Legros ( Joseph ) , célèbre haute-contre , et
la plus belle vok peut-être dont aient retenti les temples et les théâtres : elle excédait -de deux tons les plus élevées que nous possédions. « Vivent les hautes^ » contres ! ( écrivait il y a peu de temps un amateur). » Espérons que parmi trente millions de Français , on » pourra trouver un héros à poumons vigoureux , un » phénix » un Legros. Qu'il paraisse ; et la patrie est » sauvée. » En quittant le théâtre , Legros eut Tentreprise du concert spirituel : ce fut le principe de sa ruine , que la révolution consomipa. II faisait venir k grands frais les virtuoses les plus distingués de l'Europej et ses recettes étaient loin de couvrir ses dépenses. Généreux envers ses parens , tendre époux et excellent père» il n'eut aucun de ces défauts qui perdent souvent les artistes. Né en 1 73g ; mort en 1 793. MonampteaiL
3s 1. Lejeuns ( Jean-Charles- Joseph ) , docteur en médecine , membre correspondant dé l'Académie roysje de médecine. C'est servir le pays» que d'honorer la mémoire de celui qui y a exercé, avec éclat » une des professions les plus utiles à l'humanité. Tel fut le docteur Lejeune. Praticien habile » zélé ; aimable » il était doué de ce coup-d'œil prompt et sur » sans lequel trop souvent la science n'oppose au mal que des efforts in-, certains et tardifs. Il paraissait au lit d'un malade ; et déjà son visage serein , ses discours encourageans l la gaieté même dont il les assaisonnait » en relev«tit les espérances abattueâ , avaient préparé l'action des rem^ des. Tous avaient un droit égal à ses secours. Je me trompe : le pauvre trouvait de plus en lui un bîcnfai-^ teur généreux. Aussi vit - on les larmes du pauvre s^
mêler à celles du riche » au moment où il descendait
dans la tombe. Il avait, en i8ig» partagé le grand prix de vaccine : inférieur à son rival par le nombre des vaccinations 9 il avait amplement racheté ce léger désavantage » en s'élevant au-dessus de son sujet dans le mémoire où il rendait compte de ses opérations , et en l'éclairant de quelques *unes de ces vues générales qui . décèlent le profond observateur. Ce fut » grâce à ses soins , que le traitement des aliénés s'établit dans fe dépôt de mendicité de Montreuil , et y fut pratiqué avec succès. C'est ici le lieu de faire connaître ce que vient de me mander à ce sujet M. le docteur Esquirol , chai^ par le gouvernement d'inspecter les maisons f aliénés. Notre confrère , dit - il , s'occupait de leur traitement avec autant de zèle que de savoir : témoin des heureux résultats qu'il obtenait , je formai le vceu pte le dépôt de Laon devint une maison spéciale d'aliéid$» Il ajoute qu'il espère publier dans peu de mois un (mvrage sur cette matière , dont il s'occupe depuis l<Mig*temps » et qu'il n'y oubliera , ni la maison de Laon , ni le zèle et le succès de son médecin enlevé trop tôt. à la science. C'est surtout par la création du traitement de$ aliénés dans le dépôt de Montreuil , que le docteur Lejeune doit se survivre. Prisse cette précieuse partie de son héritage tomber dans des mains dignes de la recueillir ! Mort dans sa cinquantième année , en i825. Laon.
322. Leleu (Jean), dit de Saint-Quentin. C'était UQ capitaine d'arbalétriers , qui s'était fait de la répu- ^tion comme partisan. La ville de Reims le prit à sa
solde en i558; et les historiens de cette ville le citent cf)iume un des.ofliciers qui se distinguèrent dans cette campagne» Saint-Quentin,
323. L'ËLEU ( Glaude-Ântoine) , d'une famille ancienne et recommandable par les sujets qu'elle a donnés à l'église et à la magistrature , fut député à l'Assemblée constituante , et y obtint les honneurs du secrétariat. Appelé , lors de l'établissement des tribunaux criminels, à la présidence de celui de l'Aisne , il traça la véritable route à ses successeurs , en leur donnant l'exemple de l'exactitude et de l'impartialité. Sa modération et son crédit déplurent à un homme qui ne voulait point de rival dans le Département. Il fut arrêté comme suspect; et lorsqu'il reparut au tribunal criminel comme officier du ministère public , il portait dans son sein le germe de la maladie à laquelle il succomba en 1 798. Il était né en 1 7^0. Son neveu , André-Simon UEleu de U Simonne , exerça les fonctions de procureur-général de la €our de justice criminelle avec un talent remarquable , et une sagesse inusitée jusqu'à lui. Il fut ensuite porté au Corps législatif » et à la charge d'avocatrgénéral à la cour d'Amiens , dont il fut considéré comme le principal ornemeni. Une mort prématurée l!enleva , à Tâge de quarante-sept ans, en i8i4* Claude UEleu , grandoncle des deux'précédens , ^tait docteur de Sorbonnc, chanoine et archidiacre de l'église de Laon, et passa pour un des meilleurs prédicateurs que le diocèse de Laon possédât de son temps. Il a laissé , pour l'histoir de son diocèse , d'amples mémoires , où les recherches et les faits abondent, et dont aurait du mieut profite
niSTORIQUK. 299
Leiong , qui parait en avoir eu connaissance. II mourut en 1726. Laon.
324* LELikvRE (Isaac), habile chirurgien» qui a écrit sur son art. Mort en 1604. Le Fertnandois,
325. Lelong ( Nicolas ) , bénédictin , a publié , en 1783, l'histoire du diocèse de Laon. Cet ouvrage embrasse en même temps une si grande étendue de pays circonvoisins » que tout le département de l'Aisne s'y trouve renfermé. On désirerait que l'auteur , qui a fait de grandes recherches , eut traité avec moins de complaisance ce qui regarde les églises » et se fut un peu plus occupé des évènemens civils et politiques. Il mourut en 1793, âgé de 78 ans. St-Michel-en-Thiérache,
326. LpMoiNE ( N.... ) , olQcier de la maison civile du Roi. Il a donné, en 1771 > sous le titre d^ Histoire des antiquités de Sotssons , l'histoire ancienne de cette ville : le mérite de cet ouvrage fait regretter que l'auteur n'ait pas poussé plus loin son travail. Si il avait cooduit les annales de Soissons jusqu'au temps où il écrivait, cette ville n'aurait pas à désirer aujourd'hui qu'une plume élégante se chargeât de les compléter.
Soissons.
527. Lenain (Louis , Antoine et Matthieu ). Ces trois frères, reçus à l'Académie de peinture en même temps et l'année même de sa fondation , furent des peintres estimés et dignes de. mémoire, non-seulement parle talent qui leur fut commun , mais aussi par l'union fraternelle , dont ils oftrcnt un exemple touchant. « Louis
)) et Antoine travaillaient souvent en commua et s^exer- » cèrent avec succès dans tous les genres de peinture. » Mais ils traitaient de préférence des scènes familiè- » res ^ telles que des tabagies » des cabarets , des merh » dians» etCi........ Le tableau de leur compositioo,
» que possède le musée du Louvre , et qui représenta » le Maréchal ferrant et sa famille , peut soutenir le » parallèle avec ce que l'école flamande .a produit de
» mieux dans le même genre.. La mort ne put
» séparer deux êtres qu'une double fraternité rendait » nécessaires l'un à l'autre. Ils expirèrent à deux )0urs » d'intervalle. » Matthieu a, comme ses deux atnés, cultivé tous les genres de peinture. Il dut , à la réputation qu'il se fit dans le genre historique , le titre de peintre de l'hôtel de ville de Paris. Son pinceau fut employé à peindre les plus grands personnages. Louis ^ né en i583 « et Antoine , en i585» moururent en i648. Matthieu vécut jusqu'en i6.7{^, Laan.
328. Lenglbt ( Jean ) , fut premier médecin de Charles YIII. Il possédait un canonicat de l'église royale de St-Quentin , où il mourut en iâo4. St^Quentin,
329. Le Richb ( François-Louis-Henri ) , directeur de l'enregistrement et des domaines du département de l'Aisne. Il traita avec talent des matières de finance sous le voile de l'anonyme. Il se montra de plus , tantôt jurisconsulte éclairé , tantôt érudit profond , et toujours écrivain élégant , lorsqu'il défendit la juridiction féodale de l'abbaye de Ghateau-Ghâlons , et la liberté raisonnable du commerce des livres. Son mémoire
niSTORIQUE. 3<i»
pour ChâteâD-Ch&lons , a ea deux édiUous » ei il ivfii resté comme ourrage hislortque sur la Fraucbe^Couilé» Ses écrils pour le libraire Fautel » fureni lus avidemoui et obtinrenl lo suffrage de Voltaire* Ajoutons que» dana cette secoode affaire, il eut à combattre le cardinal d<i Choiseul » archevêque de Besançon , et la puissance du premier ministre d*aiors. Si tels eussent été les financiers du temps de Lesage« nous n*aurions pas Turcarot, Le Riche mourut à 64 ans » en 1 797» Laon*
35o. Lbrzt (Thomas de) , bailli de Verniandois. Dit souvenir honorable est dû à ce généreux magistrot » dont le zèle et Tépée servirent l'héritier du trftne contre les Êictieux , et qui fut décapité par eux en 1 /f 1 8. Isrsy.
55i. Lescaabot (Marc), avocat» homme do lettres d vojageur. Attaché d*abord au barreau de Paris , on le comptait parmi ses membres les plus distingués^ lorsque sa ville natale eut besoin d'un orateur » haranguer en son nom les plénipotentiaires du de 1698 , n*eut-elle rien de mieux à faire que iewceomir à lui. Il s'acquitta deux fois de cette comnnnatiavec applaudissement. Mais une profession sédmtfaive ne convenait pas h son caractère aventureux* II rfjfwfc » qiia pour la nouvelle France avec Poutrin" «anat, ca 1606, sur une flotille destinée à 7 fonder une «ribims> n contribua à la création des premiers établis* sonmi» 4a Canada : il en rapporta d'utiles renseigneanan^snorlcsproductionsdupays; et il écrivit PUisioirc dkUti mmuDtU e France, ecmUnanl tes nari salions dé^ stmwartiss et Aa6if tietiâAÉii U^^ 1^ Français , es
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Indes occidentales » etc ; livre qui , au jugement de Charlevoix, est sincère , judicieux et impartial , et qui est devenu rare , quoiqu'il ait eu trois éditions.'. Ses vers ne sont remarquables que par la licence qu'il prend de changer Torthographe des mots, pour trouver des rimes* Il a rimé ainsi le Tableau de la Suisse, auquel sont décrites les singularités des Alpes ; et quelque vicieux que soit le style de cette production anti-poétique , elle n'en est pas moins recherchée des amateurs , à cause des particularités intéressantes qu'elle contient. Lescarbot mourut vers i634. Vervins.
532. Lescot (Jacques), aumônier du Roi, avait professé en Sorbonne , avec beaucoup d'éclat s pendant plusieurs années, lorsqu'on décembre i64i , il fut nommé à l'évêché dé Chartres. Il parut avec distinction dans toutes les assemblées du clergé qui se tinrent de son temps. Il introduisit la réforme dans plusieurs abbayes de son diocèse ; et il donna du lustre à son épiscopat par des fondations utiles. Il mourut âgé de 63 ans , eç i656. Saint-Quentin.
333. Leseur ( Louis- Jean-Baptiste ) , maréchal-decamp , officier de la Légion d'honneur et chevalier de S. Louis , a fait , d'une manière distinguée , toutes les guerres de la révolution. Une action d'éclat lui ouvrit le chemin des honneurs militaires. Avec quelques cavaliers d'ordonnance , il fit prisonnières de guerre , en i8o6 , à Aposda , quatre compagnies d'infanterie prussienne qui se rendirent à discrétion. L'esprit dont la • nature l'avait doué , et qu'avait perfectionné l'éducation.
HISTORIQUE. 5o5
le fit charger de commandemens iiopôrians » tels que celui de Marseille dans les cent jours. Né en 1774 » mort en 1818. ChàteaunTkierri.
334« Letellier (N ) y auteur dramatique. Il a
donné quatre pièces au théâtre ; une seule a été imprimée.. Il a fait aussi une description du site agréable de Château - Thierri , dans une ode qui n'a pas du plaire à ses compatriotes qu'il y traite assez mal. Mort en 1732. ChâteaurThterri.
335. Letieullier ( Louis-Jean ), docteur-régent de la faculté de médecine de Paris , fut un de ces praticiens estimables qui déposent, dans d^utiles écrits , les fruits de leur longue expérience. On cite de lui quatre ouvrages différons , dont les plus connus sont des Consultalions de médecine , en quatre volumes , et Observationes medico-praticœ. Mort en 1761. Laon,
336. LoBJOY. ( François ) , homme dé lettres. Ses vertus , ses talens et son zèle avaient habitué le Département à se faire représenter par lui dans les assemblées législatives : il l'honora même d'une candidature pour le Sénat. On a de lui des opinions qu'il a prononcées sur la diplomatie et l'instruction publique. Lobjoy fut le premier qui sollicita le rétablissement du culte ; et Fontanes disait , de l'article qu'il fit insérer h ce sujet dans, le journal des débats , qu'il était écrit avec l'ame et la plume de Fénélon. La douceur de ses mœurs , ses manières aimables , et son penchant à obliger , le firent chérir de tous ceux qui l'ont connu. II travaillait à une
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Histoire de l' Histaire ancienne , quand la mort vint l'empêcher d'y mettre la dernière main. La bibliothè^ que de Laon possède le manuscrit de ce qu*il avait rédigé. Né en 1743; mort en 1807. Brancourt.
337. LoNG^BÉ ( François" de ) , était abbé de Val- Secret» lorsqu'on i5g6 les suffrages de son ordre , en l'élevant à la dignité d'abbé-général de Prémontré , lui ouvrirent une carrière plus épineuse encore qu'honorable. Un brévetaire laïc jouissait des biens de la mense abbatiale : c'était Charles deLameth» seigneur de Pinon et gouverneur de Gouci. Il fallut plaider long -temps pour lui arracher sa proie. Ce ne fut qu'en i6o4 qu'un arrêt du conseil d'état lui fit lâcher prise. Sorti vainqueur de cette lutte , Longpré dut aller combattre sur un autre terrain. LesPremontrés des Pays-Bas voulaient se soustraire à son obéissance» en se choisissant un provincial ; et la cour de ^me se montrait favorable à leur projet. Il le fit échouer par la solidité des moyens qu'il opposa à de vaines considérations. Visitant ensuite , non-seulement les maisons sur lesquelles son autorité venait d'être affermie , mais encore celles de la Lorraine et d'une partie de l'Allemagne , il rétablit partout la discipline que les troubles religieux avaient fort altérée. Là se termine la partie brillante de son gouvernement. L'âge et les travaux avaient affaibli sa tête. Il le sentit » et se donna un coadjuteur. Le Parlement jugea qu'il n'en avait pas eu le droit. On l'induisit h destituer le prieur du collège de Paris ^ qui s'était mis à la tête des opposans. Le Parlement déclara la destitution abusive. Enfm il crut pouvoir résigner en faveur du religieux
HISTORIQUE. 5o5
que la coadjutorerie lui aurait donné pour successeur; et le Parlement annulla sa résignation. Longpré ne fut pas témoin de ce troisième échec. Sa mort , arrivée en i6i3 , l'avait précédé de quelques jours. Anizy.
338. LoNGUBVAL ( Alain de ) » sire de Thenelles. Ce preux signala d'abord sif bravoure contre les Anglais , sous les ordres du duc d'Anjou , frère de Charles V. Il semble qu'ensuite il ait fait vœu de ne plus combattre que des infidèles. Il s'était croisé » en i384» contre les maures d'Afrique. Le sire de Roye et lui sont les deux premiers qui s'élancent à terre; et ils enfoncent une armée nombreuse qui s'opposait à la descente. En i3go, il retourne dans la même contrée avec le duc de Bourbon » et y fait des merveilles aux sièges de Garthage et de Tunis. Thenelles^
33g. LoNGUEVAL-BossuT ( Nicolas de ) , gouverneur de Champagne et Brie , et sous-in^ndant des finances. Il est fameux par l'expédition de Flandre qu'il entreprit avec Martin Rossen » par la faveur dont il jouit auprès de François h** ^ et par le péril auquel elle l'exposa sous le règne suivant. II ne se la fit pardonner » qu'en achetant , par le sacrifice de sa belle maison de Marchais 9 la protection du cardinal de Lorraine. Ce qui lui restait de temps à vivre valait la peine d'être disputé. Il était âgé de cent cinq ans , lorsqu'il mourut «ous le règne de Henri III. Marchais.
340. LoNGUEVAL (Charles de) , prêtre et abbé de Nogent, s^ fait calviniste et se marie. On veut en vain
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le dépouiller de son bénéfice : il trouve dans le Parlement de l'appui contre les procédures : il emploie les armes pour repousser la force. Il né se contente pas d'assurer son abbaye à son fils, par la nomiaation d'un confidentiaire ou prête - nom : il retient la terre de Grécy-au-^Mont, même après être rentré dans le sein de l'église^ et la transmet à sa famille , comme un légitime patrimoine. Que de scandale dans ces succès ! Mais quelle tête que celle de l'homme qui les obtient ! Il vivait dans le seizième siècle. Manicamp,
' 34 !• LoNQUEJOUB ( Mattfaieu de) , entra d'abord dans la magistrature» où il exerça 'les charges de conseiller DU parlement de Paris et de maître des requêtes. Il embrassa l'état ecclésiastique après la mort de sa femme , et deirint évêque de Soissons en i554. François I.*^ lui donna place dans son conseil privé , le nomma deux fois garde des sceaux, etremploya comme ambassadeur, dans les négociations, les plus importantes avec l'Angleterre, l^Âutriche et d'autres puissances. Mort en i558.
Soissons.
342. LoTHAiBE , roi de France. Prince digne de meilleurs temps , et qui jouissait d'une réputation tellement supérieure à sa puissance, que les Romains lui déférèrent la dignité impériale. Né en 941^ mort en 986. ' Laon.
343. Loii£N ( Lambert de ) , lieutenant-général 4u bailliage de Bibemont , fit voir que l'amour de la patrie peut transformer , en guerrier valeureux , un magistrat paisible. Il déposa la robe pour ceindre Tépéc , et se
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mit à là tête des milices du pays, afiii de le garantir d'une invasion. Des lettres de noblesse lui furent accordées en i585, en récompense du courage avec lequel il avait défendu la frontière. Mery, son fils aîné, qui hii succéda dans son of&ce , mérita la confiance du gouverneniient , et fiA chargé de pleins pouvoirs ^ pour r^ler les limites de la France du côté du Gambre^is , d'après le traité de Vervins de iSr^S. Elle, son autre fils , qui suivait la carrière des armes , fut tué sur la brèche delà citadelle d'Arras. De' la même famille, et vraisemblablement de la même ville, est encore sorti Charles-Antoine de Louen, chanoine régulier de Sainte Jean-des-Vignes de Soissons, qui a publié une histoire
de cette abbaye en 1710. Bibemont.
344- Lucas de Muyn ( Claude-Honoré ) , fut élu abbé-général de Prémontré en 1706. De tous ceux qui ont été revêtus do la même dignité , aucun ne la soutint plus honorablement. C'était iin homme savant , ver • tueux , ami de la règle , qui portait partout un œil vigilant , et qui tempérait par des manières aimables , l'exercice austère de l'autorité. Il put déployer , dans sa longue carrière, les talens d'un administrateur habile , et recréer , pour ainsi dire , la maison de Prémontré. Il la libéra de quatre cents mille livres de dettes , et la rebâtit avec une magnificence royale. Ceux qui la visitaient ont regretté quelquefois que sa restauration n'eut pas commencé par l'église qui semblait cacher son humble vétusté derrière les nouveaux édifices. Elle allait être reconstruite , quand la révolution surVint ; et les formes pures et majestueuses d'une architecture
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grecque auraient attesté le goût de M. L^Ecuy » dernier général f qui en avait conçu le plan. Le vénérable Lucas cessa de vivre ea 1 740. Prémontré.
345. LucE deLancIval (Jean-Gharles-Julien)» professeur d'éloquence à Paris. Son poème d'Achille à Scyros et surtout sa tragédie d'Hector , lui assurent un fang distingué parmi nos poètes modernes. Napoléon disait d'Hector que c*étaiiune pièce de quartier-général, et qu'on irait mieux àr l'ennemi ^ après l'avoir entendue. Doué d'une belle figure et d'un organe sonore qui savait se plier à tous les tons , Luce passa pour le premier lecteur de son temps. Né en 1764; mort en iSio.
Saint-Gobain^
346. Luxembourg (Jeab dej^ comte de Guise. Un nom illustre et les talens du capitaine ne sauraient dérober h l'exécration des siècles celui qui se ligua avec les ennemis de son pays , qui fit la guerre à ses compatriotes avec la férocité d'un Cannibale , qui faisait pendre les prisonniers par son neveu , et qui vendit la Pucelle aux Anglais» Mort en i44o* Guise,
347* Luxembourg .( Jean de ) , comte de Marie ^ petit-neveu ' du précédent. Il était un des principaux personnages de la cour de Boui^ogne » et figurait à la tête des ambassadeurs de Charles-le-Téméraire » dans les négociations qui eurent lieu à Laon et à Guise , en 1472. II perdit la vie, en i47(>» à la bataille de Morat.
Marie»
348/ LuxEMBOutiG (Marié de) » de la même famille que les précédons. La vénérable aïeule de Henri IV ^
la princesse dont descendaient aussi \e$ Gondi» les Vendôme et les Guise , après avoir laissé dans La Fère plusieurs monumens de piété et de munificence que la révolution a détruits , emporta au tombeau le glorieux surnom de Mère des pauvres. Morte en i546«
La Fère.
349* Mallet (Eustache), gouverneur de Guise en i349j s*était fait une telle réputation de bravoure , qu'on ne l'appelait queie brave Eustache» Il avait reçu cent vingt-deux blessures dans les combats. Marie.
35o« Mahebot (Sébastien) , chanoine et chantre de l'église cathédrale de Troyes , fut voyageur et homme de lettres. La liste de ses ouvrages a été donnée dans la biographie universelle. Je me borne à en citer deux. L'un est La compendieuse description de la Terre de promission , qu'il a écrite à son retour de la Palestine , qui eut lieu en i488. L'autre de beaucoup antérieur au précédent , est une traduction du Romuluss espèce d'histoire romaine écrite en italien. Cette version, commencée en 1466 , n'a d'intérêt pour nous que par une observation préliminaire du traducteur. Il proteste qu'il n'ajoute ni ne diminue rien à l'original , c sinon » en tant qu'il lui a. semblé nécessaire à la seule déco- » ration du langage français, et par spécial du vrai » Soissonnais. » La conséquence à tirer de ces derniers mots est que , du temps de Mamerot , le Soissonnais était la contrée dont le langage passait pour le plus poli.
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A quoi dcvait-il cet avantage ? Est-ce au séjour de ses comtes dont quelques-uns furent lettrés ? Ce serait l'objet d'une recherche curieuse de la part de quelque savant du pays. La date de l'édition d'un des ouvrages de Mamerot , porte à croire qu'il vivait encore en 1492.
Sotssons, 35j. MANICA.HP (Louis de Madaillan de Lesparre , comte de) , lieutenant-général des armées, s'était déjà distingué dans plusieurs actions , lorsqu'à l'âge de vingtdeux ans , Jl fut fait maréchal-de-camp , après la bataille de Lens , oii il reçut trois blessures. Il continyia de servir avec le même éclat jusqu'à Ta paix de Nimègue. Né en 162C; mort en 1708. Manteamp.
352. Marchand (Prosper) , fut d'abord libraire à Paris ,011 son magasin était le rendez*vous des amateurs de livreset des amis de la littérature. Il y était établi depuis treize ans, lorsqu'on 171 1 , il se détermina à passer en Hollande pour professer la religion réformée. Il ne tarda pas à renoncer au commerce de librairie , qu'il avait fondé à Amsterdam , pour se livrer uniquement à l'étude. Sa science lui fit une réputation européenne. Il était consulté de toutes parts sur des points d'histoire et de bibliographie ; on ne suivra pas sans intérêt l'énumération de ses différons titres à une célébrité durable. Gomme éditeur , il a rendu de grands services aux lettres par les bonnes éditions qu'il a publiées et enrichies de préfaces, de pièces et de remarques instructives : la meilleure qu'on ait du dictionnaire de Bayle lui est due. Comme bibliographe , il fut l'inventeur d'un nouveau système de classification, qui , h la
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vérité^ n'a point prévalu, mais qui a mis sur la voie du perfectionnement. II introduisit d'ailleurs d'importantes améliorations dans ce qu'on. appelle la ûatalographie. Comme journaliste, irfut pendant vingt > quatre ans l'un des principaux rédacteurs de l'excellent Journal littéraire , qui s'imprimait à La Haye. Comme auteur , il eut part à l'ingénieuse satyre intitulée le Chef-d'œud'un inconnu : il a donné l'Histoire de l'origine et de^ premiers progrès de l'Imprimerie, et plusieurs autres ouvrages , parmi lesquels se fait remarque^ son Dictionnaire historique , faisant suite à ceux de Bayle et de Qbaufepié. Enfm , comme philantrope , il légua sa précieuse bibliothèque , ainsi que ses manuscrits , à l'université de Leyde , et sa modique fortune . à une société formée pour l'instruction des pauyres. Né vers 1675 ; mort en 1756. Guise.
353. .Marfontaine (Thomas de ). Deux faits suffiront pour faire apprécier l'importance de ce personnage. Il fut ministre d'état sous Charles - le - Bel , et l'exécuteur de son testament , avec le connétable Gaucher de Châtillon , le chancelier de Gherchemont .et le maréchal de Trie. Il vivait dans le quatorzième siècle.
Marfontaine.
354* Marle (Henri Le Gorgnede) , était fils unique de Moret Le Gorgne ,, dit de Marie , chevalier , lieutenant d'une compagnie de cent hommes d'armes , qui fut tué à la bataille de Poitiers. 11 préféra la carrière delà magistrature à celle des armes; et il devint successivement conseiller, président de Chambre et premier président du parlement de Paris. Il avait été. promu à
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cette deraière dignité par le j^oi, en i4o2 ; d il ne Taccepta qu'après que le Parlement eut ratifié sa nomination par voie de scrutin. Il fut élevé de la même manière, en i4i3, au poste suprême de chancelier. C'était le temps où les querelles sanglantes des Orléannais et des Bourguignons désolaient la France. Un ministre de la justice avait alors besom de plus de courage encore que de savoir. Paris était menacé par le duc de Bourgogne , en 1 4*1 4^ I<^ chancelier de Marie fut chargé de contenir les Babitans dans le devoir. Telle était la confiance qu'inspirait sa fermeté inébranlable , qu'en janvier 1417 > il fut nommé Concierge du Palais royal , c'est-à-dire , gouverneur du palais où le Roi faisait sa résidence. La haine que les factieux lui portaient , est facile à comprendre.. Lorsqu'au mois de mai i4i8 Paris tomba en leur pouvoir , ils arrêtèrent le chancelier de Marie» avec le connétable et huit cents autres personnes des plus qualifiées dans l'église et dans l'état. La journée du 18 juin suivant est une de celles qu'on voudrait effacer de nos annales; elle y est marquée par un forfait jusque-là sans exemple, et qui s'est renouvelé de nos jours. La populace excitée sous main par les chefs ' de la faction bourguignonne » força les portes des prisons et massacra tous les prisonniers. L'évêque de Coutances, fils de Henri de Marie , y scella de son sang avec lui leur attachement à l'autorité légitime. L'illustre chancelier , qui prévoyait son sort , avait fait d'avance son testament. La ville de Marie, qui l'a vu naître , y reçut un témoignage de son souvenir. Marie.