Gucldres et les comtes de Flandre et de Luxembourg.

Les Anglais ravagent le Laonnois.

Les trois états du bailliage de Vermandois accordent au roi Jean un subside pour les frais de la guerre. De son côté , le prince , par une ordonnance du 5o mars , leur &it différentes concessions.

Le Soissonnais est une des contrées qui souffrirent le plus de la peste qui désolait alors la France. Jeanne de Hainaut , comtesse de Soissons , fut une des victimes de ce fléau , qui emporta aussi trente-huit religieux de Saînt-Jean-des-Vignes.

Les twis états du bailliage de Vermandois votent un nouveau subside pour la guerre , ei obtiennent , par ordonnance du mois d'août, de plus amples conces* slons qu'en i35o.

Les officiers royaux de Saint-Quentin avaient vu de mauvais œil que la juridiction municipale eût été éten^ due aux dépens de la leur : ils parviennent à faire annuller par le parlement la concession de i346.

1 353. Vote de la part des trois états du bailliage de Vermandois d'un troisième subside pour la guerre qui se faisait contrôles Anglais; et ordonnance du mois d*août qui confirme et augmente les précédentes concessionsii

Le roi Jean donne Ghauny, Ouchy et d'autres terres h Philippe , son frère » duc d'Orléans , en échange du comté de Beaumont-lè-Roger. Béatrix de Saint-Pol , .dame de Nesle ^ était alors usufruitière de Ghauny ; on ne voit pas à quel titre.

i354* Quatrième subside voté par les trois étata du bailliage de Yermandois , et confirmation de leurs droits et privilèges , par ordonnance du mois de décembre. Réunion de la châtellenie d'Ouchy au comté de Valois.

1 355. Confirmation de la commune de Gys , Presles, Saint- Mard , Rhu et Les Boves. Les lettres sont données par le roi Jean , comme étant aux droits des comtes de Champagne. Louis XIV en donna de semblables en i66i , et Louis XV en 1740.

i3&8« Les paysans de la Jacquerie infestent le Soissonnais et le Laonnois. La noblesse, qu'ils voulaient exterminer , s'arme contre eux sous la conduite du sire de Couci , les taille en pièces et les disperse. Ils avaient détruit une centaine de châteaux aux extrémités des diocèses de Laon , de Soissons et de Noyon. •

Les Anglais saccagent Origny-Ste-Benof te , Crécy et Bruyères. Us surprennent le Château de Rouci et enlèvent la comtesse et sa fille. Maîtres de Montàigu et de

UISTORIQUE. 67

Vailly » ils en désolent les environs par leurs courses. Combat de Craonne où un de leurs corps est défait par Robert de Couci , seigneur de Pinon, et par le chanoine Robersart.

L'évêque de Laon , Robert Lecoq , trame , avec quelques habitans , un complot pour livrer cette ville à Teimemi. La conspiration est découverte ; et les complices de Lecoq sont punis de mort.

5g. Le Laonnois continue d'être le théâtre de la guerre. Sissonne est pris d'assaut par les Anglais. L'épithète de TeuUonique donnée à ce lieu dans une charte de 12^5 , est une preuve de sa haute antiquité. Combat de La Yalroi où les Laonnois sont défaits et le comte de Rouci fait prisonnier. Les Anglais échouent devant Crépy. Ils brûlent l'abbaye de Yauclair, insultent Laon, pillent les faubourgs et ruinent les dehors de la ville. Reprise des châteaux de Rouci , de Sissonne et de Saponay. Combat de La Malmaison , où le sire de Couci éprouve une défaite par la trahison des Allemands qu'il avait dans sa troupe. Pillage de Braineet duMont-Notre- Bame par un détachement Anglais. Le même ennemi brûle l'abbaye de Valsery. Si l'on en croit Daniel , un des généraux d'Edouard prend Saint-Quentin.

60. La paix de Bretigny,qui excite des transports de joie, ne garantit pas Chauny du double malheur d'être pillé alternativement par les troupes de l'Angleterre et de la France.

61 • La seigneurie de Ribemont est concédée au conné* table de Fiennes , qui ne parait pas l'avoir conservée loog^temps.

68 GHRONOLOGIB

i369« Le roi Jean fait à VilIers-CotterêtSy en juillet » un règlement fort étendu sur la profession de drapier.

i365« Il se passe» au château de Montaigu, ui\e scène du plus grand scandale , et qui fait mourir de chagrin le comte de RoucL Isabelle» saillie unique» qu'il refusait au marquis de Namur » se fait enlever par le seigneur de Rameru, son oncle maternel; et celui-ci qui favo%sait les prétentions du marquis » le fait épouser à sa nièce. Lettres de Charles^Y » alors régent » qui enjoignent au bailli de VermandoLs et aux deux prévôts de Laon , de contraindre » à la réquisition de l'évéque , les débiteurs en état d'excommunication depuis un-an» à s'en faire relever.

i365» On date comipunément de cette année l'institution d'un lieutenant du bailli duYermandois à Saint-Quentin^ et par conséquent la création du bailliage royal de cette ville. On a vu ci-devant qu'il y a lieu de croire ce premier démembrement du siège de Laon » antérieur à i346.

1367. G^ ^^ Blois» l'un des otages donnés au roi d'Angleterre» lui cède pour sa rançon le comté de Soissons; et ce prince en gratifie sur le champ Enguerrand Vil de Gouci» son gendre.

Le bourg d'Aisne et le château de Saint-Mard ou de Saint-Médard formaient alors une commune distincte de la ville de Soissons. On le voit par des lettres de Charles V » du 8 février » portant exemption des appeaux volages et fj^ivoles, en faveur des habitans de cette commune» moyennant une redevance annuelle de deux ous par feu.

i368. Enguerrand YII affranchit les habitans de vingt et un

HISTORIQUE. ;i

392. Guillaume de Harcigny » médecin de Laon , guéril le Roi de sa première nuJadie.

Mort de Blanche » fille de Jeanne , reine de Navarre > et épouse de Philippe^ duc d'Orléans. Cet éfènemeni fait rentrer Château-Thierri dans le domaine royal.

95. Arrêt rendu an parlement de Paris , en noTembre , par lequel est aboli Tusage bisarre du Laonnois qoi rejetait le témoignage des femmes dans les affaires civiles.

i* Gaucher de Ghâtillon vend au duc d'Orléans k chitellenle de Fère-en-Tardenois.

?• Extinction de la seconde maison de GmicI . par la mort d^Enguerrand YII , qui ne laisse que des filles.

Confirmation du titre de comté que portait la terre d'Anizy y à laquelle sont incorporées les seigneuries de Brancourt , Wissignicourt » Lizy , Pénancourt , Versigny et Achery-Hayot

i. Lettres du 6 juin , portant érection en pairie des seigneuries de Gandelu et de Fère^n-Tardeoois , en faveur de Louis de France» comte de Valois , frère de Charles YL Remarquons , en passant , qu*aa Ireixiëme siècle on vantait Tail de Gandelu.

»• Charles VI donne au duc d*Oriéans, son frère , alors tout-puissant» la ville deCbâtean-Thierri.ponr la tenir en pairie. Il parait qu'il lui donna aussi la ville de Chaony, puisqu'elle £ut partie des domaines que le duc avait assignés à son fik atné par son testament de i4o3. Le même duc d'Oriéansacquieri.de Marie de Cooci, femme de Henri de Bar , la baronnie de Coud , dont dépendaientleschâtelleniesdeMarleetdeLaFère; etaobtient des lettres qui portent quH la tiendra en pairie commr

tion dont ses fromages ont joui. Pldtine , qui écrirait en 1 509 , en parle fort avantageusement.

1579. L'archevêque de Reims cède au Roi la ville de Vailly, et reçoit en échange celle de Mouzon.

i38o. Le duc de Buckingham , entré en France avec une armée florissante , s'arrête quelque temps à Origny-Ste- Benoite, qu'il épargne à la considération de l'abbes^e. Il dirige ensuite sa marche par Grécy , Yaux-sous-Laon, Sissonne et Pontavert; et après avoir passé l'Aisne dans ce dernier lieu , il traverse le Soissonnais « et pousse ses détachemens jusqu'aux portes de Soissons. Sa présence est marquée partout par le pillage et l'incendiet.

i38i« Le Soissonnais a encore à souffrir des hostilités des Anglais.

i383. Isabelle de Rouci » dégoûtée et séparée du marquis de Namur , contre qui elle avait formé une accusation d'impuissance , vend le comté de Rouci et ses princlpavx domaines à Louis I. ^' , duc d'Anjou et roi de Sicile.

i388. Le cardinal de Mon taigu , évêque do La on, meurt subitement à Reims, non sans soupçon de poison , au moment où il conseillait au jeune roi Charles VI de prendre en main les rênes de l'état.

1389. Le vidamé de Laon est désuni pour toujours de la terre de Clacy , par la vente qu'en font , le 6 mai , Jean de Graon et Maile de Châtillon , à Ferri Gassinel , évêque d'Auxerre.

L'union de Ghauny à la couronne n'avait pas duré. Gette ville était rentrée dans h maison d'Orléans, ainsi qu'on le voit par une transacticin de 1 389 , passée entre la duchesse d'Orléans , les niaire et jurés de Ghauny, ^t les religieuses de Saint-Eloi-Fontaine.

HISTORIQUE. ;i

59s. Guillaume de Harcigny » médecio de Laon , guérit le Roi de sa première maladie.

Mort de Blanche » fille de Jeanne , reine de Navarre , et épouse de Philippe, duc d'Orléans. Cet événement fait rentrer Château-Thierri dans le domaine royal. )3. Arrêt rendu an parlement de Paris , en novembre , par lequel est aboli Tusage bisarre du Laonnois qui rejetait le témoignage des femmes dans les affaires civiles.

Gaucher de Chfitillon vend au duc d'Orléans la châlellenie de Fère-en-Tardenois.

Extinction de la seconde maison de Gouci » par la mort d^Enguerrand YII , qui, ne laisse que des filles.

Confirmation du titre de comté que portait la terre d^Anizy, à laquelle sont incorporées les seigneuries de Brancourt , Wissignicourt , Lîzy , Pénancourt , Versigny et Achery-Mayot.

Lettres du 6 juin , portant érection en pairie des seigneuries de Gandelu et de Fère-en-Tardenois , en faveur de Louis de France , comte de Valois , frère de Charles YL Remarquons , en passant , qu'au treizième siècle on vantait l'ail de Gandelu.

Charles YI donne au duc d'Orléans, son frère , alors tout-puissant» la ville de Ghâteau-Thicrri, pour la tenir en pairie. Il parait qull lui donna aussi la ville de Chauny » puisqu'elle fait partie des domaines que le duc avait assignés à son fils atné par son testament de i4o3. Le même duc d'Orléans acquiert. de Marie de Couci, femme de Henri de Bar , la baronnie de Gouci , dont dépendaientles chfitellenies deMarle etdeLaFère; et il obtient des lettres qui portent qu'il la tiendra en pairie comme

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