HENRI III
’est avec Henri III que reparaît une certaine richesse dans l’ornementation des reliures; toutefois, elle n’est que luxueuse; les compositions n’ont rien d’extraordinaire et sont loin de ressemblera ces belles conceptions originales, qu’ont produites les époques de François Ier et de Henri II.
Le fanatisme religieux qui régnait alors, et dont Henri III était imbu, se reflète même dans les reliures qui ont été faites pour lui; et si, par des ordonnances telles que celle du 29 mars 1583, il combat la parure et le luxe des femmes en leur défendant de porter des pierreries ou des bijoux, il les autorise à orner leurs livres de prières, de diamants ou autres pierres précieuses. Le type principal qui domine dans les reliures de cette époque, est le même qu’on a signalé dans celles qui ont appartenu à Charles IX, c’est-à-dire le Semé soit de chiffres, de fleurs de lvs ou autres ornements tels que la figure du Saint-Esprit dont Henri III avait institué l’ordre en 1579, etc. Toutes les reliures sans exception exécutées pour ce souverain, qu’elles recouvrissent soit un livre d’offices, soit un ouvrage profane, portaient des légendes et des emblèmes religieux, tels que: la Crucifixion, la Tête de Mort, les figures de la Passion, les devises: Spes mea Deus, mémento mort, etc., et jusque dans la couronne des Armes royales on lit: Manet idtima cœlo.
Comme spécimen de ces reliures, je me suis attaché à prendre, non une des plus riches et des plus belles, mais une des plus typiques que possède la Bibliothèque Nationale (J). Le volume, couvert en maroquin vert olive, est orné d’une décoration de compartiments à filets d’une composition symétrique et gracieuse. Je dirai, en passant, que ce genre de lignes est pour moi le principe de presque toutes les reliures, qui ont été exécutées par la suite sous Louis XIII et Louis XIV; car ce sont les mêmes arrangements de filets, ou à-peu- prés, qui servaient de
1. Exposition de la salle Mazarine, n° 429, 1 volume in-8° (0,18-0,11) : Jean Damascène. Histoire de Barlaam et de Josaphat. Paris, 1578.
Hélie Arents.