‹ Manuel médicalChapitre 22 sur 51 · CLASSE TROISIEME · texte numérisé non relu

CLASSE TROISIEME

HÉMORRHAGIES,

IvES hémorrhagies (il ne s’agit ici que de celles qui ont lieu par exhalation) surviennent ordinairement chez les jeunes-gens sains et agiles , mais doués d’une grande sensibilité, amis de la bonne chère, et disposés aux affections tristes ou à la colère; elles dépendent quelquefois d’une disposition héréditaire qui fait comme prédominer l’énergie du système vasculaire. Leur marche a été bien observée par Stahi ( Theoria medlca vera). Les apparences extérieures qui peuvent faire présager l’éruption prochaine d’une hémorrhagie sont non-seulement l’intumescence des vaisseaux artériels et veineux dans la partie qui doit en être le siège , mais encore une sorte de consfriction tonique dans des parties éloignées. Le sang coule ordinairement sans trouble et sans excès, et s’arrête de lui-même. L’hémorrhagie ne s’aggrave guère que par des causes morales ou rinfluence de l’habitude; lorsqu’elle est modérée, elle ne débilite pas; au contraire, le sentiment de stupeur et de pesanteur qui l’a précédée se dissipe, la gaîté se rétablit, et cette évacuation prévient souvent d’autres maladies.

l44 HEMORRHAGIES.'

Stahl ne paroît regarder comme himorrliagîes passives que celles qui sont produites par une violence extérieure ; mais l’histoire des hémorrhagies internes force d’en admettre quelques-unes qui diffèrent des hémorrhagies actives , tant par leurs causes que par la série et l’ensemble de leurs symptômes. Une constitution foible , un régime débilitant , des maladies de longue durée , des veilles excessives , des affections organiques des viscères^ la lactation trop long-temps prolongée, la masturbation, semblent disposer particulièrement à ces hémorrhagies passives. Les causes directes qui peuvent les produire sont des hémorrhagies actives qui ont précédé, un état scorbutique, les passions tristes, tout ce qui peut, en un mot , entraîner un état d’atonie qui empêche les vaisseaux exhalans de résister à l’abord des fluides dans certaines parties , et de repousser ceux qui leur sont étrangers. Les hémorrhagies passives ne sont précédées d’aucune excitation préliminaire, d’aucune congestion locale; elles sont accompagnées, non de picotement et de sentiment d’ardeur dans la partie , ni de ce qui signale un surcroît d’action vitale, mais de la pâleur de la face , de la foiblesse du pouls , quelquefois de lipothymies, de tintemens d’oreilles et de tous les signes d’une défaillance de forces. Plusieurs de ces hémorrhagies paroissent n’être que des symptômes du scorbut ; ou peut-être même le scorbut pourroit-il être rangé dans les hén^orrhagies passives.

Les faits observés permettent de distinguer, i® des ' hémorrhagies constitutionnelles qui tiennent à une disposition naturelle et se développent par le con-

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