NÉVROSES DES FONCTIONS NUTRITIVES
Sous-Ordre, Névroses de la diuestioju
Ges affections peuvent tenir à l’hypochondrie ou à Fhystérie , et être ^ pour ainsi dire, secondaires et purement symptomatiques. Mais nous ne considérons ici que celles qui sont primitives : elles sont trèsmultipliées et ont beaucoup d’analogie entre elles; elles se trouvent souvent réunies en nombre plus ou moins grand dans le même individu.
GENRE Rï*. Spasme de ï œsophage-
Synonymie- Motus œsophogi spasmodîci , Hoffmanîv.
Prédisp. et causes occas- Constitution délicate et nerveuse , usage des boissons froides , surtout après des emportemens de colère; un dégoût extrême, une imagination fortement frappée, une irritation étrangère portée sur l’oesophage, dans Festomae ou dans les intestins.
Sjmptômes. Déglutition difficile , douloureuse , même impossible si le spasme affecte le pharynx^
ig2 H E V R O s ï: s
Lorsqu il a lieu dans l’œsophage, la déglutition ési aisée; mais le bol alimentaire est arreté dans la partie moyenne ou inférieure de ce conduit, avec douleur entre les épaules , et quelquefois vomissemens.
GENPiE IL CarcUalgie,
Synonymie. Cardialgia,SKVYKGV.s j Dolor cardialgîcus spasmodîcus et Jlatulens , Hoffmann; Morsus ventriculi , Mal au cœur.
Prédisp* et causes occas. Les plus ordinaires sont Faffoiblissement par un allaitement prolongé, lés poisons , un émétique trop violent ou un purgatif drastique ; des affections vives de l’ame , la suppression de quelqu’évacuation , la présence de vers dans le conduit alimentàire.
Symptômes. Sentiment d’anxiété et resserrement douloureux dans l’épigastre, avec tendance à la défaillance. — ha gûstrodjiiie ou colique d’estomac en diffère en ce qu’il n’y a pas de menace de lipothymie.
GENRE III. Fjrosis.
Synonymie. Pj^rosis , SauVaoes, Sagar; Soda, Lin- NÆus, \ OGEL ; Crémason , Ardeur d’estomac , Fer chaud.
Prédisp. et causes occas. Usage de viandes salées et fumées, corps sucrés et autres fermentescibles. La pyrosis est souvent symptomatique; ses causes sont d’ailleurs souvent inconnues.
. Symptômes. Sensation de chaleur ardente dans l’estomac , laquelle se propage dans l’œsophage jusqu’à la gorge, et jusque dans l’intérieur de la bouche, et est suivie de l’éructation d’un liquide limpide/ souvent très-acide.
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GENRE IV. Vomissement spasmodique.
Synonymie. Motus ventriculi conmîswus , Hoffmann.
Prédisp. et causes occas. Présence de matières étrangères dans l’estomac ou le duodénum , ou dans une partie quelconque du canal intestinal ; présence d’un calcul dans un des uretères; suppression d’une affection cutanée; éruption de la variole; état de grossesse.
Sjmptômês. D’abord douleur vive a l’épigastre, quelquefois anxiétés et hoquet, puis contractions spasmodiques de l’estomac et vomissement.
GENRE V. Dyspepsie.
Synonymie. Dyspepsia, Vogel, Cullen.
Prédisp. et causes occas. Etat de débilité de l’estomac , flatuosités, excès des alimens , leucorrhée , suppression d’évacuations habituelles , excès dans les plaisirs de l’amour.
Symptômes. Digestion lente , pénible , quelquefois douloureuse et accompagnée de lésions locales et générales variées.
GENRE VI. Boulimie^
Synonymie. Bulimia , Sauvages, Linnæus, Cullen, Sagar ; Bulimus , Yogel.
Prédisp. et causes occas. Exercice forcé , présence de vers dans les intestins , fièvre intermittente , convalescence de maladies aiguës , etc.
Symptômes, Faim trop grande relativement aux forces digestives de l’estomac : elle est quelquefois insatiable | d’autres fois, au contraire , la satiété
]?ïÉVROSES
survient plus tôt que l’appétit ne devoît le faire présumer.
GENRE VIL Pica.
Synonymie. Sauvages , Sagaii; Cilla , Linnæus^
JHalacia , Y ogel,
Prédisp. et causes occas. Enfance ^chlorose, grossesse 5 scorbut.
Symptômes* Aversion pour les mets ordinaires avec envie de ceux qu^on haïssoit pendant la santé ^ ou qu on ne desiroit au moins alors eiftiucune manière-
GENRE VIII. Colique nerveuse*
Synonymie. Colica spasmodica el Jlalulenta ^ HoFFMANWy Sauvages, Cullen, etc.
Prédisp* et causes occas* Refroidissement subit ^ surtout des pieds ; suppression de diverses évacuations ou de quelqjLie afTeclion cutanée, 'présence de corps étrangers dans les intestins , flatuosités.
Symptômes* Sentiment de tortillement , particulièrement autour de l’ombilic ou dans le trajet du colon ; douleur que la pression n’augmente point et soulage même quelquefois.
GENRE IX. Colique de plomb.
Synonymie. Kachialgia, Astruc, Sauvages, Sagar |- Colique de plomb, Colique du Poitou, Colique des peintres, Coliques saturnines.
Prédisp* et causes occas* Cette maladie attaque surtout les individus qui manient les différens oxydes de plomb , tels que les peintres en bâtimens , les plombiers , les faïenciers , les fondeurs , les potiers d’étain , les lapidaires , les vitriers , les cartiers , les
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mineurs , les passe-talonniers , les cordonniers pour femme. Elle peut aussi être occasionnée par l’usage des vins sophistiqués avec des préparations de plomb, etc. y et par l’habitation dans des appartemens nou-^ vellement peints.
Symptômes . Douleur abdominale sourde, peu durable ; déjections alvines difficiles et douloureuses ; puis constipation opiniâtre , tranchées ressenties vers l’ombilic , rétraction de l’abdomen peu ou point douloureux au toucher, nausées , vomissement. — - Diffi- ' culté ou impossibilité d’uriner, douleurs vagues , paralysie , tremblemens et convulsions , surtout des membres supérieurs ; pouls dur et lent , respiration, peu ou point gênée. — Ces symptômes cèdent ordinairement, à l’aide d’un traitement méthodique, vers le septième ou le huitième jour ; d’autres fois il sur-^
vient de l’amaigrissement et la fièvre lente.
GENRE X. Iléus nerveux.
Synonymie. Dolor et spas mus iliacus , Hoffmann^ Ileua spasmod'icus , Sauvages.
Prédlsp, et causes occas. Présence de vers et de corps étrangers dans le conduit intestinal, étranglement d’un intestin, endurcissement des matières contenues dans le canal alimentaire , compression de ce conduit, sauts , chute sur l’abdomen durant la digestion ; affections morales vives , suppression de différentes évacuations ou de maladies cutanées.
Symptômes, Vomissemens réitérés dés matières contenues dans l’estomac et dans JeS intestins, avec constipation opiniâtre, anxiété et douleur vive autour de l’ombilic , ou dans le trajet du colon.
Traitement des Né\>roses de la digestion.
Il convient toujours de diriger les moyens curatifs sur les causes occasionnelles. Dans le spasme de t oesophage yOn est souvent forcé , lorsque la déglutition est suspendue , d’appliquer des sédatifs à i^extérieur ou de les administrer enlavemens. Un vésicatoire sur le devant du cou a souvent été utile. On a fait cesser cette affection en faisant prendre deux sqrupules de camphre dissous dans l’huile d^amande douce.
La cardialgie attaque-t-elle les nourrices épuisées par l’allaitement , on a recours aux restaurans. — Le magistère de bismuth (^nitrate de bismuth a^ec excès dioxyde) est recommandé par plusieurs praticiens et m’a souvent réussi ; l’éther sulfurique est utile dans la cardialgie déterminée par la suppression de la goutte. Le traitement de la gastrodj nie ne diffère pas notablement decelui de l’affection précédente : celui deldLpjrosis est peu connu ; les habitans du Nord la calment par l’usage des viandes fraîches, de poisson, de lait doux. Le vinaigre a été quelquefois employé avec avantage. On recommande aussi la magnésie pure ou calcinée.
Le vomissement spasmodique doit être combattu par de légers sédatifs, tels que l’éther sulfurique, l’extrait d’opium , l’eau de fleurs d’orange , et surtout par le gaz acide carbonique , qu’on fait dégager dans l’estomac. Le Colombo a été quelquefois d’une grande utilité. Les mouvemens convulsifs de V estomac peuvent être si opiniâtres qu’il soit nécessaire d’appliquer un vésicatoire ou un moxa sur la région épigastrique. I^a boulimie cesse très-souvent d’elle-même , comme lorsqu’elle survient dans le cours d’une fièvre inter-
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mittente : c’est spécialement par le régime qu’on combat cette maladie. Le pica disparoit avec les causes qui ront occasionné. Le traitement de \adjspepsie consiste dans une distribution bien coordonnée des alimens et des boissons , un exercice convenable , et l’emploi modéré des amers , des aromatiques et des ferrugineux. La colique nerveuse cède le plus souvent aux anti-spasmodiques.
Le traitement employé à l’hôpital de la Charité, dans la colique de plomb ^ réussit constamment. Voici en quoi il consiste :
Le jour d’entrée on donne le lavement purgatif des peintres : il est composé de quatre gros de feuilles de séné , qu’on fait infuser ou bouillir dans quantité suffisante d’eau; on ajoute à l’infusion ou à la décoction quatre gros de sulfate de soude, et quatre onces de vin émétique. Pendant la journée on administre la décoction d’une livre de casse en bâton dans deux livres d’eau , dans laquelle on a fait dissoudre une once de sulfate de magnésie et trois grains de tartrate de potasse et d’antimoine ; quelquefois on y ajoute une once de sirop de nerprun ou deux gros de confection Hamech. Le soir, on prescrit le lavement dit anodin y composé avec six onces d’huile de noix et douze onces de vin rouge ; on donne a l’intérieur un gros et demi de thériaque , dans laquelle on incorpore , suivant les circonstances, un grain et demi d’opium.
Le deuxième jour, au matin, on administre six grains de tartrate de potasse et d’antimoine, dissous dans huit onces d’eau, â prendre en deux fois. Quand îe malade a vomi, on lui donne , pendant la journée ^
la tisane dite sudorifique laxative : on la préparé eft faisant bouillir pendant une heure un gros de gaïac, un gros de squine et un gros de salsepareille dans six livres d’eau commune , qu’on réduit à quatre ; on ajoute sur la fin de la décoction une once de sassafras^ une demi-once de sëné et une demi-once de réglisse , et l’on passe a rétamme. Le soir, on administre le lavement anodin, et la thériaque avec l’opium comme le premier jour.
Le troisième jour, *on fait prendre l’eau de casse , mais sans tartrate de potasse et d’antimoine. On donne le lavement purgatif et la tisane sudorifique ; le soir, le lavement anodin et la thériaque avec l’opium.
Le quatrième jour, on administre un purgatif composé de deux gros de séné , qu’on fait bouillir dans huit onces d’eau, et qu’on réduit a six par l’ébullition ; on y fait ensuite dissoudre une once de sulfate de soude , et on y met un gros de poudre de jalap et une once de sirop de nerprun. On aide Faction du purgatif par la tisane sudorifique ; le soir on administre le lavement anodin , la thériaque et l’opium.
Le cinquième jour, le lavement purgatif, la tisane sudorifique, ou l’eau de casse sans tartre stibié; le soir, le lavement anodin et la thériaque avec l’opium.
Le sixième jour le purgatif des peintres : le reste comme les jours précédens. La guérison a ordinairement lieu après l’administration du deuxième purgatif : on le réitère s’il est nécessaire. La boisson ordinaire, durant tout le traitement, est la tisane sudorifique ; il faut insister sur son usage , même plusieurs jours après la guérison.
Le traitement de Filéus nerveux se rapproche beau-
coup de celui de la colique nerveuse. Le camphre, rassa-foetida , l’éther sulfurique , sont les sédatifs les plus en usage. On doit chercher à établir les déjections alvines à l’aide de lavemens d’abord émoliiens, puis légèrement purgatifs ; mais il ne faut y recourir qu'avec prudence ; car il n’est pas rare de les voir rejeter par le vomissement.
Il® Sous-Ordre. Névroses de la respiration^
Cfs névroses sont beaucoup moins multipliées que celles de la digestion , et plusieurs d’entre elles , telles que la dyspnée et l'asthme, sont souvent symptomatiques; telle est aussi l’angine de poitrine, quiparoît, d’après les observations de Parry, être le symptôme d’une lésion organique du cœur.
GENRE XL Asthme convulsif.
Synonymie. Asthma convulsivum , Sauvages, Culuen ,
Hoffmann, Floyer ; Asthma spasücum ^ Juncker.
Prédisp. et causes occas. Dérangement du flux menstruel ou hémorrhoïdal , suppression d’une saignée habituelle , d’une affection cutanée, de la goutte; impression d’un air froid , hypochondrie, etc.
Symptômes. Ils ont lieu par accès qui se manifestent le plus souvent aux approches de la nuit.’ïnvasion subite et marquée par un resserrement spasmodique de la poitrine ; inspiration et expiration accompagnées de sifflement, nécessité de se tenir debout et de respirer un air froid ; embarras dans l’articulation des sons; pouls souvent naturel ou légèrement fébrile; urine abondante et peu colorée,
NÉVROSES
visage quelquefois gonflé et rouge , ou pâle avec altération des traits. Continuation de ces symptômes pendant la nuit. Le matin, respiration moins laborieuse et plus développée , expectoration plus facile , urine d’une couleur plus foncée , quelquefois avec sédiment; sommeil tranquille : au réveil et durant le reste de la journée, respiration moins gênée; mais continuation d’un sentiment de constriction du thorax , l’anhélation ayant lieu par la position horizontale ou le moindre mouvement. Après le dîner, tension flatulente de l’estomac, assoupissement. Le renouvellement de Faccès a lieu ordinairement entre minuit et deux heures du matin , pendant plusieurs .nuits ; mais les rémissions sont peu à peu plus marquées, surtout lorsque l’expectoration, vers le déclin de l’accès, est plus copieuse.
GENRE XII. Coqueluche.
Synonymie. Periussis , Sydenham, Huxham ; Pussis eonmlsLva , Hoffmann; Tussis ferina ; Catarrhe laryngé.
Prédisp. et causes occas. Enfance, constitution détériorée , hypochondrie; passage rapide du vent du nordauvent dumidi, répercussion de queJqu’affection cutanée ; sucs dépravés dans les voies alimentaireSi Cette maladie règne ordinairement d’une manière épidémique et n’affecte qu’une seule fois la même personne.
Symptômes. Invasion parles phénomènes d’un catarrhe pulmonaire. Au bout de quinze jours a trois semaines, efforts extrêmes de la toux et suite non interrompue de plusieurs expirations pour une seule inspiration, avec ou sans excrétion de mucosités ou