J^HLEGM JSIES DES TISSUS MUSCULAIRE ^ FIBREUX ET SY NOV I AL
Ces phlegmasies sont moins connues que celles des Ordres précédens; elles attaquent pbUol içs houiuve^
©ES TISSUS MUSC., FIER. ET SYNOV. -l55
que les femmes, les adultes et les vieillards, que les eufans. Une nourriture trop abondante, Fabus des liqueurs alcooliques , Foisivetë , les plaisirs dè Venus, les évacuations excessives, la suppression d’excrëtions habituelles, le refroidissement subit, riiabitation des lieux humides et froids en sont les causes les plus ordinaires. Ces maladies sont souvent héréditaires.
Cet Ordre de phlegmasies est caractérisé par des douleurs varices, ordinairement très-mobiles, qui ont leur siège, tantôt dans la partie charnue des muscles, tantôt dans les tendons, les aponévroses, les ligamens articulaires et les tissus fibreux en générai; et tantôt, peut-être, dans la membrane synoviale, avec lésion des organes affectés. Ces symptômes sont quelquefois précédés et accompagnés de fièvre , de la sécheresse de la bouche , de soif, de chaleur et d'aridité à la peau, d’une urine rouge. La marche de ces inflammations est aiguë ou chronique, régulière ou irrégulière : elles peuvent se fixer à une seule partie, ou occuper successivement toutes les portions d'un meme système d’organes : elles sont très-susceptibles de se supprimer et de se porter, par métastase , sur des organes intérieurs plus ou moins essentiels à la vie. Elles se terminent par résolution , donnent lieu à des concrétions lophacées ou à une exsudation gélatineuse. Elles ont une tendance aux récidives; et lorsqu’elles sont devenues habituelles , leur marche est en général irrégulière : elles peuvent se compliquer entr’elles , et avec beaucoup d’autres maladies aiguës ou chroniques.
PIILEGMASIES
GENRE Rhumatisme musculaire»
Synonymie. Rhumattsmus Boerhaave, Sau¬
vages , Linnæüs , Yogeg , CuLLEN ; Mjositis , Sagar ) Dolor rheumaticus , Hoffmann.
Prédisp. et causes occas. Age adulte , vieillesse, tempérament sanguin, constitution irritable, saisons froides et humides, vicissitudes atmosphériques; oisiveté ou exercice trop fatigant, intempérance, abus des liqueurs alcoolisées, habitation dans les maisonsnouvellement bâties ; suppression desévacuations habituelles , sanguines ou autres , refroidissement subit , action prolongée du froid humide.
Symptômes. Invasion ordinairement par un frisson suivi d’anxiétés , de chaleur, d’un pouls dur et fréquent, avec des paroxysmes vers le soir; ensuite douleur dilacérante , fixe ou vague , ayant son siège dans le tissu propre des muscles , se portant successivement, avec la plus grande promptitude, dans les différentes parties du corps, augmentant par le plus léger contact ou la moindre pression , et par les ^ mouvemens, qui sont quelquefois impossibles; état de tension locale, rarement gonllement et changement de couleur à la peau. Le rhumatisme peut être général et vague ou local ; et dans ce dernier cas il constitue la pleurodjnie ^ le torticolis ^ le lumbago,
|a sciatique , etc. , selon les parties qu’il affecte. 11 est aigu ou chronique. Lorsqu’il est général , les douleurs sont accompagnées de céphalalgie, de coloration de la face , de soif, de sécheresse à la peau , d’une urine rouge , d’insomnie. La durée des symptômes varie de cinq à soixante jours.
DES TISSUS MUSC., FIER. ET SYNOV. iZj
La maladie se termine par resolution, par une sorte d’exsudation gélatineuse , et rarement par suppuration. La résolution s’accompagne de sueurs générales, d’une urine briquetée , d’une éruption cutanée analogue a des piqûres de puces, de la desquamation de l’épiderme, etc. Cette phlegmasie passe quelquefois à l’état chronique.
Le rhumatisme chronique n’est ordinairement ni précédé ni accompagné de fièvre; la douleur est moins vive et se renouvelle à des époques irrégulières ; elle est accompagnée d’un sentiment de froid ou de chaleur, et d’une foiblesse plus ou moins grande dans les mouvemens. La durée de la maladie est longue et indéterminée : elle est quelquefois suivie d’un état de paralysie.
TraltemenU Dans le rhumatisme aigu , des boissons délayantes, une diète sévère , le repos, la douce chaleur du lit , suffisent pour seconder la marche de la nature, qui tend à une résolution bénigne. Mais lorsque la maladie est devenue chronique , on s’oppose à Fespèce d’inertie dans laquelle sont les efforts de la nature, par des remèdes actifs. Le traitement sudorifique proposé par Fowler a souvent opéré une guérison complète ou un soulagement très-marqué. îl consiste a faire prendrelateinture volatile de gaïac(i) a la dose de demi-once dans trois onces d’eau. Cette
(i) On prépare celte teinture en faisant macérer pendant six jours , dans un vase bien fermé , une partie de résine de gaïac dans six parties d’alcool ammoniacal , c’est-à-dire d’un mélange d’ammoniaque caustique avec le double de son poids d’alcool. On aromatise ensuite par l’addition de d’huile volatile.
PHLEGMASIES
dose, que l’on porte quelquefois à six gros, est re-‘ duite à trois pour les femmes et les jeunes-geus de quinze ans , et à deux pour les enfans de dix ans. On l’administre ordinairement le soir, de deux jours l’un; quelquefois tous les soirs pendant cinq à six jours de suite, et, dans certains cas, soir et matin , alternativement de deux jours l’un. On soutient l’ effet sudorifique de ce médicament, en donnant ensuite', chaque demi-heure, une tasse d’une infusion de sauge ou de menthe. On peut aussi, à l’exemple du docteur Quarin (^Animad^ersiones practicæ in divers- SOS morbos)y recourir aux décoctions des autres plantes sudorifiques , au sulfure d’antimoine, au soufre sublimé, etc.
Diaphragmite,
Synonymie. Paraphrenesis\ Sauvages, Linnæus; raphrenitis , Boerhaave, Yogel^ Diaphràgmitis , Sagar.
L’inflammation du diaphragme peut exister, malgré l’opinion de Boerhaave et de Stoll, sans paraphrénésie , c’est-à-dire , sans délire tour-à-tour gai et furieux, et sans ris sardonique. Cette vérité a été établie par Dehaén , et surtout par l’auteur d'un des Mémoires de la Société de Copenhague. Il rapporte avoir vu dans un des hôpitaux de cette ville deux hommes qui avoient succombé à rinÜammatiou du diaphragme sans avoir éprouvé ni délire continu ni ris sardonique. Les symptômes avoient été une respiration très-difiicile , des vomissemens fréquens , un sentiment de constriction à la région du diaphragme,une toux sèche et très-incommode , une fièvre continue , un pouls tendu et irrégulier. La mort ne sur-
DES TISSUS MUSC. ^ ViBR. ET SYINTOV. 1 50
vînt pas avant le quatoi'zième jour^ et l’on trouva , k l’ouverture du corps, le diaphragme presque par-tout enflammé.
Rhumatisme du conduit alimentaire et de la vessie
urinaire.
L’ordre des symptômes qui appartiennent à l’état inflammatoire des couches musculaires qui entrent dans la composition du conduit alimentaire ou dans celle de la vessie , ne peut être distingué des phénomènes qui dépendent de l’inflammation des membranes interne ou externe de ces parties.
GENRE n. Rhumatisme fibreux.
Synonymie. Rhumatisme goutteux de beaucoup d^Au- TEURSj ArthHlis rJieumatica , Sauvages.
Prédisp. etcaus. occas. Les mêmes que celles du rhumatisme musculaire,
Sjmptômes. Frisson ; ensuite douleurs aiguës, déchirantes , qui suivent le trajet des tissus fibreux et suspendent les mouvemens des parties affectées ; gonflement des parties voisines, soif, sécheresse de la bouche , céphalalgie, rougeur de la face, insomrsie, lésions dans les sécrétions , passage rapide des douleurs d’une partie sur une autre. Cette afïect on peut être aiguë ou chronique : dans le premier cas, elle est accompagnée d’une fièvre intense, et dure de sept h soixante jours; elle se termine par résolution , jamais par suppuration ni gangrène ; elle tend à deve* nir chronique et est très-sujette aux récidives. Dans le rhumatisme fibreux chronique, la douleur est moîiîsvive; il n’y a pas de fièvre; les articulations gont roides et les mouvemeos ddficdss, La maladie
PIILEGMASIES
est d’autant plus rebelle qu’elle est plus ancienne ; elle s’exaspère quelquefois par accès , et pre'sente alors tous les caractères du rhumatisme aigu. Elle peut entraîner, chez des sujets affoiblis par l’âge ou par des causes énervantes, l’immobilité des membres alTectés, et causer l’anhylose.
Traitement, Il est en grande partie le même que
celui du rhumatisme musculaire. On tâche de rap-
peler les évacuations et autres affections qui sont supprimées. Si la maladie est aigue , si la fièvre est forte et la pléthore très-grande, ouest souvent forcé de pratiquer la saignée. Lorsque la douleur est intense , on fait quelquefois avec avantage des onctions sur la peau avec un liniment camphré , éthéré , opiacé. Dans le rhumatisme fibreux chronique, on a recours aux sudorifiques, à l’application des vésicatoires, aux bains sulfureux ou aux bains de vapeurs, aux frictions faites avec l’alcool de cantharides, avec le liniment ammoniacal, etc. L’application de l’éther acétique a été quelquefois utile.
GENRE KL Goutte,
S FNON VMiE. Podagm , Boeriiaave, Sydenham, Vogel , CcLLEN J Arlhritis , Sauvages, Linnæüs, Sagar ; Dolor arlhriticiis , Fréd. Hoffmann.
Prédisp. et causes occas. Les plus fréquentes sont une nourriture animale abondante, la suppression d’une hémorrhagie habituelle, l’abus des liqueurs fermentées, une vie sédentaire, l’excès dans les plaisirs de Vénus, les veilles prolongées , des évacuations excessives, la cessation de travaux habituels, l’impression du froid sur les membres abdominaux.