CUTANÉES
GENRE Xn. Dartres.
Prédisp. et caus. occas. Disposition congénitale, délicatesse et grande sensibilité de l’organe cutané ; climats chauds, été, usage de mauvais alimens ; affections scrophuleuses, syphilitiques, scorbutiques ; défaut d’allaitement, suppression du flux hémorrhoïdal , de quelque évacuation habituelle, de la goutte; habitude de la masturbation.
Symptômes. Un sentiment de tension très-incommode, ou d’un prurit plus ou moins violent dans une partie quelconque de la peau ; puis éruption de petits boutons rouges abondans, épars ou réunis, et laissant suinter une humeur ichoreuse plus ou moins abondante, se convertissant en légères écailles farineuses ou en larges exfoliations épidermoïques , ou en croûtes épaisses. La matière de la suppuration corrode quelquefois les tégumens. Dans certains cas, ce sont des pustules qui conservent leur forme primitive jusqu’à leur entière dessiccation ; dans d’autres, des phlyctènes ou vésicules remplies d’uii liquide séreux, qui se développent et s’éteignent avec la rapidité de l’érysipèle. Enfin, quelquefois les dartres simulent tous les phénomènes de l’érythème.!
Un caractère remarquable des dartres est de s'étendre , comme en rampant, sur diverses parties de la peau : de là les dénominations herpes sefpigo J serpentia ulcéra^ etc. Souvent aussi elles disparoissent spontanément pour revenir ensuite sur quelqu’autre partie.
Rarement ces exanthèmes sont accompagnés de fièvres; mais ils occasionnent constamment des cuis-
phlecmasies
sons ou des démangeaisons plus ou moins fortes, qui reviennent comme par accès, tandis que toutes les fonctions .intérieures s’exécutent avec régularité. Si le vice herpétique fait des progrès , le malade maigrit; quelquefois la rate et le foie s’engorgent, le ventre devient douloureux, les extrémités inférieures s’infiltrent ou sont extraordinairement émaciées, les viscères abdominaux contractent des obstructions incurables , etc.
M. Alibert divise les dartres en sept espèces, a chacune desquelles se rapportent plusieurs variétés.
Espèce Dartre furfuracée {Jierpes furfura-^
cens). Légères exfoliations écailleuses de l’épiderme, semblables à de la farine ou a du son , occupant une ou plusieurs parties dés tégumens , tantôt très-adhérentes à la peau , tantôt s’^en détachant avec une grande faciliter
Variété. Dartre furfuracée volante (Aerpes furjxiraceus volitans } , ainsi appelée à cause de son caractère ambulant.
Dartre furfuracée arrondie fierpes fïirfura^ Cens circinatus) . Elle consiste en plaques circulaires, dont lés bords sont plus rudes et plus élevés que le milieu.
Espèce ne. Dartre squameuse {herpes squamo-^ sus). Exfoliations de l’épiderme en écailles plus larges que dans F espèce précédente.
lie Variété. Dartre squameuse humide {herpes squamosus madidans). Exhalant presque continuellement une humeur ichoreuse , plus ou moins abondante , qui ressemble à des gouttes de rosée. Cette
dartre occupe ordinairement les oreilles^ le nez , la bouche , les parties génitales.
2®. Dartre squameuse orhiculaire {herpès squa^ mosus orbicularis ). Le plus souvent sèche , présentant quelquefois l’aspect de plusieurs cercles coticen* tnques, formant des écailles qui tombent et se re-^ nouvellent successivement, occupant ordinairement le milieu et le tissu graisseux des joues*
3®. Dartre squameuse centrifuge ( herpes squamo-^ sus centrfugus^. Cercles ou points orbiculaires, plus ou moins nombreux 5 occupant le creux des mains, résultant du dessèchement de l’épiderme qui blanchit , s’agrandissant du centre à la circonférence jusqu’à ce que la main soit totalement dépouillée; alors l’épiderme se reproduit, et l’affection dartreuse disparoît entièrement*
4^. Dartre squameuse lichénoîde {herpes squa^ mosus lichenoides). Ecailles dures, coriaces, blaachâtres , semblables à des lichens.
Espèce iu®. Dartre crustacée { herpes crustaceusf Croûtes jaunes , grises , blanchâtres ou verdâtres , de formes variées.
jre Variété. Dartre crustacée jlavescente {herpes crustaceus Jla^escens). Elle résulte d’un suintement douteux, dont la couleur jaune présente l’aspect da miel desséché ; elle occupe ordinairement le milieu d’une ou des deux joues : sa marche a quelque analogie avec l’érysipèle.
2®. Dartre crustacée stalactiforme {herpes crus^ taceus procumbens ). Croûte semblable aux stalactites , occupant toujours les ailes du nez.
^ 3®. Dartre crustacée en forme de mousse {herpes.
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crustaceus inusciformîs). Croûtes d’un gris verdâ-* tre, semblables à des mousses et entourées d’une aréole rouge ; observées par M. Alibert sur les mains, au-dessus du genou et sur le visage.
Espèce iv®. Dartre rongeante {herpes exedens Elle consiste en boutons pustuleux ou ulcères rougeâtres qui fournissent un pus ichoreux et fétide , attaquant et corrodant non- seulement les tégumens , mais encore les muscles , les cartilages et même les os.
Variété. Dartre rongeante idiopathique ( herpes exedens idiopathicus')*
26. Dartre rongeante scrophuleuse (Jierpes exce^ dens scrophulosus ) .
5®. Dartre rongeante vénérienne ( herpes excedens sjphiliticus ).
Espèce v®. Dartre pustuleuse {herpes pus tulosus)l Pustules plus ou moins volumineuses , plus ou moins rapprochées , dont la matière , en se desséchant , forme des écailles et des croûtes légères qui tombent , et sont communément remplacées par des taches rougeâtres.
jre Variété. Dartre pustuleuse mentagre (herpes pustulosus mentagra). Elle occupe le menton.
26. Dartre pustuleuse couperose (heiyes pustulo^ sus gutta rosea)» Elle attaque particulièrement ceux qui abusent des liqueurs spiritueuses , et occupe le nez , le haut des joues, les pommettes , le front.
3®. Dartre pustuleuse miliaire ( herpes pustulosus miliaris). Petits boutons blanchâtres et luisans, semblables a des grains de millet.
. Dartre pustuleuse disséminée (herpes pusiulo^
CUTANEES. 69
SUS dissemmatus). Boutons rougeâtres dispersés cà et là sur la peau , plus gros que ceux des variétés précédentes , et très -opiniâtres, laissant, lorsqu’ils viennent à s’éteindre , des taches d’un rouge sale.
Espece vi®. Dartre phljcténoïde {herpes phljC’^ tenoides^. Phlyctènes déformé et de grandeur variées , remplies d’une sérosité ichoreuse , et laissant, après leur dessiccation , des écailles rougeâtres analogues à celles qui suivent la terminaison de l’érysipèle.
1 V ariété. Dartre phljcténoïde confluente ( herpes phljctenoides confluens*),\jes vésicules sont répandues en si grand nombre sur toute la surface du corps qu’elles se touchent et se confondent.
2®. Dartre phljcténoïde en zone ( herpes phljcte-noides zonæformis). C’est le qu’on place ordinairement au rang des érysipèles. V^ojez ci-dessus , Genre VI, page 55.
Espèce vii^. Dartre érjthémoide ( herpes erythe» Elevures rouges et enflammées, produites par le gonflement du tissu cutané , se terminant à la longue par de légères exfoliations de l’épiderme , analogues à celles de l’érythème.
Traitement des Dartres.
Le traitement des dartres est loin d’ètre toujours efficace. Ces maladies opposent , en général , d’autant plus de résistance aux moyens de l’art qu’elles occupent une plus grande partie des tégumens , qu’elles sont plus anciennes , qu’ elles sont compliquées avec le scorbut , les scrophules , la syphilis. On en voit céder à l’usage intérieur , plus ou moins long-temps
yO PHLEGMASIES
continue, déjà douce-amère {solanum dulcamara) ^ de la fumeterre {fiimaria officinàlis ) , de la patience (j^umeæ patlentia) ^ du trèfle d’eau {trijolluTfii fihvînum)^ des préparations mercurielles , du soufre, de« sulfures antimoniaux. Ces divers moyens sont surtout suivis de succès lorsqu’ils sont secondés dans leur action par les bains mucilagineux, par les bains sulfureux, les lotions sulfureuses , l’application du soufre sous forme de pommade ou de liniment, et le régime végétal. Les fumigations sulfureuses anciennement recommandées , sont remises depuis quelque temps en pratique par M. le docteur Galès : beaucoup de dartres invétérées cèdent à ce moyen, qui est aujourd’hui très-employé à l’hôpital St. -Louis. Les administrateurs de cet hôpital y ont fait établir un appareil propre à donner des bains fumigatoires à douze malades à-la-fois, et dont la construction a été dirigée sur les meilleurs principes par M d’Arcet. Quelques dartres ne peuvent être guéries sans danger; d^autres semblent acquérir de l’intensité par les suites d’un traitement en apparence méthodique ; enfin, il en est qui, en disparoissant , entraînent des affections organiques des viscères abdominaux, thoraciques, etc.
GENRE XIII. Gale.
Synonymie. Scabies Sauvages, Vogel, Sagar; Psora, LiNNÆUS , CuLLEN , FrANK , ClC.
Prédisp. et causes occas* Cette maladie , qui est contagieuse, peut survenir par suite de la communication immédiate ou médiate avec un galeux. La négligence des moyens de propreté, et la délicatesse
cutanées. *71
de la peau sont d’autres circonstances qui en favorisent le développement. Elle se manifeste particulièrement dans les saisons froides et humides. Elle est due à un insecte qui , décrit par Linnæus sous le nom ^acarus scabiei^ a été ensuite observé par plusieurs entomologistes, et, dans ces derniers temps , par M. Gales ( Essai sur le Diagnostic de la Gale ^ sur ses causes ^ etc* Paris, 1^12).
Sjmptômes* C^est aux mains et entre les doigts , parties les plus exposées aux attouchemens des personnes galeuses , que cette maladie commence pour l’ordinaire à se manifester. On l’observe aussi à Tarticulatîon du poignet , a celle du coude , au pli de Faisselle , sur le dos , la poitrine , l’abdomen , vers les aines, à la partie interne des cuisses , au pli du jarret , etc. Invasion par un prurit peu considérable, qui augmente le soir et par la chaleur ; ensuite éruption de pustules solitaires ou réunies en nombre plus ou moins grand, dures à leur base , présentant au vSoramet une vésicule très»petite , qui contient d’abord une sérosité limpide , puis du véritable pus. C’est dans îa sérosité qu’on trouve l’insecte ; il s’éloigne de la vésicule peu de temps après l’avoir produite. Ilocca-sionne un prurit très-vif.
Les gales qu’on appelle miliaire et boutonnée ^ ne diffèrent l’une de Fautre que par le volume des pustules , qui sont très-petites, souvent rapprochées dans la miliaire , et plus grosses dans la boutonnée.
Traitement, Lorsque la gale est récente, on peut se borner à des frictions ou lotions propres à faire périr les insectes qui la propagent : telles sont les frictions faites avec la pommade de soufre , la pom-
PHLECMASIES
made oxygénée, le savon, l’onguent cîtrîn, les onguens mercuriels , leliniment ammoniacal , les lotions faites avec une décoction de tabac, l’eau de Goulard, l’eau de M. Meltemberg. M. le professeur Chaussier se borne à faire frotter la paume des mains avec une pincée de poudre composée de quatre parties de fleur de soufre, quatre parties de litharge , et deux de sulfate de zinc. Les fumigations sulfureuses qui , comme nous l’avons dit, sont souvent avantageuses dans le traitement des dartres, réussissent surtout parfaitement dans la gale , et sont très-employées depuis les expériences faites récemment par M. Gales. Les bains sulfureux, surtout ceux qui sont très-chargés de sulfure hydrogéné de potasse , comme le conseille M. Jadelot, guérissent aussi très-promptement la gale. On les prépare en faisant dissoudre le sulfure de potasse dans l’eau , dans les proportions d’un gramme (iS grains) par litre (2 livres) d’eau. On fait prendre un bain d’une heure et un quart par jour. Comme on n’a pas toujours la possibilité d’administrer des bains sulfureux aux galeux , on peut remplacer le sulfure de potasse en bains par le meme moyen en frictions , comme l’a encore prouvé M. Jadelot. Nous ferons connoître , dans la seconde partie de cet ouvrage, le liniment ou plutôt la pommade qu’il a fait préparer dans ce but. M. Jadelot conseille d’étendre légèrement, deux fois par jour, en se levant et en se couchant, la dose d’une once (5 décagrammes) environ de cette pommade sur les différentes parties du corps, spécialement sur celles où il y a des boutons de gale. La maladie se guérit ordinairement en moins de huit jours , quelquefois en quatre. Le procédé de M. Hel-
merîck , qui consiste en une pommade composée de soufre et de sous-carbonate de potasse ( voyez la seconde partie), peut aussi être employé. Avant de commencer les frictions, on fait prendre au malade un bain dans lequel on a dissous du savon vert : on le frictionne ensuite trois fois par jour avec une once delà pommade chaque fois. Trois jours de frictions sont quelquefois suffisans. Enfin, on peut guérir la gale à l’aide de frictions faites avec la solution de sulfate de potasse chargée de soufre et d’hydrogène sulfuré, proposée par M. Dupuytren : on dissout quatre onces de sulfure de potasse dans une livre d’eau , à laquelle on ajoute environ une once d’acide sulfurique; le malade se frotte deux fois par jour, à douze heures de distance, avec quatre onces environ chaque fois de la solution. Après quatre frictions, on fait prendre un bain tiède , et on continue de la même manière si cela est necessaire. Souvent quatre frictions, quelquefois même deux et un bain, suffisent pour obtenir la guérison. Le procédé de M. Jadeîot a, sur ces deux derniers, l’avantage de ne point exiger de bains , et de ne point tacher les linges, comme le fait la solution proposée par Al. Dupuytren. C’est au contraire une espèce de savon qui facilite beaucoup le blanchiment.
Lorsqu’on traite la gale par des frictions , on doit en général les modérer suivant le degré de sensibilité de la peau, et bien distinguerles éruptions qui sont souvent l’effet même du traitement , d’avec les véritables éruptions psoriques.
PÎILECMASIES
GENRE XIV. Pemphigus.
Prédisp. et causes occas. Cet exanthème est rare. On paroît l'avoir plus souvent observe chez les enfans que chez les adultes et les vieillards. La grossesse, l’accouchement, la cessation des règles chez les femmes sanguines , l’omission d’une saignée habi-^ tuelle, une vie sédentaire , l’usage des viandes salées et fumées, etc., semblent être ses causes occasionnelles. Le pemphigus est sporadique.
Symptômes. Invasion par un mouvement fébrile qui n’est pas toujours sensible. Ensuite prurit dans une partie de la peau , promptement suivi de plaques rouges avec tuméfaction , sur lesquelles se forment des vésicules séreuses, transparentes, jar^nâtres , du volume d'un lobe de pois à celui d'une amande , qui se terminent, après quelques |ours de durée , par l’eL fusion du liquide qu’elles contiennent et par la des-^ siccation de leurs bases dénudées. Le pemphigus en^ vahit quelquefois une grande partie des tégumens , et peut même se propager sur quelques portions de système muqueux, ou y déterminer un état inflammatoire.
L’espece simple se divise, d’après M. Gillibert (^Monographie du Pemphigus^ ^ en trois variétés,
. I Pemphigus aigu simultané.
2®. Pemphigus aigu successif.
3®. Pemphigus chronique.
Traitement. La diète, le séjour dans le lit, une boisson douce et raucilagineuse , sont indiqués dans les premières périodes, par l’état d'irritation qui les accompagne. La saignée peut convenir, mais rare^
îiient , et seulement dans les cas de suppression de menstruation, d’une hémorrhagie habituelle. Vers le déclin , on a recours aux boissons légèrement toniques, telles que les décoctions de chicorée , de patience , auxquelles on joint Fusage des bouillons de viande, et ensuite de légers alimens. On s’abstient des applications topiques. Le pemphigus chronique paroît être souvent la suite d’une constitution détério'* rée, et exige des soins qui ne peuvent être assujettis a des règles générales.
GENRE XV. Ephélides.
Toutes les éphélides ont pour caractères communs de produire des changemens de couleur dans une ou plusieurs parties des tégumens , et le plus souvent sans élévation apparente ; elles paroissent être le ré^* sultat d’un désordre survenu dans l’exhalation cutanée ; elles se développent avec une grande rapidité ou lentement ; elles ne sont pas contagieuses.
M. Alibert en admet trois espèces.
Espèce ire. Ephélide leniiforme {ephelis lentigo). Taches lenticulaires , éparses ou rassemblées en corymbe , de couleur fauve , roussâtre ou brune , sans aucun prurit : elles affectent en général les parties exposées à l’air ou au soleil.
Espece II®. Ephélide hépatique (^ephelis hepaticci). Taches isolées ou rapprochées en certain nombre , beaucoup plus étendues que celles de l’espèce précédente , d’une couleur ordinairement safranée, se terminant quelquefois par une légère desquamation. Elles affectent particulièrement le cou et l’abdomen, et surtout la région du foie, les reins, les aînés.
PIILEGMASIES
Cette espèce, suivant qu elle est pennanente ou passagère, se divise en deux variète's.
EpJiëlide hépatique persistante ( ephelis hepatica per si siens ),
2^. Ephélide hépatique fugitive {^ephelis hepatica fugitiva ).
Espece iii®. Ephélide scorbutique {ephelis s corbu- ^/m). Taches très-ètendues, d’une couleur sale et brunâtre , assez semblable à celle de la suie , qui affectent communément le devant de la poitrine , le dos, la partie externe des bras et des cuisses. Cette espèce présente deux variétés.
Ephélide scorbutique noire {ephelis scorbutica nigro mnculatd).
2®. Ephélide scorbutique panachée ( ephelis scor^ butica variegata').
Traitement des Ephélides,
Il est encore peu connu. Quelques-unes s'effacent par un seul bain , par de simples lotions , par un changement survenu dans l’atmosphère ; d’autres restent indélébiles pendant plusieurs années. Quelquefois l’éclat de la peau ne se rétablit que dans certaines portions du système dermoïde , tandis que d’autres
portions demeurent constamment altérées.
GENRE XVI. Psjdracia.
M. Frank a donné le nom de psjdracia à une éruption psoriforme qui diffère de la gale en ce qu elle ne doit pas son origine à un insecte, et qu’elle n’est pas contagieuse. La malpropreté, l’usage d’alimens insalubres , le scorbut , la pléthore , etc. , peuvent
accâsîoniier ces sortes d’ëruptious. Elles sont endémiques dans certains pays : elles peuvent être périodiques; quelquefois elles accompagnent des maladies fébriles, et sont symptomatiques ou critiques. Leur traitement est extrêmement variable , suivant leurs causes et les circonstances qui les accompagnent. Elles exigent souvent les bains, les sucs amers, le soufre à l’intérieur, l’usage des sudorifiques, les purgatifs , etc.
Phlegmasîes cutanées gangréneuses*
GENRE XVII. Pustule maligne.
Synonymie. Feu persique, Pustule maligne, Bouton malin , Charbon , Anthrax , etc.
Prédis]), et causes occas. Cette maladie se propage des animaux vivans ou de leurs dépouilles, à Fiiomme, soit par un contact immédiat, soit par une sorte d’inoculation , soit par la respiration ou les voies alimentaires. Les tanneurs, les bouchers, les fermiers , les vétérinaires sont les plus exposés à la contracter. Toute espèce d’insecte , en suçant le sang d’un animal mort dans un état charbonneux , peut transmettre ainsi le virus à l’homme, en venant se reposer sur ses mains ou sur son visage.
Symptômes. — Par iété proéminente, i®. Démangeaison incommode, mais légère, suivie de la formation d’une vésicule séreuse qui, d’abord de la grosseur d’un grain de millet, croît peu à peu, devient brunâtre , se rompt et laisse échapper une ou deux gouttes d’une sérosité roussâtre. 2"". Formation d’un petit tubercule dur et rénitent , mobile, ayant
^8 EGMASIES
la forme et le volume d’une lentille ; sentiment do chaleur, d’ërosion et de cuisson ; le tissu de la peau s’engorge, sa surface est tendue et luisante; le tubercule central devient brunâtre, insensible : il est gangre'në. 5^". Le mal pénètre dans le tissu cellulaire, fait des progrès ultérieurs, ei devient une affection générale qui est accompagnée de symptômes ataxiques. , Cette maladie est quelquefois extrêmement rapide dans sa marche ; si elle parvient â son dernier terme, le malade périt dans un état gangréneux, en répandant l’odeur la plus fétide.
Variété déprimée^ Prurit assez fort qui dure plusieurs jours. Le 2® jour, point noir semblable à la morsure d’une puce; phlyctènes circonscrites et régulières , qui se rompent , donnent issue à une sérosité rousse , et laissent à nu une surface noire , comme charbonnée, qui adhère peu aux parties soujacentes. Le 5e jour, angoisses et lipothymies fréquentes* Le 6®, délire taciturne, tuméfaction locale , état gangréneux très-prononcé , mort.
Variété non contagieuse. Elle a son siège au visage ou â la partie antérieure du thorax. Invasion, le plus ordinairement sans signes précurseurs, par une enflure considérable , élastique, incolore , avec une tumeur circulaire au centre , du diamètre de la cornée transparente , très-dure , et présentant au milieu une petite pusjtule de la grosseur d’un grain de chenevis , à base noirâtre ou livide , sans douleur, sans chaleur et sans lièvre : celle-ci ne survient qu’à l’époque de la suppuration. Le froid des extrémités , l'inégalité du pouls et les frayeurs de la mort l’accompagnent , lors même que la maladie prend une terminaison favorable*
MUQUEUSES. fjg
Traitement» Il faut employer aussitôt tous les moyens d’arrêter les progrès de l’infectioa et de circonscrire la maladie locale. Pour cela, on pratique des scarifications , et on applique des caustiques puissans, tels que les acides sulfurique et Iiydroclorique (muriatique) concentres, la potasse, le muriate d’antimoine sublime. Dès que la gangrène est bornée, on favorise la suppuration. S’il y a complication de fièvre ataxique , il faut joindre aux moyens indiqués pour le traitement de ces fièvres l’usage topique du camphre ^ du quinquina , de l’alcool aromatique, etc.
ORDRE IL
PHLEGMASIES DES MEMBJIANES
M uq UE USES.
Prédisp» et causes occas» Exposition subite au contact de l’air frais, température froide et humide, suppression de la transpiration , d’un épistaxis , des menstrues, du flux hémorrhoidal , d’un exanthème, d’un ulcère habituel, etc. Ces affections coexistent quelquefois avec les phlegmasies cutanées : telle est l’angine dans la scarlatine , l’ophthalmie dans la rougeole , etc. Elles peuvent être sporadiques , épidémiques et même endémiques : la plupart ne peuvent être occasionnées par contagion.
Symptômes. Douleur sourde et gravative , variable cependant suivant le siège de l’inflammation ; chaleur modérée , tuméfaction légère , rougeur trèsmarquée; d’abord suppression , ensuite augmentation de la sécrétion propre k la membrane affectée ; mu-
I^HLECMASIES
eus d'abord incolore el visqueux , ensuite consistant,’ opaque, d’un blanc jaunâtre; mouvement fébrile peu intense , quelquefois à peine sensible. Ces phlegmasies peuvent être aigues ou chroniques ; celles-ci ne consistent que dans une augmentation de sécrétion du mucus qui, en même temps , devient opaque et quelquefois purulent.
Terminaisons. La résolution est la plus ordinaire ^ la sécrétion muqueuse diminue graduellement , cesse d’être plus abondante que dans l’état de santé, et le mucus reprend son caractère antérieur. Une sueur abondante, une urine sédimenteuse ou autres phénomènes critiques s’observent quelquefois à cette époque. Le passage de la phlegmasie de l’état aigu à l’état chronique n’est pas rare ; il survient souvent alors une véritable fièvre hectique : de là les phthisies dites muqueuses. Ces inflammations peuvent aussi se terminer par l’induration et le cancer; il est plus rare de les voir passer à la gangrène.
Traitement. On combat l’irritation qui existe dans les deux premières périodes, à l’aide des mucilagineux ; on donne des toniques dans la troisième pour remédier à l’espèce d’affaissement dans lequel se trouvent alors les membranes atteintes. On insiste surtout sur ces derniers moyens lorsque la phlegmasie devient chronique.
GENRE P^. Ophthalmie.
Synonymie. Ophthalmia , Sauvages, Linnæus , Vogel, CuLLEN, Sagar; Opliihalmitis
Prédisp. et causes occas". Toute irritation directe de la conjonctive; les coups, les piqùi'es, la présence
MUQUEUSES. 8î
d’un corps étranger , le renversement des cils, l’accroissement des poils, sur la caroncule lacrymale , les vapeurs acides ou ammoniacales , la fumée , l’exposition continuelle aux rayons solaires , à une flamme vive , aux vents du nord ; le séjour prolongé dans les lieux qui réfléchissent une couleur blanche, la lecture trop assidue; la suppression de quelques affections ^ locales ou évacuations habituelles , etc. L’ophthalmie attaque souvent les ouvriers en verrerie , les forgerons ^ les serruriers , les meuniers , les boulangers , les amidonniers, les vidangeurs , etc.
Cette phlegrnasie est ordinairement sporadique, quelquefois épidémique : elle est endémique en Egpte. ^ ^
Sentiment local de tension et de chaleur; ensuite douleur piquante , souvent accompagnée de prurit ; gonflement et rougeur plus ou moins considérables de la conjonctive. Du 2^ au 5® jour, augmentation du gonflement et de la rougeur; larmoiement, écoulement d’un mucus d’abord limpide , incolore et comme séreux, ensuite opaque , épais , d’un blanc jaunâtre ; paupières entr’ ouvertes. En raison du degré d’intensité de l’ophthalmie aigue, on en distingue deux variétés : l’une foible , exclusivement bornée aux symptômes locaux , et l’autre forte (^chemosis) , qui est accompagnée de fièvre , d’une céphalalgie violente, d’insomnie, avec impossibilité de soutenir la lumière la plus foible, et d’un gonflement tel de la conjonctive, quelle dépasse de beaucoup le niveau i de la cornée transparente. Ce gonflement s’étend quelquefois jusqu’au bord libre des paupières, qui s’engorge et laisse suinter un mucus opaque, d’un
blanc jaunâtre. La maladie se termine par résoïutlort au bout de sept à onze jours , ou passe à l’ëtat chronique 5 quelquefois avec ulcération du bord libre des paupières.
Traitement, Si l’ophthalmie est légère, le repos, le séjour dans un lieu obscur, les boissons délayantes suffisent pour la combattre ; mais l’ophthalmie forte exige , outre cés moyens , l’emploi des topiques émolliens dans le stade inflammatoire , et celui des topiques astringens dans l’état de relâchement qui succède. On doit quelquefois, dans le début, pratiquer des saignées ou appîiqûer des sangsues au voisinage des yeux, ou â l’anus, ou â la vulve , suivant que l’ophthaîmie a paru à la suite de la suppression des hémorrhoides ou des menstrues. Si la maladie est chronique , on combat la cause qui l’entretient.
GENRE n. Corjza,
Synonymie, Coryza, Hippocfiate ; Gra^cdo des Latins ^ Catarrhus narium, Febris catarrhalis des Allemands.
Prédlsp, et causes occas. Les plus ordinaires sont le refroidissement subit , la suppression de la transpiration , d’une ophthalmie ou d’une otite habituelles, etc.
Symptômes, Sécheresse des narines, céphalalgie frontale , sentiment de prurit et de pesanteur dans les sinus; éternuement, larmoiement , sécrétion du mucus nasal d’abord diminuée , puis augmentée. Le coryza passe quelquefois â l’état chronique.
Traitement. Si la maladie est aiguë, on n’emploie aucun moyen particulier, â moins que les symptômes ne soient portés à un degré intense ; et alors on di-
rîge des vapeurs emollientes vers les fosses nasales. Si elle est chronique , on combat la cause qui Tentretient.
GENRE ni. Otite.
Synonymie. Otalgia înflammaiorla , Sauvages; Otitis ^ Vogel; Inflammatio aiirium , Brotbecr; Catarrhe de Toreille.
Prédisp. et causes occas. Passage du chaud au froid ou de la sécheresse à rhumidîté ; fraîcheur des nuits; crises de quelques maladies aiguës; métastases ; présence d’un corps irritant dans l’oreille | endurcissement du cérumen , etc.
Symptômes, Variété. Otite externe (catarrhe du conduit auriculaire). Douleur peu vive, rougeur et gonflement dans le conduit auriculaire, tintemens et bourdonnemens d’oreille ; ouïe affoiblie ; suppression du mucus auriculaire ; bientôt après écoulement d’un liquide d’abord limpide , puis opaque, blanc,, et augmentant de consistance jusqu’à la fin de la maladie : celle-ci se termine au bout d’environ quinze jours par résolution , ou passe à l’état chro*^ nique.
2e Variété. Otite interne ( catarrhe de la cavité du tympan). Si l’inflammation se borne à la cavité du tympan , elle produit des tintemens , des élancemens obscurs , et un sentiment de tension peu incom*^ mode; mais, le plus souvent, elle se propage du tympan à la trompe d’Eustache : dans ce cas , elle occasionne des douleurs très-vives , qui se portent de l’intérieur de l’oreille à la gorge , et gênent les mou-' venlens de rotation du cou et la déglutition. Le moindre effort pour tousser, éternuer ou se mou-
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cher détermine une sensation douloureuse dans Fo-reille ; l’ouïe est dure. H y a enchifrènement , toux sèche y céphalalgie , et tous les soirs un mouvement fébrile. Si les symptômes locaux sont très-intenses, ils peuvent être accompagnés d’insomnie , de délire , d’une attaque d’épilepsie. Tous ces accidens diminuent ensuite par degrés, excepté la dureté de l’ouïe , qui augmente vers la fin de la maladie. Le plus ordinairement elle se termine par l’explosion subite d’une matière fétide et abondante qui sort du méat auditif ou de la gorge. Cette phlegmasie peut passer à l’état chronique j elle peut déterminer la sortie, la carie des osselets , la surdité , un tintement d’oreille continuel.
Traitement de V Otite. L’otite externe est quelquefois si légère quelle n’exige aucun moyen particulier. Lorsque l’inflammation est considérable , on se borne , dans la première période , à diriger des vapeurs tièdes vers le méat auditif, ou on y introduit du coton imbibé d’une huile grasse récente ou d’une eau mucilagineuse ; si la douleur est très-forte, il convient d’y ajouter un peu d’opium. Du 12® au i5® jour, on remplace les adoucissans par quelques excitans, tels qu’un alcool aromatique; et si raffection est rebelle, on est quelquefois forcé de recourir aux rubéfîans et aux purgatifs. Dans l’otite interne , ces moyens suffisent lorsque l’affection est légère; si elle est intense et accompagnée de douleurs trèsfortes , il peut être utile de pratiquer une ouverture a la membrane du tympan. Lorsque l’humeur est sortie, soit naturellement, soit artificiellement, la maladie marche ordinairement vers la guérison ; si
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elle tendoit à Fétat chronii^ae , il faudroil employer les vésicatoires et les purgatifs.
GENRE IV. Angine gutturale.
Synonymie. Angina cum tumore , Boerhaavï:; Cynanche tonsillaris et pJiarjngea 3 Sauvages , Cullen.
Prédisp. et causes occas. L’enfance , l’adolescence, le tempérament sanguin; les vicissitudes atmosphériques ; le refroidissement subit des pieds et de la nuque ; des boissons froides prises pendant que le corps est échauffé ; la déglutition de substances irritantes ; la suppression de certaines évacuations. Cette maladie peut être sporadique ou épidémique.
Symptômes, Variété. Angine tonsillaire. Sentiment de douleur et de chaleur dans l’arnère-bouche; déglutition gênée et douloureuse; une des tonsilles , ou les deux à la fois, ainsi que le voile du palais , rongés , tuméfiés , parsemés de points blancs ; suppression de la sécrétion muqueuse de la gorge, puis expuition de mucosités filantes et visqueuses; souvent douleurs vives d’oreilles, qui paroît se transmettre par la trompe d’Eustache ; respiration quelquefois difficile et ne se faisant qu’à travers les narines. Terminaison au bout de quatre , sept ou quatorze jours, par la résolution, l’expuition d’un mucus opaque et jaunâtre, la suppuration des tonsilles , la métastase sur quelques viscères , l’induration.
2© Variété. Angine pharyngée. Rougeur augmentée du pharynx, qui souvent est parsemé de taches blanchâtres , ce qu’on observe très-bien sur la partie postérieure de ce conduit qui répond aux vertèbres^
cervicales ; déglutition ^douloureuse et quelquefois impossible^ sans aucune gêne de la respiration; les boissons sont souvent rejetées par les narines, et déterminent une toux convulsive. Les autres phénomènes sont les mêmes que ceux de la première
variété.
Traitement de V Angine gutturale. Lorsqu’elle est légère, on se borne aux boissons mucilagineuses , et on dirige des vapeurs tièdes dans la gorge. La maladie est-elle intense , on a recours à tous les moyens qui composent la méthode perturbatrice : lels sont les vomitifs, les lavemens, les purgatifs, les pédiluves irritans, les sternutatoires , les rubéfians : leur usage doit souvent être précédé de saignées générales et locales. On ouvre la veine du pied lorsqu’il y a suppression de la menstruation. A ces moyens on associe, dans la première période , les vapeurs aqueuses , les cataplasmes émolliens : à une époque plus avancée de la maladie, on rend ces applications topiques excitantes , a l’aide de l’alcool , des plantes aror matiques, etc.; on prescrit des gargarismes slimulans. Se forme-t-il un abcès dans les amygdales ou dans l’épaisseur du pharynx, on l’ouvre avec l’instrument tranchant si la nature ne se vSuffit pas a ellemême. Dans le cas de l’induration des amygdales, on a recours à la résection ; mais lorsque Fangine pharyngée se termine de cette manière , l’introduction de la sonde est la seule ressource; encore ce moyen ne fait-il que retarder le marasme et la mort, suites inévitables du rétrécissement du conduit de la dégîidition.
MUQUEUSES
GENRE V. An^int gutturale gangréneuse*
Synonymie. Morbiis strangulalorius , Epîdemîca gutluris lues, ^ffectus suffbcaiorius , Carbimculiis angmosus , Phlëgmone anginosa , Morbus pueronim , Tonsillce pestilentes y Aphihæ malignæ ^ CydiVoiiWo des Espagnols^ Cynan^he inaligna , Sauvages, Cullen ^ Angina 3, JoHnstone ;
Angîna gangrænosa y Vithering^ Cynaiiche gangrcenosa ^ Cjtianche ulcerosa.
Prédlsp. et causes occas. Sexe fëminia ^ enfance , adolescence 5 tempérament lymphatique ; affoiblisseraent par des maladies anterieures ou des évacuations excessives. Cette affection est rarement sporadique , et le plus ordinairement ëpidëmique.
Symptômes. Invasion ordinairement par un vertige et par des frissons ou un sentiment de froid , suivi d’une chaleur vive ; ensuite douleur dans le gosier , roideur du cou avec nausées, vomissemenvS ou diarrhée, fréquence du pouls. La muqueuse buc^ cale prend ensuite une couleur rouge fleurie, surtout aux environs des tonsilles et sur les glandes même , ou ces parties sont couvertes de taches étendues et irrégulières , d’un blanc pâle , avec des bords rouges. Vers le 2^ jour, gonflement érysipélateux du visage , du cou, de la poitrine, des mains et des doigts; dès-lors cessation des envies de vomir et des déjections. Les taches blanches prennent une couleur cendrée, et l’on voit qu’ elles sont de véritables escarres. Cependant, quand la maladie est bénigne, la lésion de l’arrière-bouche se borne à une ulcération superficielle; les parotides deviennent dures et douloureuses au toucher ; leurs environs présentent un gonflement cpdémaleux qui s’étend quelquefais
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sur îa poitrine 5 et qui , en resserrant le larynx , ang^ mente le danger. Vers la nuit^ exacerbation souvent accompagne'e de délire , de propos incohérens ^ ou de stupeur et d’un état comateux , ce qui continue pendant deux ou trois jours et plus. Vers le matin ^ des sueurs plus ou moins colliquatives ont lieu. Tous les symptômes de la maladie augmentent par la saignée, les purgatifs et les rafraîcbissans , qui conviennent dans les angines ordinaires. Cette affection prend une marche favorable lorsqu’au 5®, ou 5^ jour la rougeur de la peau disparoît , le gonflement du cou s’affaisse , le pouls est moins fréquent , les escarres tombent, les ulcérations se séparent, l’urine devient trouble et sédimenteuse. Si la maladie conserve son intensité, elle peut s’accompagner de tous les accidens des fièvres graves et devenir funeste.
Traitement. Dans le commencement, on seconde le vomissement par une infusion de thé, de fleurs de camomille ou quelques gi^ains d’ipécacuanha. Si la diarrhée ne cesse pas au bout de douze heures, à compter de l’invasion , on cherche à l’arrêter par l’u^ sage des cordiaux et des aromatiques. On administre d’ailleurs le traitement général des fièvres adynamiques et ataxiques; on insiste, par conséquent, sur l’usage du vin et des autres toniques ; on fait appliquer des vésicatoires sur diverses parties du corps , etc. Quant au traitement local , il consiste à favoriser la chute des escarres et à entraîner au dehors la matière des sécrétions de la bouche , à l’aide des gargarismes stimulans, sans employer les instrumens. On fait succéder des gargarismes anti-septiques pour prévenir les progrès de la gangrèneetpourdétergerlesulcérations.
muqueuses/
GENRE VI. Angine trachéale.
Synonymie. CjnancJie trachealis , Sauvages, Cullenj Cjnanche laryngea , Eller , etc.^ Angîna interna, Tulpius,
Prédisp. et causes occas. Les mêmes que celles de l’angine gutturale. Tout âge est dispose à contracter cette maladie.
Symptômes. Cette phlegmasie peut avoir son siège sur les bords de la glotte , dans le larynx , dans la trachée et dans les premières divisions des bronches. Elle s’annonce par une douleur avec ardeur dans le trajet du conduit aérien ; la respiration est petite , fréquente et laborieuse \ la voie aiguë, sonore (^clangosa^ et sifflante ; l’inspiration douloureuse, la toux rauque, l’expectoration d’abord nulle , puis augmen-» tée; le pouls petit et foible ; l’agitation et l’anxiété sont extrêmes. Les caractères particuliers de l’angine du larynx sont un sentiment de constriction dans cette partie , une voix aigre et tremblante , une douleur très-vive lors des efforts de la déglutition, a cause de l’élévation du larynx. L’angine trachéale se reconnoît a la voix, qui est aiguë , sonore et sifflante , et a la douleur aiguë qui a lieu dans l’inspiration. L’obscurité encore répandue sur la distinction de l’angine laryngée ou trachéale est d’ailleurs de peu d’importance, l’une et l’autre étant également graves et exigeant le même traitement.
La maladie, quel qu’en soit le siège, se termine au bout de trois à sept jours, par suffocation ou par résolution : l’expectoration devient alors opaque et consistante ; il survient une sueur générale et une nrine sédimenleuse. L’angine peut passer à l’état
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chronique et à celui d’ulcëration ; elle peut produiras une nie'tastase dangereuse , soit à la tête , soit à la poitrine ^ soit à l’abdomen.
. La phthisie laryngée provient du passage de l’angine trachéale à l’état chronique. Dans le premier stade de cette affection , fièvre légère ou nulle , peu de gêne dans la déglutition, aridité de l’arrière-bouche ^ douleur fixe vers la partie supérieure du sternum , difficulté de respirer en marchant, changer ment du son de la voix, etc. Le second stade est marqué par la fièvre lente , une augmentation de douleur dans la trachée , une excrétion de mucosités sous forme purulente , la toux , une plus grande difficulté d’avaler^ des anxiétés , la maigreur, une voix Irès-grêle. Les sjmiptômes du troisième stade sont communs a toutes les espèces de phthlsies au dernier degré.
Traitement. Il consiste dans l’usage des boissons
émulsionnées et nitrées ^ ou simplement mucilagineuses et acidulées, des fumigations et des fomentations émollientes, etc. A litre de dérivatif, on a recours aux épispastiques , aux sinapismes, aux ventouses scarifiées. Un des moyens les plus efficaces pour dégorger promptement le système capillaire, siège de l’angine, est l’application de dix à douze sangsues autour du cou. Si la phlegmasie ne se termine pas par une résolution bénigne, ou par une évacuation critique, ou une métastase , tout trait emgnt devient inutile.
MUQUEUSES
GENRE Vîî. Croup.
SrNONFMiE. Cj'nanche stridula , Walbom ; Croup et sujfocatio siridula f yéngîna poljposa ^ Mighaelisj
Cynanche trachealis humida^ Rosh^ Croup muqueux, Len™
' TIN J etc.
Prédisp. et causes occas. Cette maladie affecte par» îlculièrement les enfans , depuis la deuxième année jusqu’à l’âge de sept ans , souvent à la suite d’un refroidissement subit, quelquefois sans cause connue. Elle peut devenir épidémique , surtout au printemps et en automne. Le froid et l’humidité sont favorables à son développement. Elle peut attaquer à plusieurs reprises le même individu.
Symptômes. Ceux d’un rhume plus ou moins intense, pendant un ou deux jours; ensuite, voix et toux rauques, léger sentiment de douleur dans le cou, respiration difficile, inspiration sifflante, glapissante , semblable au cri d’un jeune coq, caractère que présente aussi quelquefois l’expiration ; expectoration d’abord nulle, puis limpide et visqueuse, enfin consistante, opaque , et présentant souvent des lambeaux membraniformes étendus ou tubuîés ; pouls petit , foibîe , quelquefois intermittent ; anxiétés , agitations et assoupissemens alternatifs. Rémissions plus ou moins longues ; quelquefois’ intermission ^ complète, d’après les observations de Jurine. Terminaison au bout de quatre ou cinq jours, par résolution , souvent par suffocation.
Traitement. On cherche à supprimer la maladie dès son début, à l’aide de pédiluves chauds , de sternutatoires , de vomitifs, de lavemens irritans; on diminue l’irritation locale à l’aide de sangsues, par
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rinspîration de vapeurs tièdes et de Téther, et souvent par rapplication d’un vésicatoire sur le cou. J’ai plusieurs fois arrête la marche du croup en provoquant dès le début le vomissement, et en appliquant immédiatement après des sangsues et un large vésicatoire sur la partie antérieure du cou qui répond au larynx. Ces moyens doivent être administrés, pour ainsi dire, simultanément. A une époque plus avancée, on fait respirer des vapeurs excitantes, afin de provoquer la toux et l’expectoration de la fausse membrane. L’auteur d’un mémoire qui a concouru au prix proposé par le Gouvernement français, conseille le sulfure de potasse comme un moyen héroique dans le traitement du croup : il le donne à la dose de six à dix grains , matin et soir, depuis l’invasion jusqu’à la diminution bien marquée de la maladie. Ce médicamenta souvent réussi; mais souvent aussi , lors même que son administration a été bien surveillée , il n’empêche pas le croup d’être funeste.
GENRE Vin. Catarrhe pulmonaire^
Synonymie, PleurlUs humida , St P eripneumonia notJia^ SifDENHAM , Boekhaave , Selle , etc. ; P eripneumonia €atarrhal{s , Huxham; Febris catarî'holis , FfxÉd. Hoffmann.
Prédisp. et causes occas. Température froide et humide , vicissitudes atmosphériques , passage subit du chaud au froid , suppressions d’évacuations habituelles.
Cette phlegmasie est sporadique , souvent épidémique , et règne endémiquement dans certaines
Sjmptonies, Invasion par un léger sentiment de
contrées
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fatigue et de débilité, face un peu animée , anxiétés, fréquence de la respiration , oppression ; sentiment de chaleur, de douleur obtuse , de pesanteur et de tiraillement dans tout le thorax. La douleur et le tiraillement n’augmentent pas par les grandes inspirations ni parla pression extérieure, mais par la toux , qui est plus ou moins opiniâtre. Expectoration d’abord nulle, puis abondante, muqueuse, devenant opaque et plus consistante au déclin ; decubitus possible sur tous les côtés , peu ou point de fièvre ; paroxysmes le soir, souvent accompagnés d’alternatives de chaud et de froid , et pendant lesquels le mouvement fébrile est sensible.
La durée de cette maladie est de quatre , sept , quatorze à vingt-un jours, dans les sujets les mieux constitués; elle peut se prolonger beaucoup plus long-temps chez les personnes affoiblies par l’âge ou d’autres infirmités. Elle se termine, par la résolution , qui est accompagnée de crachats blancs et opaques, de sueurs, d’urine sédimenteuse, et quelquefois d’hémorrhagie nasale, surtout dans la jeunesse; 2 O par le passage à l’état de catarrhe chronique et de phthisie muqueuse.
Le catarrhe pulmonaire prend quelquefois un caractère extrêmement aigu et grave, qui lui a fait donner alors le nom de catarrhe suffocant. Une gêne très-grande de la respiration , une oppression extrême , un sentiment d’ardeur vers le milieu de la poitrine, l’expectoration nulle , ou sanguinolente, ou muqueuse; la grande fréquence du pouls , l’altération de la face , les ahxiétés : tels sont les caractères qui le distinguent. Le catarrhe suffocant survient subite-
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méat ou succède au catarrhe ordinaire. Sa tetminaîson, le plus souvent funeste, arrive ordinairement avant le septième jour, k compter du moment où il a pris le caractère suffocant.
Traitefhent, Dans le début du catarrhe pulmonaire , on se borne aux mucilaginèux ; à une époque plus avancée, on remplace les mucilaginèux par les infusions aromatiques, telles que celles de sauge, de romarin , de mélisse , etc. On donne surtout avec avantage Tipécacuanha à petites doses, soit en pastilles, soit en sirop. Vers la fin, l’usage des toniques est nécessaire pour prévenir le passage du catarrhe a i’état chronique. L’établissement d’un exutoire , les frictions sur la peau, l’habitation dans un lieu sec et élevé , l’exercice en plein air, doivent aussi souvent être conseillés dans le même but. Ces derniers moyens et l’usage des toniques sont surtout nécessaires lorsque le catarrhe est chronique.
Dans le catarrhe dit suffocant ^ il faut proportionner les moyens curatifs et la promptitude de leur administration au caractère très-aigu et très-grave de la maladie. Dès le début, un vomitif et les sangsues appliquées au fondement font souvent cesser les accidens. S’ils persistent, il faut se hâter d’appliquer un large vésicatoire sur la poitrine : il est quelquefois nécessaire d’en appliquer un second. On donne les adoucissans et les caïmans à l’intérieur.
GENRE ÏX. Gastrite.
Synonymie. Gasiritis , Sauvages, Linnæus, Vogel, CuLLEN , etc.; Febris siomachica inflammaloria , Fréd* Hoffmann ; In/lammatîo stomacJu , Boerhaave.
Prédisp. et causes occas. Contusions exercées sur
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Fepigastre, boisson froide prise après un violent ' exercice ou après Un emportement de colère; emploi imprudent des vofnitifs, introduction de quelque substance âcre dans l’estomac , empoisonnement j suppression de la goutte et de diffèrens exanthèmes.
Symptômes» Douleur vive, chaleur ardente, et sentiment de tension et de plénitude dans la région épigastrique ; augmentation de ces symptômes par la pression extérieure et l’injection des liquides même les plus doux , qui sont aussitôt rejetés par le vomissement; efforts continuels pour vomir, anxiété extrême , soif brûlante , respiration gênée , pouls petit , fréquent et même inégal; abattement considérable.
Cette maladie, ordinairement très-aiguë, est souvent funeste lorsqu’elle est portée à un haut degré d’intensité. Un grand accablement, le hoquet, des défaillances, des convulsions, le délire, sont le pré»' sage d’une mort prochaine. Elle peut se terminer par la résolution, par la suppuration , par la gangrène^ par le passage à l’état chronique, a celui de squirrhe et de cancer. L’ouverture cadavérique a quelquefois présenté des traces de l’inflammation de l’estomac, quoique les symptômes de la gastrite ne se fussent pas manifestés pendant la vie.
Traitement, On a recours aux moyens généraux indiqués dans les autres inflammations des membranes muqueuses. A raison de la grande sensibilité de l’estomac, ouest souvent forcé d’administrer les médicamens en lavemens. On ne peut combattre le vomrssement a l’aide du gaz acide carbonique, de l’opium ou de la racine de Colombo , que lorsque l’ir-
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ritation est diminuée. — Si la gastrite avoit été déterminée par un acide fort , et qu’on fût appelé a temps , on feroit prendre quelque substance terreuse ou alcaline , une eau chargée de savon , de la magnésie, etc. Mais l’effet des poisons corrosifs est si prompt , qu il importo^d’en affoiblir sur-le-champ l’action par les moyens qui se trouvent sous la main , tels que les boissons aqueuses et mucilagineuses. On gorgera donc le malade d’eau , de lait , de décoction de racines de guimauve , de riz , etc.
GENRE X. Entérite.
Sÿnonymie. Enteritis , Sauvages, Linnæus, Vogel, Sagar, Cullen ^ Inieslinorum injlammaiio , Boerhaave ) bris intestinorum inflammatoria ex mesenterio , Hoffmann,
Prédisp. et causes occas* Intussusceptîon d’une portion d’intestin dans une autre ; endurcissement de matières sèches dans le conduit intestinal ; état spasmodique , compression étrangère , hernie ; substances acres, vénéneuses ; purgatifs violens prisa l’intérieur* métastase de différens exanthèmes, de la goutte, du rhumatisme ; variations brusques de l’atmosphère j nourriture malsaine.
Symptômes, Douleur fixe dans une partie de l’abdomen, avec le sentiment d^une chaleur brûlante; tumeur oblongue et rénitente vers le siège de la douleur ; soif , vomissemens , constipation ou diarrhée; lièvre , pouls dur et déprimé , respiration fréquente, urine fortement colorée , hoquet , anxiétés , prostration des forces, et par intervalles mouvemens convulsifs ; sentiment de stupeur et quelquefois de froid aux extï’émités. L’entérite aiguë se termine par réso-
MUQUEUSES
iution, par siippuration^ par gangrène ^ par îndLira- ‘ tion, oupasseàl’ètat chronique. Dans l’ente'rite chronique, la douleur est fixe, la chaleur profonde ; et rintensitè de ces symptômes est modifiée par les périodes de la digestion. La constipation alterne souvent avec la diarrhée; les matières rendues sont dures ou liquides et séreuse^, quelquefois purulentes, sanguinolentes ; le ventre est dur , resserré ou balonné par des gaz; les digestions sont ordinairement altérées^ les forcés diminuent progressivement ; le marasme survient, etc. I
TraitemenU II est très-analogue à celui de la gastrite. On diminue la trop grande irritation par des émolliens administrés sous toutes les formes. On n’introduit dans Festomac que de très-petites quantités de liquides , de crainte de provoquer le vomissement. Les saignées, soit générales, soit locales, sont quelquefois nécessaires. Dans le cas de constipation , on a recours aux laxatifs. Lorsque la maladie est chronique , on se contente , en général , de combattre les symptômes les plus urgens.
GENRE XL Diarrhée catarrhale.
Synonymie. JDiarrhœa phuitosa i Sauvages; Diarrhœa mucosa, Cullen; Pituitaria et leucorrhoîs , Vogel.
Prédisp. et causes, occas. Cette maladie tient à un état d’irritation de la muqueuse intestinale , produite par des matières âcres qu’on a avalées, des poisons, des purgatifs violens ou administrés à contre-temps, ou par la métastase de la matière d’une autre sécrétion supprimée ou diminuée-
Symptômes* Us consistent dans l’abondance des dé-
qB phlegmasies
jections aîvines, ordinairement très-fre'qnentes^ de nature muqueuse , quelquefois très-liquides , accompagne'es de coliques et d'un épuisement progressif.
J ia diarrhée catarrhale peut être aigue ou chronique; elle peut se terminer d une manière heureuse , ou être suivie d’ulcération, ou d’induration et de squirrhe.
Traitement. Les mucilagineux, l’eau de riz, la décoction blanche de Sydenham sont indiqués tant qu’il existe beaucoup de douleur et de chaleur; lorsque l’irritation inflammatoire a cessé, et que la diarrhée menace de devenir chronique, on leur associe des astringens : ainsi* on édulcore l’eau de riz avec le sirop de coing; on fait dissoudre dans cette boisson, ou dans de l’eau de gomme arabique , du cachou ou du kino. On donne l’acide sulfurique étendu, l’angustura, la benoite, l’opium, le quinquina, etc. Li’emploi de ces moyens est quelquefois infructueux.
GENRE XIL Dysenterie.
Synonymie-. Dysenteria pSki5yAc^i.s , Lunnæus, Yogel , CuLLEN, Sagar , etc.
Prédisp. et causes occas. Cette maladie, souvent épidémique et contagieuse, est occasionnée par la chaleur humide , le passage subit d’une température élevée à une température froide ; les grands rassemblemens , comme dans les camps , les hôpitaux , les prisons , et à bord des vaisseaux , etc.
^Symptômes. — Période. Sorte'de commotion dans l’arcade du colon, comme s’il s’en étoit détaché une matière portée ensuite dans le conduit intestinal ; fièvre peu sensible , langue couverte d'un enduit blanchâtre ou jaunâtre , dégoût pour les alimens ,
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conslipation opiniâtre; d’autres fois, diarrhée pendant un ou deux jours , et ensuite vaine et fréquente envie d’alîer à la ^lîe ^ tranchées ,, resserrement extrême du rectum ^ avec le sentiment d’une chaleur âcre dans cette partie. — 2^ Période. (Elle commence du 7e au joe jour). Déjections liquides plus ou moins troubles , et quelquefois semblables à déjà lavure de viande , entremêlées de quelques mucosités ; ou évacuations entièrement muqueuses , mêlées de stries de sang, et rendues avec des efforts extrêmes. Point de tension du ventre, qui n’est pas douloureux au contact; sentiment de constriction , comme une espèce de barre , dans le trajet du colon. — 5*^ Période. Cessation ou grande diminution des douleurs; plus grande liberté du ventre, ou plutôt changement de la dysenterie en une diarrhée simple, avec quelques retours vagues de tranchées. Les déjections, devenues plus consistantes,* amènent par degfrés la solution entière de la maladie et le retour à
l’état naturel. La guérison a lieu du 20 au 25^ jour, à moins que le malade ne soit affoibli par Fâge, l’intempérance, des écarts de régime, ou quelque maladie antérieure ; et dans ce cas il succède cjuelquefois un dévoiement coîliquatif avec tranchées, flux de sang , chaleur âcre et mordicante au rectum , soif et sécheresse de la langue , et une mort plus ou moins éloignée.
Traitement. Au début, on administre ordinairement ripécacuanha comme vomitif et comme révulsif. On prescrit ensuite les mucilagineux en boisson, et, s’il est possible, en lavemens. 11 est bon d’ajouter des frictions cutanées et l’usage des vêtemens de
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laine. J’ai très-souvent arrête la marclte de la dysenterie en faisant administrer, dès le début , des demi-” iavemens mucilagineux , avec addition de huit à dix gouttes d’opium de Rousseau , ou de douze à quinze gouttes de laudanum liquide de Sydenham. La première de ces préparations est préférable comme plus calmante. L’extrait d’opium donné à la dose d’un grain à un grain et demi dans chaque demi-lavement , peut produire le même effet. Ces moyens ont réussi à plusieurs autres praticiens , et notamment à M. Landré-^eauvais. A défaut d’opium, on peut employer la décoction de quelques capsules de pavots j mais les préparations d’opium sont plus efficaces. La saignée générale peut devenir nécessaire , par la complication de la dysenterie avec la fièvre inflammatoire; et l’application des sangsues a l’anus est indiquée dans le cas de suppression d’un écoulement hémorrhoïdal habituel ou du flux menstruel. Dans la seconde période , on favorise l’évacuation des mucosités intestinales, à l’aide de quelques laxatifs, comme la manne, les tamarins , la casse ou le miel. S’il se manifeste des vers dans les déjections, on a recours aux vermifuges , tels que la coralline de Corse, l’absynthe , la rhubarbe. On nourrit légèretnent avec le salep, les crèmes de riz, etc. Dans la troisième période , on donne les amers et les aromatiques, pour relever le ton de l’intestin : tels sont la camomille, le simarouba , la rhubarbe , etc.
GENRE Xin. Catarrhe vésicaL
iS’rivoiVFi»f/£'. Catarrhe de la vessie, Lieutaud, Chopakt ; Rorus vesicœ ajjfectus , Hoffmann.
Frédisp. et causes occas. Cette maladie, qui at-
MUQUEUSES
laque plutôt les hommes que les femmes , spécialement dans l’âge adulte et la vieillesse, est souvent produite par l’usage intérieur des cantharides , des diurétiques âcres , par les progrès d’une hémorrhagie de r urètre, par un refroidissement subit ^ la suppression de la transpiration , la disparition d’un exanthème, du rhumatisme, de la goutte; par la présence d’un calcul , l’application continuelle de la sonde ou des bougies^ etc.
Symptômes. Douleurs à la vessie et au bout de Furètre avant d’uriner ou en urinant ; tension à la région hypogastrique, éjection plus ou moins difficile de l’urine , qui est blanchâtre , rougeâtre , trouble , mêlée de mucosités filantes , et quelquefois sanguinolentes , non fétides , qui se déposent promptement au fond du vase. Peu ou point de fièvre.
Cette phlegmasie se termine par résolution , ou passe à l’état de phlegmasie chronique.
Le catarrhe chronique présente des retours de dou-? leurs intolérables à la région du pubis et au périnée, avec des inquiétudes et des anxiétés. Les intermissions sont irrégulières , et peuvent durer quelques semaines. Cette afféction peut être accompagnée d’une ulcération des reins ou de la vessie ; la mucosité rendue est alors grisâtre ou Jaunâtre; elle se dépose lentement , se mêle et se délaye facilement dans l’urine et dans Feau ; elle est peu visqueuse et fétide. Il y a fièvre, douleurs continuelles, amaigrissement progressif jusqu’au marasme.
Traitement. Il est analogue à celui des autres phlegmasies muqueuses. Ainsi le commencement du catarrhe aigu indique l’usage des bains tièdes et des.
PIILEGMASIES
boissons muciîagi rieuses. Dès îa seconde période^ on doit recourir aux infusions aromatiques. Comme îa douleur est souvent le résultat de la distension de îa vessie par raccumulation de T urine ^ il est quelquefois nécessaire d’introduire la sonde.
Le catarrhe chronique est difficile h guérir, et souvent au-dessus des ressources de Fart, surtout dans la vieillesse. S’il est entretenu par la présence d’un calcul ou d’un autre corps étranger dans la vessie , il faut recourir à la cystotomie. S’il dépend de la métastase d’une affection dartreuse , psorique , rhumatismale , on emploie tour-à-tour des remèdes propres à porter a la peau ou au conduit intestinal; on établît un « exutoire, et on fait des injections toniques dans la vessie, iirsi, le cachou ont été quelquefois em¬
ployés avec succès. A ces moyens pharmaceutiques on associe ceux de Fhygiène, tels que l’exercice, l’habitation des lieux secs et élevés, l’usaije des vêtemens de laine appliqués sur la peau.
GENRE XIV. Blennorrhagie urétrale^
Synonymie. Gonorrhœay Sauvages, Li INNÆ.US , VOGÊL , CuLLEN, etc. ; Blennorrhagie , Swediaur.
Prédisp. et causes occas. Commerce jmpur, usage intérieur des cantharides, des diurétiques acres , de îa bière; métastase d’une affection arthritique ou dartreuse.
Sjniptômes. Lorsque la maladie est syphilitique, iis se développent plus ou moins promptement , mais rarement après le sixième jour du commerce impur. D’abord, espèce de titillation ou de léger prurit dans la partie de Furèlre correspondante au frein a
I^UQUEUSES.
les jours suivans, rougeur et gonflement de î’orifîce de l’urètre; nul écoulement, ou celui d’un liquide d’abord limpide , jaunâtre , puis opaque , consistant, et d’un jaune verdâtre. Impression brûlante cauvsèe par l’émission de l’urine , envies répétées d’uriner ; érections fréquentes et involontaires ; c[Uelquefois gonflement des glandes inguinales , ou tension et augmentation de volume du cordon spermatique ou même des testicules; quelquefois courbure du pénis par le gonflement douloureux de l’urètre , qui est comme une corde tendue. L’inflammation peut se
propager jusqu’à la vessie et'aux uretères. Au bout de trois à sept semaines , suivant la différence du régime ou du traitement, les symptômes d’irritation diminuent , les érections cessent d’être douloureuses, la matière de l’écoulement devient plus consistante et se tarit. Dans le cours de la maladie , l’écoulement peut se supprimer tout-à-coup , et le principe d’irritaÜQn qui l’occasionne se porter par métastase sur divers organes , le plus ordinairement sur les testicules , et en déterminer le gonflement inflammatoire; ou sur l’organe de la vue, et occasionner une oplitbalmie, avec écoulement d’une matière mucoso-purulente , semblable à celle qui sortoit de l’urètre, La blennorrhagie passe quelquefois à l’état chronique , et continue pendant des mois* et même des années entières, sans aupun caractère inflammatoire: c’est ^ce qui constitue la blennorrhée. Il peut, dans certains cas , survenir un état d’ulcération , un rétrécissement ou des callosités dans le canal de l’urètre.
Traitement, Dans la période d’irritation ,^on donne les mucilagineux, du petit-lait, du bouillon de veau
JO/l P II L E G M A s I E s
OU de poulet , une décoction de racine de guimauve ou de graine de lin , de l’eau avec du sirop d’orgeat ou de guimauve ; des bains generaux, des bains locaux. S’il y a gonflement dans le canal, resserrement dan^ ses parois, on fait une ou deux saignées générales, puis on applique dix a douze sangsues le long du canal ; si la douleur continue d’être vive , on associe les caïmans aux mucilagineux ; ^énsi On donne une tisane de graine de lin et de têtes de pavot; on fait dissoudre un ou deux grains d’extrait aqueux d’opium dans une pinte de la décoction émolliente. On emploie aussi ces mêmes liquides en lavemens. Lorsque la douleur et l’inflammation sont dissipées, on donne une tisane un peu tonique , telle que celle de chicorée , de patience , de bafdane , de racine d’asperge, avec un peu de nitrate de potasse. Si l’écoulement continue au bout de quarante à cinquante jours, avec un caractère indolent, on donne à l’intérieur des eaux ferrugineuses, du sirop anti-scorbutique, du quinquina, de la térébenthine cuite, du baume de Copahu. Si l’écoulement persiste malgré ces moyens, on a recours âux injections astringentes , faites avec des décoctions de rosesde Provins, de quinquina , des dissolutions de sulfate de zinc, dans la proportion d’un demi-gros à un gros par livre d’eau distillée , de sulfate de cuivre , dans la proportion de vingt-quatre à quarante-huit grains par livre d’eau, etc. On ajoute avec avantage deux gros de vin d’opium composé par chaque livre de ces dissolutions. M. Ansiaux, docteur en chirurgie a Liège, traite les blennorrhagies urétrales, dès leur début, par le baume de Copahu, qu’il donne en potion, d’après la formule de Chopart et
Desauît (^voyez la 2^ partie), et ce moyen réussit y ainsi que l’a reconnu M. Cullerier. Mais, dansions les cas, lorsque la blennorrhée est syphilitique, et que le malade témoigne de l’intérêt à jouir d’une santé irréprochable , M. Cullerier conseille quelques préparations mercurielles à foibles doses, dont il continue l’usage pendant environ douze jours.
Lorsque , à l’occasion de la suppression de l’écoulement urétral, un des testicules s’engorge , on traite cet engorgement par les moyens qui conviennent aux inflammations en général. Il en est de même de l’ophthalmie vénérienne, et on rappelle, dans ce dernier cas, l’écoulement urétral par une bougée emplastique ou de gomme élastique. On ne doit pas, comme le conseille quelques praticiens , recourir pour cela à une contagion nouvelle.
GENRE XV. Leucorrhée»
Synonymie. Fluxus muUebrls , Hippocrate ; muliebre , Galien ; Rheumata iiteri , Baillou ) Menstma alba , Sennert ^ Leucorrhœa , Trnka , Sauvages , etc.; Menorrhagia alba, Culleiv • Blennorrhagie et Blennorrhée de rutérus et du vagin ^ Catarrhe utérin, etc.
Prédlsp. et causes occas. Irritations fréquentes déterminées sur les organes génitaux , abus des plaisirs vénériens, abus des bains, dérangement des menstrues; suppression de quelque exanthème ou d’une évacuation habituelle ; vie sédentaire ; écarts de régime ; virus syphilitique ; vice darlreux.
Symptômes» Variété. Leucorrhée aiguë. Sentiment d’un prurit plus ou moins incommode à la vulve, se propageant dans le vagin, et quelquefois jusque dans l’iitérus, avec envie fréquente d’uriner.
PHLEGMASIES
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Vers le ou le 4® jour, e'eoulement d’un liquide d’abord clair, qui augmente ensuite en quantité, et devient jaunâtre ou verdâtre ; ardeur d’urine insupportable ; douleur gravative à l’hypogastre^ s’étendant vers Içs fosses iliaques, les aînés, les grandes lèvres, le périnée , et la partie supérieure interne des cuisses. Au 9® ou lo® jour, diminution des symptômes inflammatoires et de l’écoulement, qui devient graduellement plus épais, blanchit, et finit par s’arrêter tout-â-fait du 56^ au 4o® jour.
Variété. Leucorrhée chronique ou constitution'nelle. Manche irrégulière; absence totale, ou retour irrégulier de l’inflammation ; nulle tendance vers la guérison; durée illimitée. Cet état est ordinairement accompagné d’une langueur et d’une pâleur générales; d’un sentiment de tiraillement à l’estomac , de la perte de l’appétit, de la lenteur dans tous les mouvemens.
La leucorrhée peut se terminer par la première menstruation , par lesiochies , une hémorrhagie utérine ou intestinale, la diarrhée, le vomissement, le ptyalisme, des sueurs, etc- Elle se change souvent en une autre maladie : l’indifférence pour l’union des sexes, la stérilité sont des accidens de la leucorrhée habituelle, dont la suppression peut donner lieu à l’inflammation de la vessie urinaire ou de Futérus, à des ulcères utérins , des hémorrhoides , des exanthèmes , une fièvre muqueuse , l’hy dropisie , la diarrhée , l’entérite aiguë ou chronique , le diabétès , l’hystérie , des ardeurs de poitrine , des douleurs vagues de goutte, la phthisie , etc.
Traitement de la leucorrhée. Dans les leucorrhées
MUQUEUSES. jQrj
aiguës on modère la violence des symptômes , et on se conduit généralement comme dans la blennorrhagie urétrale. Dans les chroniques , on ranime l’action des organes qui sont le siège de la maladie ; on est quelquefois obligé de calmer l’ardeur de l’urine, le prurit , les douleurs hypogastriques , au moyen d’injections, de fomentations, de demi-bains, etc. On combat la constipation par les laxatifs. Lorsqu’il y a foiblesse individuelle, l’exercice , l’habitation des lieux secs et élevés , les toniques conviennent. Le dérangement des fonctions digestives s’opposant au succès du traitement, doit être combattu, lorsqu’il existe , par le régime , les purgatifs amers unis aux aromatiques, aux ferrugineux , etc. On modifie letraitement suivant les causes de la maladie. La suppression subite de Fécouleraent exige qu’oit le rappelle , si la maladie qui lui succède est plus dangereuse que le flux lui-même.
GENRE XVL Jphthes.
Synonymie. j4phthœ , Boerhaave, Ketelaer, Sau“ VAGES , Linnæus , CuLLEN , Sagar; FebHs aphthosa OGïùx..
Prédisp. et causes occas. L’enfance , la vieillesse ; l’habitation dans le Nord, dans des lieux marécageux; les saisons chaudes et pluvieuses ; un air non renouvelé, une nourriture malsaine.
Les aphthes ont leur siège sur les lèvres , les gencives, dans l’intérieur de la bouche, sur la langue , les amygdales, dans l’œsophage, et même dans l’estomac et les intestins.
Sjniptômes.' des Adultes. Amas plus ç?a mains aggloméré ou isolé de tubercules super fi-
PHLEGMASïES
ciels, ronds : ce sont des follicules muqueux aplatis, qui paroissent avoir à leur centre une petite ouverture ; ils sont quelquefois transparens , d’ai^tres fois blancs et plus ou moins denses; ils peuvent aussi prendre une couleur jaune foncée, livide ou noire , et devenir alors plus ou moins graves, surtout par leur complication avec une fièvre adynamique oq ataxique.
Les aph thés, après avoir persisté plus ou moins de temps, se détachent , tombent en petits fragmens, et abandonnent les endroits qu’ils avoieni occupés , quelquefois pour se reproduire ailleurs.
Aphthes des enfans QU MUGUET. Un sommeil profond, l’agitation des muscles de la face et des lèvres , la dyspnée , la prostration des forces , la foi«? blesse du pouls , le vomissement : tels sont les signes précurseurs. — Muguet bénin. Boutons blancs , superficiels , séparés les uns des autres , sans rougeur ni inflammation des interstices , ni du fond de la bouche ; chaleur modérée , point de gêne dans la déglutition, sommeil presque naturel, diarrhée légère. Au bout de quelques jours les boutons jaunissent un peu , s’exfolient par pellicules , et se dissipent entièrement vers le g® ou le lo® jour, surtout quand fenfaut a une nourrice. — Muguet^confluento^^ gan- GRÉNËUx. Petites pustules serrées et presque contiguës les unes aux autres , répandues sur les lèvres , les gencives, la langue, l’intérieur des joues , le fond de la gorge, et tombant pour faire place à de nouvelles ; les lèvres de l’enfant s’appliquant difficilement sur le teton, qui s’excorie quelquefois parleur contact ; bouche brûlante , comme tapissée d’une cQuche
IVI U Q; U E Ü s E s. ÏOQ
épaisse, blanchâtre, ^ui jaunit ensuite, et forme une escarre dont la chute laisse voir des ulcères gangréneux; déglutition très-gênée ; dévoiement verdâtre et continuel ; rougeurs très-vives à l’anus, qui dégénèrent souvent en escarres gangréneuses ; foiblesse, assoupissement ou insomnie; agitation violente et continuelle ; douleur des plus intolérables.
Traitement des Aphthes. Les aphthes des adultes, lorsqu’ils sont peu intenses , n’exigent que des boissons acidulées ; lorsqu’ils tendent à la gangrène , on les traite par les toniques. On a préconisé le borate sursaturé de soude en potion. - — On combat le muguet bénin par une bonne nourriture ,* ou , si l’enfant a été sevré en naissant , on lui donne des boissons adoucissantes , et on touche cinq ou six fois par jour les parties affectées avec un pinceau de charpie trempé dans une décoction d’orge , avec addition de miel rosatet de quelques gouttes d’acide sulfurique. — On a recours aux mêmes moyens dans le muguet confluent, dont on combat en outre les accidens. Si l’enfant est foible, on le ranime par des cordiaux en potions. Les ulcères gangréneux doivent être lavés et bassinés avec un mélange d’eau de chaux et de miel rosat, ou d’une décoction émolliente avec le^ sirop de quinquina , le tout aiguisé de quelques gouttes d’acide sulfurique.
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P lî L E G M A s I E s
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