SOUS LA SECONDE BBANGHE DES VALOIS
iSi5. François I.^ et Claude de France montent sur le trône , au moyen de quoi la moitié du comté de Soissons et la baronnie de Couci font retour au domaine royal.
i5i8. Fondation de l'abbaye des Religieuses du* Calvaire , à La Fère*
i52o. François I.** fait bâtir le fort du Catelet sur le terri-
toire de Gouy. Fin des contestations .qui existaient depuis un siècle , au sujet du comté de Guise , entre les maisons de Lorraine, de Luxembourg» d'Anjou , de Rohan et le Roi. La propriété reste au célèbre Claude de Lorraine » tige de la maison de Guise.
Lettres patentes du 25 mai , qui autorisent le Prévôt des mardiànds et les échevins de Paris , à rendre la rivière d'Ourcq navigable.
, i52i. Les Impériaux» après avoir levé le siège de Mézières
saccagent £trée-au-Pont , pillent Saint-Michel , brûlent Âubenton , et en passent tous les habitans au fil de Tépée.
l522. Six mille aventuriers , qu'on nommait* les six mille diables y commandés par un nommé Marloud, se présentent au^ portes de Soissons. On les leur ouvre sur la promesse qu'il ne serait fait aucun tort aux habitans» La ville n'en est pas moins mise au pillage. La capitulation avait été consentie par les seuls échevins , qui , depuis quelque temps s'étaient emparés de toute l'administration , et ne laissaient au pjrévôt que le stérile honneur d'une vaine presséance»
Translation de l'abbaye de Sainte-Glaire à Chauny.
i523« Incursion des Anglais dans le Vermandois. Us mettent garnison dans le château de Bohain, qu'une terreur panique avait fait évacuer, La Trimouille le reprend » et fait la garnison prisonnière.
1 524* Fondation du chapitre de Berzy.
i525. Après la fatale journée de Pavie et pendant la captivité du Roi 9 un corps d'impériaux sorti du Hainaut se jette sur la Thiérache et le Laonnois. Marie est pillé et brCdé , ainsi que nombre de villages voisins.
l526. Concession de Ghâteau-Thierri , à titre d'engagement , .par François h^ à Robert de la Mark, depuis maréchal de Fleuranges.
1628. Erection du comté de Guise en duché-pairie , avec incorporation des terres et seigneuries d'Aubentoir, Martigny , Anyes, Hirson , Le Nouvion , etc.
L'église de Saint - Paul - lès -Soissons devient une abbaye de Filles par la substitution d'une communauté de Religieuses à unchapitre collégial.
HlSTaRIQUS* 89
Déclaration du i3 décembre, qui autorise le Prévdt des marchands et les échevins de Paris à faire les dé* penses nécessaires pour établir la navigation de l'Ourcq. Elle reste sans exécution*
Le fondateur d'une des plus grandes sectes du Christianisme , le c^èbre Calvin» figé alors de 18 ans » était curé de Marteville; il avait reçu sa première éducation au château de Genlis.
5o. ' Hirson est attaqué par les Impériaux au commencement de cette année , au mépris du traité de Cambrai conclu dès le mois d'août précédent. La belle défense de la place ne leur laisse que la honte d'un acte de mauvaise foi.
•33. François I.** &it fortifier La Capelle ; et cette chétive bourgade devient une des bonnes places de la frontière.
i35« Le Roi marque son séjour à Couci , par une ordon* nance du 1 8 juillet sur le guet , la manière de remplir ce devoir 9 et les personnes qui en sont exemptes. Les 37 et s8 du même mois, deux ordonnances» ï'une sur les baillis et sénéchaux, l'autre sur les conseillers-clercs du parlement de Paris, sont rendues à Villers-Cotterêts, et font foi que François h^ occupait dès lors la maison de plaisance qu'il venait d'y faire bâtir, pour prendre le divertissement de la chasse.
Le comte de- Nassau qui , l'année suivante , fit beaucoup de mal à la France , épouse à La Fère la fille unique de Pbilbert de Châlons, prince d'Orange. C'e&t par ce mariage que la principauté d'Orange tomba dans là maison de Nassau.
$36. LcA Impériaux font , sous les ordres du comte de Nassau ^ une irruption en Picardie. Ils s^emparent de
9^ GHRONOLOCrE
Bobain : ils surprennent Guise » dont le château se rend ensuite > sans s*étre déli^du. Us se présentent sous les inurs de Saint-Quenttn qu'ils n'osent atta<{ner. Ils vont enfin échouer contre Péronne. hb bourg et rabkaye de Saint-Micbd ^nt pUléd pai* Uà 4d leurs partis.
1 537. Ordonnance rendtie à Fèi«e-M*-Tai4eiiois , le s€ »fai > pour la punitîéB des éftiftiités et plBa^ eoti&ûiis par les gens de guerre et les aventuriers.
1539. Fondation du chapitre de Saint-Louis » à La Pire. Celui de Saint^Montain y existait dès le oftatième siècle. Six ordonnances sont rendues à Vi|lers-Cott6rôts » an mois d'août , dont deux célëbreà » Tune en 19s articles sur l'abréviation des procès , l'autre en 39 artielee sur les matières civiles et criminelles.
Villers-Gotteréts rappelle l'origine d'une mode qui avait quelque chose de bizarre dans un pays où la politesse et l'élégance commençaient à s'introduire. Dans un voyage d'hiver , François L^ et les Seigneurs de sa suite s'amusaient à se jeter des pelottes de ^^ge : une où s'était glissée une petite pierre, l'atteignit au menton» et lui fit une bleséure dont il resta la cicatrice» Cette l^ère difformité lui déplût. Pour la dissimuler » il fit revivre Tusage de laisser croître la barbe.
i54o. Il conduit Charles-Quint jusqu'à Saint-Quentin , et l'en laisse partir, sans avoir pris de lui aucune sûreté pour l'exécution d^nn traité qu'Us venaient de condure, et qui demeura sans effet pour la France. Ordonnance sur la police de Paris , rendue à La Fère, le 98 janvier. Le cardinal de Bourbon fait construire le magnifique château d'Anizy.
i542f L'ennemi pousse quelques partis dans la Thiérache :
ïe bourg ei l'abbaye de Saint-Michel sont encore ravagés. Les flammes détruisent presque entièrement Tabba je de Foigny.
Siège de Bohain par les Impériaux. Ils le lèvent , en apprenant qu'un de leurs corps vient d'être débit par Brissac auprès de Guise. Cette ville assiégée à son tour deiu mok après » est aussi délivrée par le succès que la garnison obtient près de Bohéries , sur une partie de Famiée assiégeante.
Chfiteau-Thierri est engagé à Thierri de Lénonconrt
I^usieurs ordoiùiances , dont une concernant l'université de Paris» sont rendues à Villers - Gotterêts^en )ttin.
Le bourg et l'abbaye delSaint-Michel éprouvent, pour la troisième fois depuis huit ans , la fureur de l'ennemi. Charles-Quint pénètre par la Champagne , prend ChâteaurThierri , où son armée trouve les vivres dont elle manquait , occupe Soissons , s'avance jusqu'à ViUers- CoQcfrêts , et menace Paris. Mais tenu en échec par une aÂuée tpi grossit tous les jours » U sent qu'il s'est engagé trop avant. Un de ses détachemens avait échoué devant Neuitty-nSaint-Front; ce qui avait valu aux habitans la confirmation dé leurs privUéges , dont le principal était de tenir leurs héritages en frano-alen. Premières conférencea à Soissons dans l'abbaye de Saint-Jean-des- Vignes. Piaix de Crépy-en-Lfaonnois , contre laquelle le Dauphin proteste et que le parlement de Toulouse improuve. La date du traité portant ces mots , au lieu de Cre$pi - an -* Laonnois , détruit tout ce qu'allègue l'historien du Yalois en faveur de l'autre Grépy.
Neuf ordonnances sont rendues à Yillers-Gotterêts»
gs CHRONOLOGIE
dans le mois d'août; Tun^d'elles û%e les droits d'^entrée da yin à Paris.
i546. 1.^ avril. Marie de Luxembourg» veuve de François de Bouiiion-Vendôme , et bisaïeule de Hensi lY, meurt à La Fère. Cette princesse doit être considérée eon^ne la fondatrice de la manufacture de Saint-Gobain , qui dans le principe , n'était qu'une verrerie qu'dle avait créée.
26 novembre. Ordonnance sur le taux des vivres et rétablissement des mercuriales , donnée à Folembrai. François L~ affectionnait ee lieu : c'est lui qui en avait fait bâtir le château.
l547* Château-Thierri est concédé à Robert II de la Mark » dit le Maréchal de Bouillon.
Henri il qui s'était arrêté à Villers-Gotteréts en revenant de se faire sacrer » j rend quelques édits, l'un desquels concerne les privilèges de la chambre des comptes de Grenoble.
l548. 7 août. Naissance, à Sissonne , des deux célèbres jumeaux , Nicolas et Claude de Rouci » lesquels firent l'admiration de leurs contemporains par leur prodi^ gieuse ressemblance de corps, d'esprit, de caractère et de penchans, et par la conformité non moins singulière des évènemens de leur vie.
i549* Supplice de Jacques de Couci-Vervins accusé d^avoir rendu lâchement Boulogne aux Anglais. Nicolas dé Bossut-Longueval n'échappe à la proscription qui pour^ suivait les favoris de François I.^, qu'en cédant au cardinal de Lorraine sa terre et sa b^le maison de Marchais.
Le calvinisme commence & s'introduire dans le Laon-
HISTORIQUE. gS
DOIS. Seê sectateurs trouvaient un asyle dans le châteaufort d'Anlnois appartenant au comte de Rouci.
Ss. Le comte d*Apremont s^ëtant déclaré pour rAutriche» dans la guerre qui s'était rallumée en i55 1 , deux ofBciers français ruinent son château. Irruption du comte de Rœux h la tête de fyy compagnies d'infanterie et de sooo chevaux. Il brûle Vervins , où les flammes n^épargnent qn^uiœ seide maison. Marie , Ribemont , Origny- Sainte-Benoîte ne sont guères moins maltraités. Il lente d'emporter La Fère par un coup de main , et détruit un couvent d'Annonciades situé hors lesi murs* dhauny et le château de Folembrai éprouvent ie même sort que Yervin». Sept à huit cents villages sont dévastés. L'ennemi s*achame particulièrement sur ceux qui appartenaient au duc de Vendôme. Cette barbare expédition fut le fruit de la colère d'une femme. Marie , reine de Hongrie, l'ordonna , pour se venger de ce que les soldats de Vendôme avaient chansonné sa bienveillance pour le plus beau seigneur de sa Ct>ur.
Création des sièges présidiaux , dont le premier est établi à Laon, et un autre à Chateau-Thierri.
153« Edit de février , registre le g mars , par lequel le duc de Guise obtient que sa ^ché-palrie-soit soustraite h la juridiction du présidial de Laon. Cet édit reste sans exécution pendant plus de deux siècles.
Henri II , qui passa les mois d'octobre et de novembre à Villers^otteréts , y rendit un grand nombre d'ordonnances » parmi lesquelles il sufEra de noter un célèbre édit sur les /tailles et aides ^ et un autre touchant le rachat des rentes foncières dues sur les maisons des villes et ËEiubourgs*
i554* Deux armées françaises se réunissent à Crécy et à Etrée-aU'Pont; c'est de là qu'elles partent pour attaquer leHainaut > où elles exercent de rigoureuses représailles sur la maison de plaisance de la reine de Hongrie et sur le château de Rœi£L Henri H , pour se ra{^rodier du théâtre de la guerre , vient passer une partie du mois de juin à Laon et à Marchais , et y rend deux ordonnances. Tune sur la juridiction des prévôts» Tautresur les receveurs des tailles. Une autre rendue à Yillers- Cotteréts, en septembre, concerne la matière bénéficiale.
i555. ^9 octobre. Bemontrances faites au Roi , à Yillers- Cotterêts , par une dépntation du parltmeat , contre les procédures des inquisiteurs de la foi , qu'une déclaration du i4 mars autorisait. Heari remercia les députés de leurs expUcations.
i556. 24avril. Deux ordonnances rendues à Villers-Cotterêts concernent le service du ban et de l'arrière-ban. Dans' le mois d'octobre, réfbrmation des coutumes du Vermandois.
i557« Une grosse armée e^agnole, à laquelle les Anglais devaient se joindre, entre en France par laThiéracfae, et livre aux flammes, sur son passage,' les places de La Gapelle et de Vervins,les abbayes de Saint-Michel et de Môntreuil. Elle fait mine ensuite d'attaquer Guise, pour détourner l'attention de son véritable dessein , et au bout de trois jours elle va, le s aoih, investir Sainte Quentin , après avoir brûlé l'abbaye d'Origny. Une armée de Français s'assemble à Pierrepont , sous les ordres du connétable de Montmorenci , et marche au secours de Saint-Quentin. Le lo août, bataille dont la
fiineste issue permeltait à rennemi de pénétrer jusqu'au cœur de la Franoe » s*il eût su profiter' de sa YÎctoire. Les dâiris de l'armée vaincue se rallient sous les murs de Laon* Saint - Quentin » défendu par Tamiral de Colignj, est pris d'assaut le 37 août. Beaurevoir, dont le gouyemeur Jean de Récourt avait enlevé un convoi aux Espagnols » tombe ensuite en leur pouvoir, ainsi que le Catelet et Chauny : ils évacuent Chaun j en novembre, après l'avoir brûlé.
Le Roi avait passé à Villers-Gotteréts une grande partie des mois d'avril et de mai , et y avait rendu neuf ordonnances. La plus remarquable est celle du i.*' mai, qui oblige, sous peine de saisie de leur temporel, les évêques et autres ecclésiastiques ayant charge d'fime , à résider , prêcher et catéchiser.
Après la dé&ite de Gravelines, des forces considérables furent rassemblées à Piierrepont , et après avoir été passées en revue par le Roi , allèrent camper sur les bords de la Somme. Tandis que les deux armées s'ûbservaient mutuellement , des partis ennemis ravageaient la Thiérache et le Laonnois , et menaçaient jusqu'aux &uboui^ de Laon. Parmi les lieux qui souffrirent le le plus , on cite Rosoy-, Montcomet et Pont-à-Bi|cy.
Quatre ordonnances attestent les séjours que le Roi fit à Yillers-Cotterêts, en mars et septembre. C'est à deux d'entr'elles , rendues au mois de mars , que la juridictîoB souveraine des eaux et forêts , dite la Table de marbre , a du son existence et ses attributions»
Traité du Cateau-Gambresis , par lequel la France obtient la restitution de Saint-Quentin et du Catelet.
Il sort dé Villers-Cotterêts , fJkjàoiA et septembre , six
g6 CHRONOLOGIE
ordonnances , parmi lesquelles il est bon de remarquer
telle du 4 septembre qui , pour arrêter les progrès du
calvinisme , défend les assemblées secrètes et les con-
yeniicules nocturnes» et ordonne que les maisona, où
ils auront été tenus , seront rasées.
i56o. Les calvinistes de Laon commencent à y pratiquer
ouvertement leur culte»
i56i« Cet exemple suivi à Soissons y cause quelques trou- ^ blés. Les religionnaires sont chassés et leurs temples
démolis. \
iS62* Quelques ministre^ protestans ayant prêché dans
Saint-Quentin , le chapitre en porte des plaintes à la
Cour; et un édit d'avril défend dans cette ville Texercicei
de la religion réformée.
Lettres du i4 mai , portant don à Catherine de
Médicis, de plusieurs grandes terres , du nombre des*
quelles est le comté de Soissons » pour en jouir à titre
de douaire.
Cette princesse reprend pour son propre compte le
projet de rendre l'Ourcq navigable , et le réalise en
deux ans , mais seulement pour des bateaux de petites
dimensions.
i563. Charles IX, passant à Mons-en-Laonnois , fut obligé
de s*y arrêter la nuit dans la maison d'un nommé Jésu;
et il y courût risque de la vie, parce que le plancher de
la chambre où il était couché vint à fondre. Des mé- . moires placent ce fait dans le château de Moy. Si
Henri III était dès lors monté sur le trône , la Saint-
Barthelemi souillerait^lle nos annales ?
j564« Edit de Roussillon qui ordonne que Tannée civile
commencera désormais avec le mois de janvier : ce qui
ne s*exécuta , dans le ressort du parlcmeut de Paris, qu'à compter du i.*' janvier 1 567. Du temps de Charlemagne» Tannée française s'ouvrait à Noël ; l'usage, qui en Gxait l'ouvertnre à Pâques, prit naissance vers Tonzième siècle. Nos rois dans leurs diplômes , et le parlement de Paris dans ses actes , l'ont fidèlement observé. Il n'en a pas été de même dans les provinces. L'ancienne coutume était encore suivie à Soissons dans le douzième siècle : L'Art de vérifier les dates cite une charte de l'évêque Josselin^ qui fait partir l'année du jour de la Nativité, c'est-à-dire, de Noël. Dans la suite, on s'y était rapproché de la pratique générale; mais on l'avait modifiée de manière à éviter les variations résultantes de la mobilité de la fête de Pâques : le premier jour de l'an y était toujours le 18 mars. Tel était aussi l'usage du diocèse de Laon. C'est ce que constatent , pour Soissons , un ancien bréviaire manuscrit dont il nous a été donné connais-' sanee, et pour*Laon, un ancien livre de collectes, aussi manuscrit, qui est à la bibliothèque de cette ville. Ces Ëûts ne doivent pas être ignorés de ceux qui veulent connaître avec exactitude l'année où ont été passés d'anciens actes dans l'un et l'autre diocèse.
66* 8 fé?rier. Lettres patentes qui érigent en pairie Château-Thierri , avec Châtillon et Epcrnai , en faveur de François , duc d'Alençon , en les lui concédant en apanage.
Grand concours à Laon , pour assister aux conjurations d'une fameuse possédée , vulgairement nommée NiceU dô Fervins. Le duc de Montmorenci , gouverneur de la province , interpose son autorité , pour faire
cesser un spectacle auquel les religionnaires irouyaient un but hostile.
L'évêque de Laon est maintenu dans la possession du titre et du rang de second pair de France, -que Tévêque de Langres lui contestait.
1567. Ls^ cour était à Saint-Quentin le 23 août, et y laissait des traces de son séjour par une ordonnance sur les grands jours de Poitiers. Le lo septembre, une autre ordonnance rendue à Fère-en-Tardenois , dans le 'but &e maintenir la tranquillité publique , défendait , sous peine de la vie, toutes levées et contributions de deniers, ports d'armes et assemblées illicites.
Quelques jours après, la guerre civile éclate avec fureur , et le signal part des contrées qui forment le département de l'Aisne* Genlis , et Bouchavanno , Seigneur de Quincy , le donnent de concert avec le prince de Gondé. C'étaient de grands propriétaires , que l'histoire renomme parmi les plus fameux chefs du parti calviniste. Le 26 septembre , après avoir assemblé secrètement des troupes , ils marchent la nuit vers Sqissons, surprennent cette ville le 27 , et en font leur place d'armes. Les églises y sont livrées au pillage, ainsi que les abbayes de Prémontré , de Saint-NicolasauX'Bois , de Valsery , de Longpont et la Chartreuse de Bourg-Fontaine. Le château du Mont-Notre-Dame est emporté d^assaut et détruit. Dans les premiers jours d'octobre , Vailly , Couci et Chauny sont aussi enlevés aux royalistes. Le 10 novembre, un corps considérable de protestans surprend Bruyères , vient sommer Laon, et ne se retire qu'après avoir mis le feu au faubourg d'Ardon« La garnison de Soissons soumettait dans le
même temps toutes les places enTironnantes , telles que Braine , Fère , Gœuvres , Vîc-sur-Aîsne , etc. ; mais elle échouait à La Éerté-Milon,
8 février. Lettres patentes par lesquelles Charles IX délaisse à Catherine de Médicis , sa mère » les terres et seigneuries de Château - Thierri et de Châtillon - sur- Marne , pour Findemniser du dbché de Bourbonnais et de la seigneurie de Montereau , donnés en apanage à à Henride France , duc d'Anjou.
Il se fait de part et d'autre » dans le pays » des courses ayec des succès divers , jusqu'à la pacification du .35 mars. Ainsi » tandis que la garnison de Soissons faisait capituler celle de Fismes , commandée par le seigneur d'Erlon ^ celui-ci , en se repliant sur Laon , surprenait le château de Pontarsy. La paix remit les choses dans l'état où elles étaient avant la guerre. En conséquence, les garnisons calvinistes évacuèrent les places qu'elles occupaient.
Quelques mois étaient h peine écoulés , et déjà on avait repris les armes. Gcnlis ayant remis des forces sur pied-, battit la campagne sans obstacle de la part des royaUates. Il brûla les églises de Crécy , de Pouilly, de NouVioii-rAbbesse , de Dercy , de Dizy et de beaucoup d'antres' lieux. Il fit sur Soissons une tentative infructueuse. Furieux de cet échec , il s'en vengea > en ravageant les terres et ruinant le château du seigneur de Sainte-Preuve , gouverneur de Soissons ; et celui-ci usa de représailles sur les propriétés des ^enlilshommes du parti calviniste. Genlis voulut ensuite s'ouvrir un pifissage parles Ardenpes , et pénétrer jusqu'à Liège : mais' U fut repoussé par le duc d'Albe. Revenant aloi^s
par le Vermandois , il saccagea les environs de Sainte- Quentin , et les villes de Ribemont et de Crépy. Le prince d'Orange vint le joindre à Soiasons sur la fin de novembre; et comme ils en voulaient surtout aux lieux consacrés par une dévotion particulière, ils ne quittèrent lepaysy pour gagqer T Allemagne , qu'après avoir dévasti^ les églises de Liesse et de Corbeny.
1S70. Le 1." janvier. Robert de Bossut » bailli de Vermandois 9 est assassiné pendant la messe , dans Téglbe de Lierval dont H était seigneur , par son héritier présomptif, qui était h la fois son neveu et son beau-frère.
Deux ordonnances sont rendues à Villers-Gotterêts , le 2g décembre, dont une, en 4^ articles , excite des réclamations de la part des protestans , qui soutiennent qu'elle change , falsifie ou annulle plusieurs de$ articles de l'édit de pacification de Saint-Qermain.
iSji, 23 janvier , suivant de Thou, et suivant d'autres , le 24 décembre 1570, le Roi reçoit à Villers-Cotterjêts une célèbre ambassade des princes de la coafesslon d'Ausbourg. Elle venait 1q complimenter sur son mariage avec Eli^beth d'Autriche , et l'exhorter à faire observer religieusement la paix de Saint-Germain.. La harangue des ambassadeurs était un plaidoyer éloquent en &veur de I4 liberté de conscience. Le Roi répond qu'il se fera un plaisir 4e suivre leurs avis salutaires. La Saint- Barthelemi a prouvé combien il fut fidèle à cette promesse.
1572* Troubles dans le diocèse de Laon , ouïes calvinistes
s'assemblent sous la conduite du baron de Renti et
du sieur de Jumelle , et commetteut de srands désordres. La pacification de Boulogne, du 5 jgillet , dut les
faire cesser : elle n'était , au reste » qu'un piège pour les religionnaîres. Il semble que l'horrible événement du s4 soût devait faire couler le sang à grands flots dans un pays oii ils étaient fort nombreux. La crainte qu'ils inspiraient les sauva. Trois seulement périrent h SoissoDà y et la tranquillité publique n'y fut point troublée. Mais Gondé avait péri h Jarnac ; son fils était au pouvoir de la cour; Genlis n'était plus; et Bouchavannc» à qui l'on avait fait grâce de la vie, garda sa parole de ne pas remuer. Remarquons, à l'honneur de Saint-Quentin, que Jean.Hennuyer y vit le jour.'
[S, La cherté du blé étant excessive , Charles IX , par une déclaration donnée h Villers-Cotteréts , prohibe l'exportation du vin et des grains, etiléfend de porter de riches habits.
;4* Sous le règne de HeÂrl III , qui succède à Charles IX, lé commerce de grains ciommence à prendre quelque impori;ance à Soissons.
1^* Un corps d'AUemans, que le prince de Gon^é envoyait au duc d'Alençon et quel commandait Montmorenci-Thoré, est attaqué et défait près de Château-Thierr i , par le duc de Guise. G*est là que Guise reçoit cette blesëure , d^oû lui vînt le surnom de Balafré. L'apparition des étrangers fait éclater des mouvemens dans les environs de La Fère , où les partisans du prince de Cohdé brûlent le village de Servais.
lî^. Origine de la Ligue , dont on*prétend que la première idée fut conçue dans le château de Marchais appartenant au caMinal de Lorraine. Les villes de Picardie , du nombre desquelles était celle de Saint-Quentîn, y entrèrent des premières. Les. hostilités recommencent. Un
parti calviniste > sorti de Champagne , vient livrer aux flammes le bourg de Dizy , où elles dévorent , avec Téglise y le curé et une partie des habitans qui s'y. étaient réfugiés.
Premiers états de $lois,où le bailliage de Vermandois fut représenté par Bodin , alors conseiller au présidial de Laon. La célébrité de ce grand publiciste ne se fonde pas moins sur l'éloquence et la sagesse qui en firent l'oracle de cette assemblée , que sur son livre de la République,
Don , par lettres de février , à Diane , légitimée de France, épouse de François, duc de Montmorenci»pair et maréchal de France, des terres de Gouci,Folembrai, etc. , avec faculté de rachat perpétuel. Le vin de Couci jouissait alors d'une grande réputation. Lesrois leréser^ valent pour leur bouche, au dire dePauImier, médecin de Charles IX. Le Prœdium rusttcum de Yanière le célébrait encore dans le milieu du siècle dernier. i577» 4 février. La ligue est signée à Laon par une partie de la noblesse du Vermandois , qu'avait convoquée, en ▼ertu de lettres patentes de Henri III , le maréchal de Montmorenci , gouverneur de la province. Elle députe vers le Roi, Guillaume de Miremont, seigneur de Berrieux, et Louis Duglas , seigneur de Ployart.
Il était d'usage à Laon do tirer des geais , le jour de la mi-carême, dans le champ Saint-Martin : on en appelait un le Geai des raaulx proufltans , c'est-à-dire , des mal enrichis* Il se faisait alors un appel des habitans qui lavaient cette réputation ; et un jugement populaire banissait de la ville ceux dont la fortune avait paru trop scandaleuse. Un jeune homme, que son parent avait
HISTORIQUE. lo5
cité pfiir plaisanterie , tue en duel le mauvais plaisant. Les lettres de grâce qu'il obtint en mai iSyy» constatent Tusage singulier dont il vient d'être parlé.
La belle et voluptueuse reine de Navarre » qui voyageait alors , comme la poésie peindrait Vénus allant présider les fêtes de Paphos, s'arrête hLaFèrc, enocto* bre , et y passe deux mois dans les divertisscmcns. Le duc d'Anjou , son frère » était venu l'y joindre. Il y confère avec des députés Belges , qui l'invitent à se mettre à la tête de la révolution des Pays-Bas » et qui n'ont pas de peine à i'y faire consentir. L'expédition qu'il commanda quelques mois après , y est concertée.
Incursion des Espagnols qui enlèvent les forts de Verte-Vallée, de Montcornet» de Ta vaux et de Pierrepont. Don Juan d'Autriche l'ordonna par représailles des secours que les insurgés Belges venaient de recevoir du duc d'Anjou. On voit que les Espagnols ne crurent pas la cour de France étrangère à l'entreprise du prince français » V qu'ils n'étaient pas sans prétexte plausible» pour intervenir dans les troubles de la ligue.
Charles de Longueval , abbé de Nogçnt , qui avait embrassé le calvinisme » et s'était marié en 1 565 , est attaqué par Jean de la Grange , nouveau titulaire de Tabbaye , qui veut l'expulser à main armée , et qui est vaincu. A la suite de sa victoire , Longueval fait occuper l'abbaye de Nogent par un prête-nom , jusqu'à ce qu'il ait pu y faire nommer un de ses fils à peine adolescent? et il s'empare de la terre de Crécy-sur-Nogent, qui, après, lui 9 a passé à sa descendance..
Jeanne Uarvillers est brûlée vive à Bibemont, comme sorcière et comme empoisonneuse. Son J4jgemenl devient
le sujet d'une controverse entre l'auteur du livjre De prestigiis , qui ne croit pas aux sorciers , et l'auteur de la Démonomanie , qui soutient Topinion contraire.
157g. Le prince de Gondé se rend maître de La Fère par surprise.
Artnand Grommelin apporte , de Gourtrai à Saint- Quentin , la fabrique des linons et batistes » qui bientôt y remplace les manufactures de draps.
i58o. Le 6 avril, sur les cinq heures du soir , tremblement de terre qui jette l'épouvante à Laon , à Ghaunyet dans les pays circonvoisins. La peste, qui fait déserter Paris> emporte à Laon six mille personnes , au dire de l'historien de Thou.
La Fère, attaquée par le maréchal ,de Matignon , ne se rend qu'au bout de deux mois. Ge siège , où se trouvaient tous les jeunes seigneurs de la Gour qui y rivalisèrent de magnificence , fut appelé le $iég& de velours. On y fit , dit-on , le premier usage des boulets rouges.
i584« Le duc d'Anjou , qui prenait alors le titre^ve. duc de Brabant, reçoit en mai , àGhâteau-Thierri,une députation des états du Pays-Bas qui l'assurent de leurs dispositions à le reconnaître pour leur souverain. Il meurt, dans cette ville , le 10 juin ; et par sa mort la principauté de Ghâteau-Thierri rentre'dans ledomaine de la couronne. Paulmier était alors le médecin, de ce prince. Il est curieux de l'entendre parler des vins de Ghâteau-Thierrî. Ils sont, dit-il, agréables, mais tellement dangereux > que la plupart des habitans ont la goutte dès leur tendre jeunesse, et meurent avant d'avoir atteint l'âge d'homme. .
i585. Les ligueurs ayant résolu de faii!^ I9 guerre aux protestans » cherchent à se rendre maîtres des^^p laces fortes.
HISTORIQUE. lo5
Le duc d'Aumale tente , sur la fin de mai » de se faire recevoir dans Laon , dont le gouyerneur était d'intelligence ayec lui. La vigilance des habitans fait échouer cette entreprise. Traité de Nemours > du 7 juillet, par lequel le Roi accorde à la ligue plusieurs places de sûreté, du nombre desquelles est Sois^ons.
. Erection de la terre de Cœuyres en marquisat.
Lea habitans de Braine obtiennent du Roi la permission de fermer de murs la ville et le faubourg de Saint- Bemi. .
Dans la nuit du 37 mars , un parti de protestans venu de Champagne, tente d'^ever Soisspns aux princes lorrains. Il est découvert et mis en fuite , au moment où il préparait l'escalade de la place.
Le duc de Guise et tous les princes ligués tiennent conseil à Soissons. Le Roi instruit que le duc se propose de venir à Paris où sa présence devait être du plus grand danger, lui députe^ l'un après l'autre. Pomponne do Bellièvre et La Guiche, pour le détourner de ce dessein. Inutile conférences à ce sujet. L'arrivée de Guise à Paris -produit la journée dés barricades. Il se fait assurer la )oiHSsance de Soissons. Ghâteau-Thierri était aussi à lui dans ce temps -là. Prise du château, de La Ferté- Afiic» par les ligueurs. Balagny échoue dans la tentative de s'emparer de Saint-Quentin pour la ligue. IL se rend maître 4e Bohain.
L'autorité de la ligue s'établit à Laon , le 1 7 février ^ par la violence des factieux; et le 20, les. habitans de Saint-Quentin , qui avaient rompu leurs liaisons avec ce parti , juraient au Roi une fidélité qui ne se démentit pas. Le pays hérissé de forteresses devient le théâtre
d*iine petite guerre.» où les succès se balancent» et que la cruauté souille souvent» Le 9 mars , Pierrepont est surpris par Gardaillac , officier royaliste. Ribemont se rend par composition le i5 à Balagny. Marie lui ouvre volontairement ses portes, se rendant ainsi coupable de rébellion envers le Roi et de félonie envers son seigneur. Balagny parcourt le Laonnois et y prend Pierrepont, Aulnois; Bruyères et Grépy. Cette dernière viHe, sommée quelques jours auparavant par les ligueurs de Laon , d'adhérer à la ligue » avait rejetécette proposition avec mépris. Elle fut reprise dès te lendemain par La Foucaudière » brave officier y>yaliste , qui eu fit une place d'arme& fbrt incommode pour Laon.
g. VIIL
^US hk BRANCHE DE BOURBON.
1 589* La mort tragique de Henri III ne fait qu'accroître les^ prétentions et les fureurs de la ligue. La religion n'est qu'un prétexte qui couvre les vues ambitieuses de ses che&. Le i5 septembre, La Foucaudière surprend le fort du Sart-l'Abbé. Les ligueurs s'en dédommagent , deux jours après , par la surprise du Bassinet, autre fort voisin de Crépy. Mais ils échouent contre Grandelain le 34» et.La Foucaudière reprenait le Bassinet le 27 et le Sart-1'Abbé le 28. Le 16 octobre, Maignelaiet Gouy d'Arsy , officiers ligueurs , surprennent la ville de La Fére ^ le même jour > La Foucaudière enlevait Pierrepont à la ligue. Dans le mois, suivant , il lui fit perdre aussi Crécy , Saint-Lambert et Erlon, tandis que -les ligueurs brûlaient Vcndeuil, chassaient quelques soldats
n'ignorât point que le seigneur avait une sauve-garde du duc de Mayenne : l'attaque est poussée avec une telle vigueur, que les assiégés sont réduits à se rendre à discrétion j Rieux fait pendre la plupart d'entre eux. Après la conquête de Noyon » les Espagnols se rendent maîtres aussi de Bohain , tandis que d'un autre côté Hirson tombait au pouvoir du Roi.
Nouvelles conférences à Laon entre les ambassadeurs d'Espagne et Mayenne » où de part et d'autre les reproches et les menaces ne sont pas épargnés.
Lameth, gouverneur de Gouci, qui avait fait son accommodement vers le mois de mars , ne l'exécute que le i.^ mai par la reddition do la place. La Gapelle, investie le s5 avril par Mansfeld , capitule le 9 mai, Hirson est dans le même temps recouvré par les ligueurs. Le Roi p qui n'avait pu arriver assez à temps pour sauver LaCapelle, attaque les faubourgs de Guise , les emporte après une action. sanglante, et les brilde en se retirant* Il investit Laon le 25 mai , et d'emblée se rend maître des faubourgs et du fort de Saint-Yincent, Une armée ennemie arrive au secours de la ville : Henri avait pensé être surpris par elle à Saint-Lambert. Il se livre au bois de Gemy un combat vivement soutenu 4o part et d'autre. Le grand convoi parti de La Fère est détruit par Biron , à la suite d'une action brillante ; et le manque de vivres force l'armée de secours à la retraite. Laon , après une défense opiniâtre , ouvre ses portes le s août.
Pendant le siège , le Roi .avait reçu , en juillet » la soumission de Ghâteau-Thierri et confirmé les privilèges delà ville* Pareilles soumissions lui étaient parvenues delà part de. nombre d'autres villes. Il avait ratifié.
tombent ensuite au pouvoir cle Mayenne. A-peu-prè» dans le même temps , Tabbaye déYauclerc » dont Tabbé auait refusé d'adhérer à la ligue , est misé au pillage par lès ligueurs. Fère-en-Tardénois , dont Mayenne s*était emparé, e^i repris par Maulevrier , capitaine royaliste. te 24 août , Joyeuse , comte de Grandpré , range Aubenton sous la domination de la ligué. Si.égedeBraine par les lljgueurs sur la fin du«méme mois , lorsque le duc de Parme marchait âù secours de Paris : îl est levé moyennant une somme d'argent. Dans la nuit du 17 au 18 septembre , une tentative desroyafistes sur Laon ne réussit point. Dans le mois d'octgbre , Jérôme Hennéquin, évêque deSoissohs, chassait honteusement de cette ville l'abbessè de Notre-Dame, Catherine de Bourbon , tante du Roi , sous prétexte qu'elle travaillait à feire soidever les Habitant; Saint-Pol, capitaine royaliste 9 désolait la Thiérache ; et un détachement de la garnison royaliste de Couci emportait le fort de MbnampteuiL YersJe même temps, le château de Vic-sur-Aîsne,. qui avait reçu une garnison ligueuse, est emporté d^assaut par d'Humières : les ligueurs sont passés au fil de l'épée, et la place livrée au pillage. Château-Thierri était rcipitré sous l'obéissance du Roi. Pour le mettre à Pabfi de toute entreprisé de la part du duc de Parme , qui le menaçait, après avoir fait lever le siège de Paris, et qùî y avait des intelligences, Laf Noue a ordre d'y remplacer Pinard, vicomte de Comblizy. Quelques détachéinens sont chargés de harceler l'ennemi ; et le s 2 novembre , l'un d'eux écrase un régiment espagnol auprès de Château-Thierri. Le Roi s'avançait lui-même , pour éiiivre le mouvement rétrograde du duc de Parme. Le'lt6 j
IIISTOIUQUE. 109
action chaude à Bazochcs , où Biron« ayant »ur les bras toute Tarmée ennemie » n'a d'autre parti à prendre que de reculer. Le 29 » autre combat plus sérieux encore » entre Guise et Marie , où l'arrière - garde espagnole éprouve une grosse perte. Le duc de Parme continue sa retraite. A la vue de Saint-Quentin , il fisiit mine d'en vouloir à cette ville» que couvrait d'Humières posté avantageusement. La bonne contenance du capitaine français le détermine à gagner la frontière.
En février , la ville de Gouci se déclare pour la ligue. En avrir » siège de Ghâteau-Thierri par Mayenne » avec qui les hahi^aAs, par le conseil des deuXrPtnart, père et fils , capitulent au bout de quelques jours. En mai » Maignciai » commandant de La Fère, est assassiné par ordre deMayenne, auprès de qui il était accusé de vouloir livrer la place au Roi. Sur la fin de juillet , la garnison de Channy taille en pièces un régiment ligueur qui voulait se jeter dans Noyon, dont le Roi faisait le siège. De son côté» le prince tente sans succès , pendant ce siège» de surprendre La Fère. Le fort de Grandelain» où s'étaient retirés l'abbé et les religieux de Saint-Jean de Laon, est attaqué par les ligueurs et forcé de capituler. Le 24 octobre , une surprise fait perdre Aubenton à la ligue. L'abbaye de Yaucler , pillée de nouveau au commencement du carême , Test une troisième fois le i. " novembre , et plusieurs personnes, y perdent la vie. Le duc de Parme ne rentre en France , au mots de décembre , qu'en se fiusant livrer La Fère , comme place de sûreté. Lé parlement séant à Ghâlons » condamne à mort par ec^itttinace les, ^eux Pinart , pour' leur conduite à
IIO CHRONOLOGIE
Ghâtèau-Tbierri . Ils en furent quittes depuis* pour une amende de trente mille écus d'or.
i5ga. Cette année s'outre par les célèbres conférences de La Fère, où les plénipotentiaires de l'Espagne proposent aux chefs de la ligue de placer sur le trône de France une princesse espagnole» en lui faisant épouser un prince français. Le i3 mai, Rieux» gouverneur de Laon» attaque le château de Neuville , quoique le seigneur » Jean de Proisy , gardât la heutralité f et vraisemblablement parce que plusieurs gentilshommes du pays y avaient renfermé leurs richesses. Il lève le siège sur l'avis de l'approche d'un secours considérable. Le 22 du même mois 9 il se présente devant le château d'Eppes» qu'il bat avec de la grosse artillerie. Il est repoussé >deux fois avec perte. Les forces , avec lesquelles il revient le lendemain, obligent les assiégés à capituler.
iSgS. Philippe II, roi d'Espagne, envoie une ambassade aux états de Paris, pour faire élire sa fille reine de France , et une petite armée , sous les ordres de Charles de Mansfeld, pour appuyer sa demande. Entrevue remarquable de Mayenne et des ambassadeurs , qui a lieu à Soissons dans le mois de janvier. La forfanterie des Espagnols qui disaient n'avoir pas besoin du secours de Mayenne pour réussir, y occasionne une scène très-vive entre eux et le chef de I9 ligue. Au commencement de
février , Mansfeld entre en France par Guise ; il est renforcé à Montcornet par les troupes que le Pape envoyait aux ligueurs. Il campe ensuite à Sissonçe , où il met le feu, après avoir levé une forte contribution sur les habitans. Rieux lui persuade qu'il importe à la sûreté du pays de s'emparer du château de Neuville , quoiqu'il
nUgnorât point que le seigneur avait une sauve-garde du duc de Mayenne : l'attaque est poussée avec une telle vigueur» que les assiégés sont réduits à se rendre à discrétion ; Rieux fait pendre la plupart d'entre eux. Après la conquête de Noyon , les Espagnols se rendent maîtres aussi de Bohain , tandis que d'un autre côté llirson tombait au pouvoir du Roi.
4« Nouvelles conférences à Laon entre les ambassadeurs d'Espagne et Mayenne » où de part et d'autre les reproches et les menaces ne sont pas épargnés.
Lameth, gouverneur de Couci, qui avait fait son accommodement vers le mois de mars » ne l'exécute que le i.*' mai par la reddition de la place. La Gapelle , investie le s5 avril par Mansfeld » capitule le 9 mai, Hirspn est dans le même temps recouvré par les ligueurs. Le Roi , qui n'avait pu arriver assez à temps poursauver La Gapelle» attaque les faubourgs de Guise , les emporte après une action. sanglante» et les brilde en se retirant. Il investit Laon le 25 mai , et d'emblée se rend maître des faubourgs et du fort de Saint-Yincent. Une armée ennemie arrive au secours de la ville : Henri avait pensé être surpris par elle à Saint-Lambert. Il se livre au bois de Gemy un combat vivement soutenu 4e part et d'autre. Le grand convoi parti de La Fère est détruit par Biron » à la suite d'une action brillante ; et le manque de vivres force l'armée de secours à la retraite. Laon » après une défense opiniâtre » ouvre ses portes le s août. Pendant le siège » le Roi .avait reçu » en juillet » la soumission de Ghâteau-Thierri et confirmé les privilèges de la ville. Pareilles soumissions lui étaient parvenues de la part de. nombre d'autres dlles. Il avait ratifié»
Jlft GHRONOLOGIB
par lettres patentes du même mois de juillet , le traité par lequel Balagny était reconnu souverain de Cambrai. C'est aussi au camp devant Laon que furent donnés deux édits , Fun dé juillet sur les rentes , l'autre d'août sur les consignations. La duchese de Nemours , mère de Mayenne , avait prêté son sehnent de fidélité à Soissons , le 25 juillet , et l'avait adressé au Roi à Laon^ cil son accommodement avait été conclu avant le sk
Siège de La Ferté-Milon par les deux Biron , père et fils 9 et ensuite par le Roi lui-même, à qulSaint-Chamant rend la ville après une belle défense. Il se retire dans le château, pour lequel une capitulation honorable lui est accordée. Accommodement du duc de Guise , en novembre » au moyen duquel k ville de Guise rentre sous l'obéissance du Roi. La seigneurie de cette ville venait d'être concédée par engagement au gouverneur de La Ferté-Milon , lorsqu'il capitula pour le château. iSûS. 1 5 février. La garnison de Soissons , à la tête de laquelle Conant et Bellefont faisaient des courses jusqu'aux
portes de Paris , est défaite, auprès de Vîllers-Cotterêts, par Hédoùville, commandant royaliste de Crépy-en- Valois. L'armée espagnole prélude au siège de Cambrai, par celui du Cafelet qui , attaqué le 19 juin, ne capitule au bout de cinq semaines , qu'après que tous les moyens de défeçse ont été détruits par l'explosion du magasin à poudre. Mayenne traitait alors avec le Roi ; et comme c'est lui qui procura à Soissons, qu'il avait choisi pour sa résidence , les avantages que.cette ville obtint à cette époque, il faut tenir son accommodement pour conclu, du moment qu'on la voit gratifiée de quelque concession. Il l'était donc , lorsque fut donné ^ en septembre » l'édil.
HISTORIQUE. Ii5
qin èréa le ptésidial de Soissons. Le siège de La Fère commence le 8 novembre : ce ne fut guère qu'un blocus. Henri IV eut d'abord son quartler^énéral à Travecy : mais il était le plus souvent à Fokmbrai. L'édit de créatioii du bureau des finances de Soissons , est donné au camp de La Fère au mois de novembre. Parmi les autres actes émanés de l'autorité royale pendant le siège , à la fin de 1 S9S , deux des plus remarquables sont le traité de paix conclu avec le duc de Lorraine » et les lettres patentes qui levaient les défenses de prendre des bulles et pi^visions ed cour de Rome. Ces deux actes , datés de Folembrai » sont du mois de décembre.
François d*0rléan^, comte de Saint-Pol , prenait dans ce temps-là le titre de duc de Château- Thierri. )6. Le blocus de La Fère continue. Le iS mars» la place est ravitaillée par les Espagnols : elle capitule le 16 mai. L'accommodement de Mayenne avait été rendu public par un édit donné à Folembrai au mois de janvier , lequel lui accordait trois places de sûreté » dont la principale était Soissons. L^enregistrement de cet édit éprouva beaucoup de difficultés: il n'eut lieu qu'en avril, aprèis deux lettres de jussion , ainsi que ceux concernant lé présidial et le bureau des finances.
On voit par les dates de trente-trois édits et ordonnances dénués en 1 5g6 , pendant le siège de La Fère , ' qiie Rënri IV avait son quartier-général à Servais , à Sinceny et à Travecy. Parmi les plus remarquables de ces actes de souveraineté , sont ceux qui concernent la création de la chambre de Tédit , la soumission des ducs ié Nëinôurs et de Joyeuse , la réduction des villes du
Languedoc^ et différentes concessions faites au clergé.
ai4 GHR0N0L06IB
Unedéputatlonde ce corps était venue à Folembral demander à Henri que le concile de Trente fut reçu en France. Une autre proposition , qui le. surprit bien autrement, est celle de rendre les gouverneurs héréditaires. Le duc de Montpensier la lui fit à Saint-Quentin » dans 4e mois de juillet , au nom de la principale noblesse. Avait-elle pu croire que celui qui recouvrait son héritage à la pointe de Tépée, se laisserait traiter en roi fainéant?
1597. Lq 1/' mai de chaque année » toute la jeunesse de Soissons > sous la conduite du Prince qu'elle avait élu le %5 avrils allait en armes cueillir le mai; et cette cérémonie était suivie de nombreux divertissemens. Le Présidial ayant défendu à ses jeunes officiers de se rendre aux ordres du Prince de la jeunesse , un arrêt du 2 décembre approuve sa résistance ; et bientôt après Tusage tombe en désuétude.
Défaite de la garnison espagnole de Cambrai parcelle de Guise.
1 598. 2 mai. Traité de paix conclu à Yervins» entre la France et l'Espagne. La Gapelle et Le Catelet sont restitués à la France. Henri n'a plus d'ennemis à combattre.
Premier contrat du futur mariage de César , duc de. Vendôme , fils naturel d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées» âgé alors de 4 ans, avec Françoise de Lorraine- Mercœur. Sa mère donne au jeune prince , qui était né à Couci pendant le siège de Laon , les terres de Vendeuil, d'Assj et de Saint-Lambert.
1599. Ordonnance sur les chasses^ rendue le is janvier à Folembrai.
i6o4* Lameth , gouverneur de Couci , s'était maintenu jusqu'alors dans la jouissance des biens de la mense
HISTORIQUE. n5
abbatiale de Prémontré » soas le nom de son frère , h qui un brévetaire avait cédé ses droits. Un arrêt du conseil l'en dépossède , et autorise les religieux h nommer un Abbé.