VOIX
Les névroses de cet Ordre sont surtout fréquentes dans les grandes villes , où elles sont fomentées par les progrès d’un luxe énervant , une vie inactive et séden^ taire, l’abus des liqueurs fermentées ou des alimens stimulans, des veilles prolongées , les îourmeris de l’ambition, la dissipation , les plaisirs.
a® ^ Sous-Ordre. de laLocomotion^
GENRE ïer. Névralgie.
Prédisp. et causes occas. Les plus ordinaires sont l’impression du froid, la lésion ou la contusion de quelque filet nerveux, un tubercule sur le trajet d’un nerf, un vice arthritique ou rhumatismal, des sup-“ pressions variées.
Symptômes, Douleur vive et déchirante, quelque-?, fois, et surtout dans son commencement, avec torpeur et formication, plus souvent avec pulsations
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elancernens et tirailieniens successifs, sans rongeur^ sans chaleur, sans tension ni gonflement apparent de la partie. — -Elle revient par accès plus oumoins longs et rapproches, souvent irréguliers, quelquefois périodiques; elle est toujours fixée sur un tronc ou sur une branche de nerf, et, dans le temps du paroxysme, elle se propage et s’élance du point primitivement affecté sur toutes ses ramifications , les parcourt rapidement comme un éclair jusque dans leurs dernières extrémités, les suit dans leurs diverses connexions, les affecte toutes ensemble ou successivement les unes après les autres, ou se borne plus particulièrement à un ou deux filets nerveux. — Phénomènes variés, selon les parties auxquelles les filets nerveux affectés se distribuent; de là des spasmes, des frémissemens convulsifs, le gonflement momentané des veines , les pulsations plus fortes , plus grandes et plus fréquentes des artères voisines, Taitération des excrétions qui se font aux environs de la partie , etc.
Espece Néi^ralgie frontale» Douleur qui part des trous sourciliers , se répand au front , à la paupière supérieure , au sourcil , à la caroncule lacrymale, à f angle nasal des paupières, et c[uelquefois à tout le coté de la face; la paupière est souvent fermée, Fceil douloureux et rouge; il y a excrétion de larmes âcres et brûlantes, douleur sourde dans un des sinus frontaux, sécheresse des cavités nasales. — Périodes régulières ou irrégulières.
Espèce ii. Nés>valgie sus- orbitaire. Douleur qui part ordinairement du trou sus-orbitaire , se porte a la joue , à la lèvre supérieure , à l’aile du nez, à la paupière inférieure, à l’angle nasal des paupières^
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quelquefois aux dents, au palais, à la luette, à la base de la langue ou à toute la face. Il y a quelquefois excrétion de salive, de mucus nasal et contraction spasmodique des muscles, — Périodes ordinairement irrégulières.
Espece iii. Névralgie maxillaire* Douleur qui part du trou mentonnier, se porte au menton, aux lèvres, a la tempe, aux dents, a la langue. Périodes ordinairement irrégulières.
Espece iv. Névralgie ilio-s crotale. Douleur qui part de la crête de l’ilium , suit le cordon des vaisseaux testiculaires et se porte au scrotum. — Resserrement de ce dernier, rétraction des testicules , nulle altération dans la sécrétion de Furine.
Espèce v^ Névralgie fémoro-poplitée {ischias nerrosa postica y Cotunni). Douleur qui part de Fécîiancrure iscbiatique , se répand au scrotum , à la face poplitée de la cuisse , se propage sur le bord péronier de la jambe jusc|u’au dos du pied, pour remonter a la cuisse. — Type d’abord continu, puis intermittent. — Périodes irrégulières.
Espèce vi. Névralgie fémoro-prétibiale ( ischias nervosa antica, Cotunni ). Douleur qui part de Faîne, se répand sur le devant delà cuisse, s’étend principalement sur le côté interne de la jarnbe , à I4 malléole interne et au dos du pied.
Espèce vtu Névralgie plantaire. Douleur bornée à l’étendue des nerfs plantaires.
Espece viit. Névralgie cuhito-digitale ( ischias nervosa cubitalis^ Cotunni ). Douleur qui part ordinairement du cou, passe sous Fépitroklée de Ehumé"
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rus, se porte au dos et au bord externe de la main^ se propage quelquefois le long du bras.
Espèce ix. Né<^ralgie anomale. Douleur ordinairement chronique, dont le siëge varie à l infîni.
Traitement de la névralgie. Il varie suivant les causes déterminantes et les circonstances où se trouve le malade ; de là les succès obtenus des moyens les plus disparates, tels que la saignée , les vomitifs , les délayans , le quinquina , Topium et les autres narcotiques ; les bains d'eau fraîche , les eaux salines ou sulfureuses , les frictions douces avec l’éther, les exutoires, les antimoniaux, l’ extracto-résine de gaïac , l’arnica, l’aimant, l’électrisation, la section ou la cautérisation du nerf affecté. J’ai guéri par le moxa plusieurs névralgies fémoro-poplitées qui avoient résisté aux vésicatoires et aux frictions faites avec divers linimens. La maladie résiste souvent à tous les secours de l’art. La section du nerf a été quelquefois suivie de spasme et de la mort. — Le régime doit consister dans une nourriture douce et légère, un exercice modéré à cheval ou en voiture, et l’éloignement de çe qui peut exciter des passions vives.
GENRE n. Tétanos.
Synonymie. 'l'elanus , Sauvages, Linnæus, \og£l, CüLLEiv , Sagar.
Prédisp. et causes occas. Sensibilité extrême de Eâge tendre dans les premiers jours de la naissance ; climat de l’Amérique, impression d’un air froid ou d’un vent de mer; affections vives de famé, méditations assidues; action de certains poisons , présence des vers dans les intestins; évacuations abondantes.
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métastasés , fièvres, convalescence d’une blessure ou d’une fracture; luxations, plaies, irritation de quelques nerfs.
Sjmptômes. Bâillemens^ douleurs dans certaines parties , puis resserrement spasmodique des mâchoires; déglutition difficile ou impossible, roideur et immobilité du tronc et des membres. Corps courbé en forme d’arc , soit en avant (^emprosthotonos) ^ soit en arrière Çopisthotonos) , ou sur un des cotés {pieurosthotonos). — Quelquefois lésions des fonctions des sens ou de l’entendement, tremblemens, salivation, syncope; traits de la face plus ou moins altérés, sa couleur plus ou moins vive; lésion de la respiration et de la voix, ou leur état d’intégrité.
Traitement, îl doit varier suivant les causes. C’est ainsi qu’on rapporte des exemples de succès obtenus â l’aide des sudorifiques, du quinquina, du mercure, des anti-spasmodiques, tels que le musc, le castoréum et surtout l’opium , à dose modérée, qu’on renouvelle par intervalles rapprochés et pendant un certain temps. On combat par les laxatifs la constipation que ce médicament détermine. L’expérience n’a pas encore constaté les avantages qu’on peut retirer des bains de lessive de cendres ou de carbonate de potasse.
GENRE III. Convulsions,
Synonymie. Convulsio , Skvy ACiES , Lînnæüs , Vogel ç, CuLLEN, Sagar; Motus convulsivi , Fréd. FIoffmann.
Prédisp. et causes occas. Drastiques , vomitifs , vapeurs délétères , poisons, vers intestinaux; ulcères desséchés, éruption de îapelite-vérole, exanthèmes ré-
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percutes, douleurs vives, virus hydrophobique; extrême sensibilité, emporlemens de colère , terreurs , chagrins profonds, vie sédentaire , éducation molle et efféminée ; pléthore , hémorrhagies supprimées on immodérées; rétention du méconium, accouchement laborieux; luxations, fractures, distension de fibres musculaires ou de nerfs, plaies, exostoses, carie ; inspiration du gaz acide carbonique , abus des plaisirs vénériens, épuisement excessif, etc.
Sjmptômes> Contraction alternative de divers muscles soumis à l’influence de la volonté , sans perte de connoissance, ce qui distingue les convulsions de l’épilepsie; quelquefois seulement avec un délire passager, gai ou sérieux, extravagant ou mélancolique. — Les convulsions peuvent être continues ou intermittentes; les paroxysmes paroissent régulièrement ou se réveillent pour les causes les plus légères. Cette affection devient souvent habituelle quand elle est entretenue par une irritation locale et externe , et elle disparoît lorsque la cause excitante cesse d’agir, ou bientôt après.
Traitement. On combat la cause de la maladie , et on remédie à la susceptibilité et à la mobilité nerveuse parles rdvulsifs , les toniques, les astringens»
GENRE IV. Danse de St.- Guj.
Synonymie. Scelotjrbe , Sauvages, Sagar; Chorea, Linnæus , CüLLEiv; Chorea Sancti-Vili , Sydenham , etc.
Symptômes. Cette affection a de l’analogie avec les convulsions, d’une part, et avec la paralysie, de i’aulre. Elle attaque surtout depuis l’age de dix à
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quatorze ans, et rarement après la puberté; elle se déclare d’abord par une sorte de claudication , ou plutôt par l’impossibilité de conserver une cuisse dans l’étal de repos, et par la nécessité de la traîner comme le feroient des paralytiques. La main du même côté, quelle que soit la position qu’on lui donne, ne peut pas la conserver ; elle en est bientôt détournée par des mouvemens désordonnés et in-volontaires , quelqu’efïbrt que fasse le malade pour s’y opposer. Ces mouvemens désordonnés se font d’abord avec une certaine lenteur et se convertissent peu à peu en une mobilité extrême et perpétuelle.
Traitement. On dirige les moyens curatifs sur la cause de la maladie.
GENRE V. Paralysie.
Synonymie. Paralysis , Boerhaave, Sauvages; Lm=*. 3VÆÜS, YoGEL, CuLLEN , JuNCKER.
Prédis]), et causes occas. Pléthore , refroidissement subit, omission d’une saignée habituelle , suppression de quelqu’évacuation , d’un exutoire, d’un ancien ulcère; habitude de l’ivresse, coups sur la tête, terreur, surtout durant la menstruation, chagrins profonds, etc. — La paralysie peut dépendre d’une lésion cérébrale , rachidienne , nerveuse ou musculaire.
■' Sjmptômes. Diminution ou abolition du mouvement volontaire , avec état de relâchement, de tremblement ou de contraction des parties affectées , avec ou sans lésion de la sensibilité , qui peut être abolie ou augmentée. La paralysie peut avoir lieu dans tout un côté du corps (^hémiplégie) ^ dans les
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membres inferieurs (paraplégie) ^ ou se borner à quelques muscles, comme, par exemple, à ceux de la face , des bras , etc. C'est le côté gauche qui est le plus souvent atteint.
Traitement, Les excitans et les toniques sont, en général, indiqués : tels sont les eaux thermales salines en bains et en douches , félectricilé , les frictions avec la teinture de cantharides , ou le liniment ammoniacal , le moxa ; tandis que l’on donne à l'intérieur la valériane,' l’arnica, le musc, etc.
Il® Soüs-Okdrh. Névroses de la voix.
GENRE VI. Noix compulsive,
Prédisp, et causes occas. Encore peu connues.
Symptômes, D’abord difficulté de parler, puis succession de sons discordans, les uns aigus , les autres^ graves, indépendamment de l’inüuence de la volonté y et par des contractions désordonnées des muscles qui élèvent et abaissent le larynx, ou de ceux qui concourent à ouvrir et à fermer la glotte.
GENRE VII. Aphonie nerveuse.
Synonymie, Âplionia, Sauvages, Linnæus , VoGEuy Sagar, Cullen; Paralysie des organes de la voix.
Prédisp, et causes occas- Suppression d’une hémorrhagie, chute sur la tête, éruption laborieuse des^ menstrues, présence des vers dans les intestins; section , ligature ou compression des nerfs récurrens^r abus des liqueurs alcooliques.
Symptômes, Impossibilité de rendre des sons.*
©ES FONCTIONS NUTRITITES.
Traitement des nécroses de la 'voix.
Les moyens curatifs doivent être diriges sur les causes encore peu connues de ces affections. On peut essayer la respiration de vapeurs êtliérêes , camphrëes , etc. , et appliquer des vésicatoires ou le moxa sur les parties antérieures et latérales du cou.