‹ Manuel historique du département de l'AisneChapitre 35 sur 54 · Marly (Simon de), gouverneur de Guise · texte numérisé non relu

Marly (Simon de), gouverneur de Guise

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vers i55o. Contemporain et peut-être successeur dii brave Euttaehe, ce guerrier ne lui cédait , ni en prouesse , ni en renom. Suivant nos mémoires , il remporta cent soixante-siK fois des dépouities de Tennemi à la tête de sa compagnie , et fut blessé plus de cent vingt fois. 0n le surnommait bnu de vie. Marly.

556. MABQrETTB (Nicolas) , de la plus ancienne famille de Laon , et peut-être aussi de là plus ancienne Ëmiille bourgeoise de France , était conseiller au préûdial-de Laon, sous les règnes de Henri IJI et de Henri IV. Le courage et la fidélité , dont il lit preuve dans des circonstances périlleuses , lui ont actjuis le droit d'être cité ici avec honneur. La terreur régnait à Laon. L'autorité des fonctionnaires publics était méconnue. On avait emprisonné un grand nombre des meilleurs citoyens ; et il n'y avait pas de jour ojf leur vie ne fut menacée. Les factieux, après avoir ainsi assuré leur domination, déclarèrent, le si mars 1589, au nom de la ville , qu'elle embrassait le parti de la ligue , et chacun des hal)itans fut requis de souscrire leur arrêté. Le conseiller Marquette osa refuser sa signature. Il fut. banni de Laon , ses biens furent séquestrés , ses meubles pillés. Son exemple trouva des imitateurs. Le présidial ayant été transféré b Chauny, il alla y siéger avec quelques magistrats fidèles; et il ne rentra dans ses foyers , que dans le mois d'août iâ94 > après la réduction de la ville.

Parmi les Laonnoîs que le royalisme comptait t dans ses rangs , il n'en était pas de plus distinguég les Martin , dont le nom s'est éteint de nos jour^

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citerai , puisque l'occasion s'en présente , les deux frères, Jean et Charles, qui signalèrent leur attachement à U bonne cause. Lorsqu'on mai i585 > le duc d'Aumale tenta de surprendre Laon , ce fut l'avocat Jean Martin , dont la* vigilance pénétra son projet , et dont l'activité le fit échouer. Charles était prévôt , et » à ce titre , maire de la ville. Tant qu'il fut libre » les factieux trouvèrent dans son zèle un obstacle insurmontable à leurs vues. Aussi la conspiration , qui eut pour résultat Femprisonnement des citoyens , dont ils redoutaient l'influence, fut-elle dirigée principalement contre les deux frères. Jean échappa à toutes les recherches : Charles fut moins heureux ; et il n'eut pas manqué d'être sacrifié à la haine des ligueurs , si des commissaires du Parlement n'eussent exigé qu'on leur remit les prisonniers , sous prétexte de les faire juger à Paris. Charles eut la satisfactio]^ de voir la ville rendue à son souverain légitime. Mais sa santé était ruinée sans retour par les maux qu'il avait soufferts. Il mourut en 1897; et Henri IV, en apprenant sa mort, témoigna qu'il per* dait en lui un de ses sujets les plus dévoués.

J'ai dit qu'il n'y avait peut-être pas dans le Royaume une famille non noble qui put se glorifier d'une origine aussi ancienne que les Marquette de Laon. La preuve de ce fait n'est pas étrangère à l'histoire du département de l'Aisne. Vermand Marquette , qui vivait sous Louisle-Jeune , fut laissé par lui dans Arras , pour maintenir la ville sous son obéissance. Jacques , fils de Vermand , s'attacha à Ferrand de Portugal , comte de Flandre , devint son intendant , et voulut partager sa captivité , quand ce prince eut été fait prisonnier à Bouvines. La

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postérité de ce Jacques I." vint s'établir à Laon , et un autre Jacques y était échevin en i36o , lors du traité de Bretigny. Ce Jacques II fut député , avec le prévôt de la ville, pour porter le vœu des Laonnois qui contribuaient d'une somme de vingt mille royaux d'or à la rançon du roi Jean. Son zèle eut pour récompense l'autorisation d'ajouter à ses armes les trois Merlettes que la ville porte dans les siennes. La famille Marquette, qui subsiste encore, a constamment fourni des sujets recommandables à la robe et à l'épée. D'elle étaient sortis Antoine-François Marquette de Mareuil, conseiller de grand'chambre au parlement de .Paris , et Jean-Claude Marquette dcMarcy, chevalier de S. Louis, ancien capitaine d'infanterie , qui fut plusieurs années maire de Laon : tous deux sont morts pendant la révolution. Le second a eu six fils au service , et en a perdu quatre dans la guerre d'Amérique. La même famille a produit encore l'homme célèbre dont l'article suit.

Laon* 357. Marquette (Jacques) , jésuitCj renommé comme missionnaire et comme voyageur , s'était dévoué à la conversion des sauvages du Canada , et parcourut presque toutes les contrées de ce vaste continent. Ses mœurs douces et compatissantes, dit Raynal, étaient généralement chéries. Ce fut lui qui, accompagné de Jolîet , habitant de Québec , découvrit le Mississipi en 1673 ; et Ton sait que cette découverte devint le principal titre de la France à la propriété de la Louisiane. Le zèle de Marquette et de son compagnon les poussait plus loin, quoique, suivant la remarque de Raynal, l'objet de leur voyage fut rempli ; et ils eussent dérobé à La Salle l'hoû-

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fieur de reconnaître l'embouchure du fleuve » si plu* tîeurs obstacles » dont le principal était le manque de subsistances , ne les avaieùt forcés à rétrograder^ Au lieu de reioùmer à Québec atec Joliet, Marquette dévori de la soiTdës conquêtes religieuses, s*enfonça dans le pays desUIhois que n'ayait encore yisité aucun missionnaire. Des fatigues de toute espèce eurent bientôt détruit sa santé. Il naviguait accompagné de deux hommes pour se rendre à Missilimakinac, où étaient appelés tous les missionnaires , lorsquMl sentit sa fin prochaine. Il se fit descendre à terre : sèé compagnons lui bâtirent à la bâte une cabane ; Us y reçurent son dernier soupir » et Tenterrèrent à l'endroit que lui-même ayait désigné. Quelques mois après, des sauvages reconnurent son tombeau : ils exhumèrent le corps, pour le transporter religieusement au chef-lieu de la mission; et on ne fdt paii peu surpris de voir arriver à Missilimakinac ffftote Canots qui composaient le convoi. On a donné le nom de Marquette à la rivière sur les bords de laquelle il uvait fttti ses jours. Il existe plusieurs relations de sa découverte. La plus connue , comme la plus précieuse, parce qu'elle est de lui , est celle qui se trouve dans le recueîh de Thevenol. Né vers 1657; mort en 1675.

Laon, 358. Marquette (Françoise ) , sœur du précédent, fonda , dans sa ville natale , l'association des Sœurs des écoles , qu'on appela de son nom Soeurs Marquette ; et elle en fut la première supérieure. Par ses soins , cet institut , qui date de 1 685 , prospéra tellement , qu'il se vit bientôt en état d'envoyer des colonies dans plusieurs lieux voisins. Il fut même un temps , où les le-

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(OU* du cAléchigme que des CUes de mérite disaient aux çD&iM dans la maison principale , étaient suivie* par les mères de famille. Tant d'éclat djËplut : on trouva le» SfBUfs trop savantes ; elles firent exigées , sous l'épiscopat de La Fare , comme suspect^ de jansénisme; et celles qui les remplacèrent , se tenant pour averties , sa bornèrent au plus humble ens^jppoi^. Françoise Marquette %9it morte avant 1710^ Laon,

5âg. HiBTiLLikKE ( lierre ) , général de brigade , 'Commença par être aimple sojdat : la révolution qui le trouva ce qu'on appelait un olEcier de fortune , ouvrit ■me lijire carrière & ses t^lens. Il fut fait, en 1799 > gfoéral sur le champ de bataille de Véronne, où il s'était particulièrement distingué , et oii il fut blessé grièvement de deux coups de feu. Dans une autre occasion , oli il commandait une grand'garde , il détruisit un gros corps ennemi qui s'était embusqué dans des ravins , pour épier le moment de forcer l'armée française à quelque manceuvre désavantageuse. Né en i75g; mort en 1807. Origny-en-'Skiérachei

560. Mathieu de Couci , historien , e écrit la vie de Charies Vil , publiée par Théodore Godefroi. Cet ouvrage est curieux à consulter sur les usages du temps ail il a été rédigé. L'auteur vivait dans le quiozi^mo siècle. Couci-le-Clidleau.

56 1. Mathieu de Laon , cardinal , évéquu d'Alhane. D'enfant de chœur, devequ prince de l'Eglise , il montra une grande capacité pçur les aflaircs , fut chargé de

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légations importantes^ et présida plusieurs conciles. Ce fut lui qui y en 1128» prononça dans celui d'Arras, et confirma dans celui de Reims , la substitution des Bénédictins aux religieuses de Tabbaye de Notre-Dame de Laon. Mort en 1 1 34* Lcum.

362. Mayenne ( Charles de Lorraine » duc de). Quelle figure historique, c(lie ce chef de la ligue; 'que celui dont la fermeté , la politique et la valeur donnèrent à la rébellion lïne consistance si redoutable ; et à Toppo-

' sition duquel notre grand Henri doit une bonne partie de sa gloire ! On lui a reproché de la'^lenteur : mais dépendait-il d'un homme surchargé d'un embonpoint excessif, d'exécuter avec promptitude ce qu'il concevait avec justesse? Il ne lui aurait donc manqué que.de la maigreur , pour égaler l'héroïsme et balancer les succès de Henri. Pauvres hommes ! A quoi tiennent ces qualités dont vous êtes si fiers? Mayenne avait adopté Soissons depuis le traité de i585; il y eut sa résidence les vingt-six dernières années de sa vie; et il y termina paisiblement une carrière marquée par destalens dignes d'une meilleure cause. Il y a son tombeau. Né en i554; mort en 1611. Soissons.

363. MécHAiN (Pierre-François-André), directeur de l'observatoire de Paris , membre de l'Institut et des principales sociétés savantes de l'Europe , et officier de la Légion d'honneur , fut un des plus célèbres astronomes du dix-huitième siècle. Il a eu une part principale à la magnifique opération sur laquelle est fondé le nouveau système métrique , et qui a servi à déter-

miner enfin la vraie figure de la terre. Il a même payé de sa vie la gloire d'y avoir coopéré. Si cette entreprise nationale , la plus grande de ce genre qui ait été exécutée en aucun temps » est pour la France un titre d'honneur impérissable , elle doit immortaliser aussi les deux savans qui y ont attaché leurs noms. J'avais fait sentir ailleurs que la jalousie n'a réussi qu'à se trahir elle-même , en essayant de jeter quelque ombre sur l'éclat d'un mérite qu'elle, n'osait méconnaître. J'ai su depuis que des insinuations , qui n'étaient , ni justes » ni décentes , avaient causé du scandale dans le monde savant; et qu'un célèbre astronome étranger» le baron de Zach , les avait hautement improuvées dans sa correspondance.

Méchain , dit-on , a peu écrit. Celui qui a fiiit cette remarque savait mieux que personne que ce n'était point par impuissance : sept volumes de la Connaissance des temps sont là pour en faire preuve. Méchain croyait que l'observation et le calcul devaient se partager tous les. raomens de l'astronome. De quels savans sont ignorées ses découvertes ? et quels /Sont ceux qui méconnaissent de combien ses formules ont abrégé leurs opérations 2 Quant à lui , qui fut le plus modeste des hommes » il laissait à d'autres le soin de décrire et de louer ses travaux.. J'ai essayé l dans l'histoire de Laon , d'en tracer une esquisse. Les renseignemens qui me sont parvenus depuis^ m'ont convaincu que la source où j'avais puisé les faits , laisse beaucoup à désirer. Puisque l'occasion s'en présente 9 j'en profite pour suppléer aux omissions de la biographie universelle.

Méchain • levé huit cartes marines sur une ligne do

centlièues, entre Nieuportet Saint-Malo. Toutes celles du département de la Marine ont été calculées , recU^ fiées, réduites par lui» sans qu'il ait été &it mention de ce travail. Il serait difficile d'ailleurs d*énumérer . les observations et les calculs dont il a enrichi ce département.

Le ducd'Âyen ayant conçu , en 1781 , le projet d*uiie carte militaire d'Allemagne» Méchain fut chargé parle ministre des affaires étrangères ,. de fixer astronomiquement les points principaux nécessaires pour la rédaction' des cartes particulières. Il vérifia et rectifia les opérations trigonométriques de Gassini; il établit de nouveaux points : il les compara avec les meilleures descriptions et avec les journaux des voyageurs. Il en résulta un atlas de neuf feuilles grand- aigle , et une carte générale que tous les savans n'ignorent pas être son ouvrage.

On sait que , chargé par l'académie des sciences de rédiger la connaissance des temps , il porta cet ouvrage à une perfection inconnue jusque-là. Mais on sait moins que la détermination de chaque longitude exigeait en mer un calcul de huit à dix heures sans déâemparer , et qu'à l'aide des formules de Méchain , ce travail est réduit à deux heures. Ceux qui jouissent de ce service éminent , ignorent à qui ils en sont redevables.

Je ne répéterai point ce que j'ai dit ailleurs des comètes qu'il découvrit , où dont il détermina plus exactement les orbites ; de son mémoire couronné par l'Académie, sur celles de i532 et 1661; des observations par lesquelles il démontra le pfemiei* que l'astre

dëcouvert par Herschel est une planète; de la mission qu*il eut de vérifier , avec les plus célèbres astronomes anglais , la position respective des observatoires de Paris et de Greenwich ; et des offres séduisantes qui lui furent faites alors pour le retenir en Angleterre. Mais ce qu'on ne peut trop rappeler » ce sont* les infortunes des deux voyages qu'il fit en Espagne , pour la mesure d*un arc du méridien. Après qu'un accident terrible , qu'il essuya dans le premier , l'eut conduit aux portes du tombeau , la guerre de la révolution qui survint le fit retenir prisonnier. Le second lui fut plus fatal encore : il y fut emporté par une maladie contagieuse. II était donc dans sa destinée d'être une preuve que la carrière des sciences a aussi ses dangers ! Toutes les qualités de l'homme de bien , toutes les vertus domestiques» dont le spectacle donné par l'homme supérieur est si touchant , Méchain les réunissait à un haut degré. Son nom a été donné à une rue de Paris , voisine de l'observatoire : sa ville natale se piquera sans doute d'imiter cet exemple. Parmi les autographes dont elle possède une riche collection; se trouve un extrait des règles pratiques pour trouver l'orbite d'une comète » par l'abbé Boscovich; cet extrait est écrit en entier de la main de Méchain; ce qui donne lieu de croire qu'il a perfectionné le travail de l'astronome italien. Né en 1744 > mort en i8o5. Laon.

364* Mentel ( Jacques ) , savant médecin » dont on a plusieurs ouvrages sur son art» ainsi que sur l'origine de l'imprimerie. Né en 1697; mort en 1671.

ChâteaU'Tkierriè

5G5. Mërci£ïi (Barthelemi) , abbé régulier de. Saint- Léger de Sois«ons, Y un des plus savans, bibliographes de France. Il fut aussi auteur et éditeur de plusieurs ouvrages y parmi lesquels on se contentera de remarquer son Supplément à l'histoire de l* Imprimerie , de Prosper Marchand. Mort en 1 799. Soissons.

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