DES TISSUS MUSC. ^ FIER. ET SYNOT
Symptômes. — i Variété. Goutte régulière. L’inflammation de quelqu’une des articulations constitue un accès de goutte. Invasion, le soir ou la nuit , par un frisson a la partie , et , dans les premiers temps , à l’articulation du gros orteil. A ce frisson succèdent une douleur plus ou moins vive et un sentiment de chaleur. La douleur diminue à mesure que l’articulation malade se gonfle et rougit; elle reprend, pendant plusieurs jours , de l’intensité vers le soir, et se dissipe par degré avec les autres symptômes inflammatoires. L’urine dépose alors un sédiment briqueté, et la transpiration cutanée est plus ou moins abondante. A la terminaison de l’accès , libre exercice des fonctions au moral comme au physique. Lorsque la maladie est récente, les accès ne reparoissent qu’au bout de deux ou trois ans; ils reviennent ensuite deux ou trois fois annuellement, se réitèrent plusieurs fois dans le cours de l’hiver, de l’automne et du printemps , en meme temps qu’ils deviennent plus longs et plus violens. Il n’y a, dans le commencement, qu’un pied afïécté, puis les deux le sont ensemble ou successivement. La goutte semble se déplacer ensuite, et se porte aux diverses articulations des membres thoraciques. Après les premiers accès , les articulations affectées repi*ennent leur souplesse et leur vigueur ; mais des accès réitérés affoiblissent ces parties dont la rigidité augmente aussi par degrés. Il s’y forme des nodosités ou des concrétions tophacées d’urate de soude , et la maladie présente alors le caractère de ce qu’on nomme goutte atonique.
2^ Variété. Goutte irrégulière*^ Les articulations sont foiblement affectées ou tout-à-coup délivrées ,
:(/^2 PHLEGMASIES DF,S TISS. MUSC., CtC.
el les symptômes les plus graves d’une aïTeclion interne ne tardent pas à se manifester. Celle de l’estoïiiac est annoncée par des anxiétés , des vomissemens , une cardialgie violente; celle de la poitrine par des palpitations, la dyspnée, des syncopes, la phtliisie ; celle de la tête par des vertiges , une céphalalgie violente , un état comateux , l’apoplexie , la paralysie , etc.
Traitement de la goutte* Dans la goutte régulière, on maintient l’articulation malade à une douce température et dans une légère moiteur, en l’enveloppant de flanelle et de tafl’etas gommé. On donne quelques boissons aqueuses propres à favoriser la transpiration cutanée. Dans les intervalles des accès, on a quelquefois obtenu de grands succès de la diète végétale. Si la goutte , dans le cours d’un accès , se déplace et se porte sur quelqu’organe intérieur on tâche de la rappeler à son lieu primitif par les rubé« flans. Les moyens excitans appliqués sur les extrémités des membres atieclés , et surtout sur celles des membres abdominaux, sont aussi souvent employés avec succès pour combattre l’accès de goutte luimême, lors même que la maladie n’a pas quitté les articulations : tels sont les bains locaux ét rubéflans que l’on prépare avec l’eau de Gondran (^Voyez ‘2^ partie, article Acide hjdvo-chlorique) \ les cataplasmes dans lesquels on fait entrer des substances toniques et aromatiques, tel que celui de M. Pradier (2^ partie, article Solutions alcooliques). Ce dernier topique , dont les effets immédiats et les résultats ont été bien décrits dans le rapport fait à la Faculté par M. Hallé, et publié par ordre du Gouverne-^
HEMORRHAGIES.
nient , accéléré souvent la marche des accès de goutte régulière et calme les douleurs qui en dépendent ; il éloigne quelquefois le retour des accès, et peut, comme les rubéfîans, rappeler aux articulations la goutte déplacée.